CG14-35961.md

identifiantCG14-35961.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/17 00:00
titreNapoléon au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35961. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, commandant le 14e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bautzen, 17 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je ne saurais trop vous recommander de placer des postes entre Kœnigstein et Bautzen, afin qu’indépendamment des postes du pays vos correspondances soient très rapides. Il y a de Bautzen à Kœnigstein neuf lieues ; il faudrait donc trois postes de cavalerie, et un de Kœnigstein à Pirna.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Les rapports sont que</i><sup>[^1]</sup> 40 000 Russes sont entrés le 13 par Glatz en Bohême. Cette nouvelle est douteuse. <i>Si cela est</i> une combinaison de cabinet, <i>si ces troupes se portent sur Prague</i>, elles ne pourront y arriver que le 25 ou le 26. L’armée autrichienne <i>ne peut opérer sur la rive droite que par les débouchés de Zittau ; j’ai fait occuper par 40 000 hommes la position d’Eckartsberg près de Zittau, ce qui rendrait impossible son débouquement par cette gorge. L’armée autrichienne veut-elle opérer</i> sur la rive gauche, le général Vandamme sera à Bautzen ; une de ses divisions sera à Schluckenau et Rumbourg, une autre à Neustadt, une troisième à Bautzen, le quartier général à Bautzen.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je porte mon quartier général à Gœrlitz, où je réunirai les cinq divisions de ma Garde, les 3<sup>e</sup>, 6<sup>e</sup>, 5<sup>e</sup> et 11<sup>e</sup> corps ; le 1<sup>er</sup> et le 2<sup>e</sup> corps de cavalerie se réunissent à Bunzlau, ayant des camps volants à trois ou quatre marches sur la gauche. Vous occupez Pirna, le camp de Berggiesshübel, ayant une division à Stolpen, Schandau et Hohnstein. Les choses ainsi placées, je <i>puis agir</i> dans toutes les hypothèses. Ou les Russes et les Autrichiens réunis déboucheront en force sur Zittau et Gabel, ce que le prince Poniatowski et le comte de Valmy croient impossible devant la position qu’ils occupent, renforcés par le 2<sup>e</sup> corps ; mais, dans ce cas, le général Vandamme se joindra à eux en une marche et demie ; votre <i>42</i><sup><i>e</i></sup> division remplacera les troupes du général Vandamme aux débouchés de Neustadt et de Rumbourg ; il se trouvera donc alors 70 000 hommes sur la position opposée à Gabel, et si dans ce moment la Garde n’est pas engagée ailleurs, je m’y porterai dans un jour avec 50 000 hommes, ce qui formerait là une armée de 120 000 hommes. Ou bien, si toutes les forces autrichiennes et russes se portent sur Dresde par la rive gauche, le général Vandamme marchera sur Dresde ; deux de ses divisions n’en seront qu’à un jour ; sa troisième n’en sera qu’à un jour et demi : vous réunirez donc sous vos ordres près de 60 000 hommes au camp de Dresde sur les deux rives. Le camp de Zittau devenant inutile se porterait sur Dresde, où il arriverait en quatre jours, et vous auriez plus de 100 000 hommes à Dresde. Enfin je me porterai avec les 50 000 hommes de ma Garde également à Dresde, si les circonstances l’exigeaient, et en quatre jours nous nous trouverions 160 à 180 000 hommes autour de Dresde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si l’ennemi pénètre par Baruth et arrive en Allemagne avec toutes ses forces réunies, <i>comme il le publie</i>, je lui souhaite bon voyage, et je le laisse aller, bien certain qu’il reviendra plus vite qu’il n’aura été. Ce qui m’importe, c’est qu’on ne nous coupe pas de Dresde et de l’Elbe ; peu m’importe qu’on nous coupe de France. Cependant l’armée de Bunzlau, qui est de 130 à 140 000 hommes sans la Garde, peut être renforcée de la Garde ; et je puis avec 180 000 hommes déboucher sur Blücher, Sacken et Wittgenstein, qui, à ce qu’il paraît, marchent aujourd’hui sur mes troupes, et, une fois que j’aurai détruit ou malmené ces corps, l’équilibre se trouvera rompu, et je pourrai, selon les succès de l’armée qui marche sur Berlin, l’appuyer sur Berlin, ou marcher par la Bohême derrière l’armée qui se serait enfoncée en Allemagne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tout cela n’est pas encore clair. Ce qui est clair, c’est qu’on ne tourne pas 400 000 hommes qui sont assis sur un système de places fortes, sur une rivière comme l’Elbe, et qui peuvent déboucher indifféremment par Dresde, Torgau, Wittenberg et Magdebourg. Toutes les troupes ennemies qui se livreront à des manœuvres trop éloignées seront hors du champ de bataille.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ceci est le résultat des nouvelles que j’ai aujourd’hui. Je vous tiendrai fréquemment au courant de ma position, selon les nouvelles que j’aurai de l’ennemi, afin que vous soyez toujours dans le cas de manœuvrer d’accord <i>et de prendre un parti. Gagner du temps, disputer le terrain et garder Dresde, avoir des communications très sûres et actives avec Vandamme et le quartier général, voilà pour le moment ce qu’il est nécessaire de bien observer.</i></p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Une division russe a attaqué hier 16 le général Charpentier, à Læhn, croyant le surprendre ; les Russes ont été repousses, on leur a fait 100 prisonniers dont un officier ; je l’attends avec impatience pour avoir des nouvelles.</i><sup>[^2]</sup></p> [^1]: Remplace : « D’après tous les renseignements qu’on peut avoir, voici comment je vois les choses ». [^2]: <span></span> Minute<span style="background: #ffff00">, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 234</span>. [<i>C </i>20398]</body>