CG14-35881.md

identifiantCG14-35881.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/13 00:00
titreNapoléon à Frédéric Ier, roi de Wurtemberg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35881. - </b><span style="font-variant: normal">À Frédéric I</span><span style="font-variant: normal"><sup>er</sup></span><span style="font-variant: normal">, roi de Wurtemberg </span> </h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 13 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, je reçois la lettre de Votre Majesté. Le congrès de Prague n’a jamais existé sérieusement ; c’était un moyen que l’Autriche avait choisi pour se déclarer. La nomination de M. Anstett faisait assez connaître la résolution des alliés. Aussi les plénipotentiaires des puissances respectives ne se sont-ils jamais vus. Les plénipotentiaires russes et prussiens ne sont pas sortis de leurs maisons ; ils n’ont jamais voulu voir les plénipotentiaires français ; on ne s’est pas adressé de notes ; on n’a pas même fait l’échange des pleins pouvoirs, et on n’est pas tombé d’accord sur la nature de la médiation. Enfin, le 10, le médiateur nous a déclaré la guerre. Son manifeste, assez modéré d’ailleurs, est ridicule en ce qu’il revient sur des faits antérieurs à l’alliance de 1812<sup>[^1]</sup>. Le duc de Bassano réunit toutes les pièces et il les fera parvenir à Votre Majesté ; mais Votre Majesté n’apprendra rien de plus en les parcourant. Il paraît que l’Autriche a des engagements sérieux avec les alliés depuis le mois de février<sup>[^2]</sup>, que depuis cette époque les affaires de Lützen ont retardé sa marche, et qu’elle ne s’est pas trouvée assez forte pour oser se déclarer. Aujourd’hui que, depuis le changement du ministre des Finances, elle a armé autant qu’elle a pu, elle compte sur ses forces.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Du reste, si Votre Majesté demande ce que veut l’Autriche, je répondrai qu’elle veut tout. Dans son manifeste elle se sert de l’expression <i>Empire d’Allemagne</i> ; elle voudrait tout ce qu’elle croit pouvoir reprendre. On les a sondés pour savoir si, en abandonnant la Pologne et en cédant l’Illyrie, on pourrait les satisfaire<sup>[^3]</sup> ; mais, comme de raison, ils étaient bien loin de là ; il leur faut Venise, l’Inn, Magdebourg, et la dissolution de la Confédération du Rhin, ce qui veut dire sans doute qu’on entend revenir à beaucoup d’anciennes choses en Allemagne ; car la Confédération n’est autre chose que le résultat d’un traité que j’ai conclu avec les princes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Enfin l’empereur d’Autriche a voulu la guerre. Il m’écrivait, quatre jours avant, les lettres les plus amicales ; c’était une dissimulation fort inutile, car je connais leur marche depuis Minsk, où le prince de Schwarzenberg reçut ordre d’opérer en sens contraire des instructions que je lui donnais.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les troupes de Votre Majesté, faisant partie du 4<sup>e</sup> corps, manœuvrent avec le 12<sup>e</sup> et le 7<sup>e</sup>, dans la direction de Bayreuth.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.S.</i> <i>Votre Majesté fera bien d’armer tant qu’elle pourra</i>.</p> [^1]: L’Autriche reproche notamment à la France l’annexion des territoires de 1810 et 1811 : la Hollande, les villes Hanséatiques et l’Oldenbourg. [^2]: Le 30 janvier précédent, l’Autriche avait signé un armistice avec la Russie à Zeycs, permettant à Schwarzenberg de cesser le combat. Parallèlement, des émissaires autrichiens avaient été envoyés à Londres et au quartier général du Tsar. [^3]: La fin des négociations avait été fixée le 10 août à minuit, les propositions Autrichiennes avaient pris l’allure d’ultimatum (voir CG14-35963, 35877). Napoléon a fait d’ultimes avances favorisant l’Autriche le 11, qui ont été rejetées. [^4]: <span></span> Expédition, Abteilung Hauptstaatsarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, Stuttgart, G 243, dossier 60. [<i>C </i>20375]</body>