CG14-35991.md

identifiantCG14-35991.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/18 00:00
titreNapoléon à Maret, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35991. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gœrlitz, 18 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Bassano, mes troupes sont entrées à Rumbourg ; c’est une seigneurie de Liechtenstein, de 18 000 âmes. Le bailli et deux des principaux habitants viennent de m’être présentés ici. Voici le résultat de ce qu’ils disent : Le général Wittgenstein, avec un corps de 40 000 hommes, est arrivé hier, à midi, à Bœhmisch-Leipa. Les Autrichiens, qui avaient là trois camps, se sont portés sur la gauche, au-delà de l’Elbe, soit qu’ils veuillent se porter sur Dresde, ou sur le Mein<sup>[^1]</sup>. Le peuple, en Bohême, est pour la paix : il n’y a point là de landsturm ; personne n’est armé. Depuis quatre mois, ce qu’on peut avoir levé en Bohême se monte à 18 000 hommes. La Bohême n’a que dix-huit bataillons de landwehr. Dans mon calcul, en supposant que l’Autriche eût beaucoup remué le pays, j’avais supposé que 3 millions d’habitants pouvaient fournir 12 000 hommes ; ainsi, s’ils en avaient fourni 18 000, ce serait un tiers de plus. Mais c’est loin du compte du général de Narbonne, qui porte le nombre à 54 000.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Envoyez sur-le-champ, et par courrier extraordinaire, cet avis au maréchal Saint-Cyr. Faites-lui connaître que ma lettre est du 18, à sept heures du soir ; que je me porte demain à Zittau de ma personne<b> ;</b> que s’il n’est pas commandé par une urgente nécessité, il fasse appuyer la 42<sup>e </sup>division, comme il en a l’ordre. Il ne serait point impossible que j’entrasse demain en Bohême, et que je me portasse sur les Russes et sur Prague.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La deuxième division du général Vandamme doit être arrivée aujourd’hui à Dresde ; il est bien important qu’elle se porte demain sur Neustadt, comme je l’ai ordonné. Voyez le général Durosnel et le général de cette division, pour qu’elle parte deux heures plus tôt et arrive à Neustadt de bonne heure. Aussitôt qu’elle sera arrivée, ce général enverra un officier au général Lefebvre-Desnouettes, qui est à Rumbourg, pour l’instruire de l’heure de son arrivée. Prévenez secrètement de tout cela le général Durosnel. Il serait convenable qu’il fît embarquer 2 ou 300 000 rations de biscuit, 3 ou 400 000 quintaux de farine, comme pour les envoyer à Kœnigstein ; mais je les ferai monter en Bohême jusqu’à Tetschen. Il faudrait qu’on fît cette expédition avec des marins de la Garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les fortifications de Prague et les projets de l’ennemi commencent à s’éclaircir. Il est évident que les Russes ont la défense de la Bohême dans le temps que l’armée autrichienne de Bohême, que je suppose de 90 à 100 000 hommes, fera la guerre en Allemagne, peut-être sur Dresde. Je vais tâcher de battre les Russes et les empêcher d’aller à Prague. Je couche demain à Zittau<sup>[^2]</sup>.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span> Sur le Rhin dans la <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n°20409. [^2]: <span></span><span style="background: #ffff00">Cette phrase est absente de [</span><i><span style="background: #ffff00">C </span></i><span style="background: #ffff00">20409].</span> [^3]: <span></span> Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1792 (minute, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 243). [<i>C </i>20409]</body>