CG14-35787.md

identifiantCG14-35787.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/08 00:00
titreNapoléon au général Le Marois, gouverneur de Magdebourg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35787. - </b><span style="font-variant: normal">Au général Le Marois, gouverneur de Magdebourg </span> </h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 8 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Le Marois, j’ai reçu votre lettre du 6 août.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’ennemi dénoncera l’armistice le 10, et les hostilités commenceront probablement le 16 ou le 17. Vous avez déjà six bataillons de la 6<sup>e</sup> division <i>bis ;</i> les 3<sup>e</sup>, 4<sup>e</sup> et 5<sup>e</sup> bataillons du 134<sup>e</sup> seront arrivés pour le 16, ce qui vous fera neuf bataillons. Vous aurez en outre deux bataillons du régiment de Lippe et deux bataillons westphaliens, ce qui vous fera en tout treize bataillons. Vous aurez de plus 4 000 hommes, savoir : 3 000 hommes venant des hôpitaux d’Erfurt, et 1 000 hommes sortant des hôpitaux de Magdebourg ; vous armerez, habillerez et équiperez ces hommes isolés ; vous en mettrez un certain nombre en subsistance dans chacun de vos neuf bataillons français, de manière à les porter au grand complet, et, selon le nombre d’officiers et sous-officiers sortant également des hôpitaux, vous formerez du reste quatre ou cinq bataillons de marche. Vous aurez, en outre, environ 2 000 cavaliers à pied.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ferez faire le service de la place par un bataillon westphalien, un bataillon de Lippe et le 5<sup>e</sup> bataillon du 134<sup>e</sup>, vos quatre ou cinq bataillons de marche et les 2 000 cavaliers à pied, ce qui fera 6 à 7 000 hommes, nombre bien suffisant pour le service de la ville. Je pense que vous devez adopter la manière turque, c’est-à-dire affecter un bataillon de marche à la garde de la citadelle, un autre à la garde de la tête de pont, et trois autres bataillons à la garde des trois parties de l’enceinte, depuis le fort de l’Étoile jusqu’à l’Elbe, en exigeant qu’indépendamment des gardes, que j’évalue à un tiers des hommes, un autre tiers soit toujours consigné, et qu’un tiers seulement puisse être envoyé aux corvées ou venir en ville. Les chefs de corps et les adjudants de place étant ainsi chargés spécialement de la garde de postes déterminés, votre ville sera mieux défendue que si, avec le double de troupes, vous en faisiez faire le service selon l’ordonnance des places.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il vous restera donc disponible une division active composée des six bataillons de la 6<sup>e</sup> division <i>bis,</i> de deux bataillons du 134<sup>e</sup>, un bataillon westphalien et un bataillon de Lippe ; total, dix bataillons. Ces bataillons étant portés au grand complet, vu la faculté que vous avez d’y incorporer des hommes sortant des hôpitaux, vous formeront une division de 8 000 hommes. Je suppose que le dépôt de cavalerie pourra vous fournir 3 à 400 hommes à cheval. Vous organiserez pour cette division deux batteries d’artillerie à pied, et elle sera donc en tout de près de 9 000 hommes. Je vous ai envoyé un général de division et trois généraux de brigade. Le général de division commandera la division, et vous y attacherez deux des généraux de brigade.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon intention est que cette division débouche de Magdebourg pour arriver à Brandebourg, aussitôt que les 80 000 hommes que je fais marcher de Luckau sous les ordres du duc de Reggio seront arrivés à Berlin et que les 30 000 hommes que commande le prince d’Eckmühl auront débouché de Hambourg pour se porter entre la Poméranie et Berlin. Votre division active formera la communication entre ces deux corps, mais elle restera sous vos ordres, et ne doit jamais se laisser couper de Magdebourg, parce que les 6 à 7 000 hommes restés à Magdebourg ne seraient pas suffisants pour la défense de cette place, si l’ennemi venait à l’investir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est probable que quatre jours après la reprise des hostilités l’armée partie de Luckau sera sous Berlin, et le prince d’Eckmühl à moitié chemin de cette ville. Jusqu’alors vous pourrez avoir deux corps d’observation, chacun de 2 000 hommes, l’un entre Magdebourg et Dessau, l’autre entre Magdebourg et Werben, de manière à surveiller le passage de la rivière et à éclairer la place ; mais, aussitôt que vous saurez que l’armée du duc de Reggio est en marche sur Berlin, il faut rappeler ces deux corps, et votre division active doit marcher sur Brandebourg et faciliter autant que possible les mouvements de l’armée du duc de Reggio et de celle du prince d’Eckmühl.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à l’artillerie des petits postes, il faut l’y laisser jusqu’à deux ou trois jours avant le commencement des hostilités, et la retirer alors ; vous ne garderez que les postes les plus près de la place, et vous confierez les autres à la garde de la gendarmerie et des gardes nationales westphaliennes et saxonnes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si l’offensive que nous prenons sur Berlin, de Hambourg et de Luckau, et qui probablement rejettera l’ennemi au-delà de l’Oder, n’empêche pas les partisans ennemis de passer l’Elbe, et il est difficile de l’empêcher, il est important que vous veilliez à ce que l’ennemi ne nous prenne pas de convois d’artillerie, ni de convois d’argent, ni de détachements d’hommes isolés.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Aucun convoi d’argent ne partira de Magdebourg, soit pour Hambourg, soit pour Dresde, passé le 12. Aucun convoi d’argent ne sera dirigé de Wesel ou de Hambourg sur Magdebourg, également passé le 12. Par ce moyen, on sera assuré que le 17 il ne se trouvera aucun convoi d’argent en route. S’il était nécessaire de faire d’ici là quelque envoi de fonds, il faudrait le faire en poste. Écrivez au prince d’Eckmühl, au commandant de Wesel et au général Durosnel pour leur faire connaître les dispositions que vous avez prises à cet égard et celles qu’ils doivent prendre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Aucun convoi d’artillerie ne doit partir de Magdebourg pour Hambourg passé le 12. Il n’en doit également partir aucun, passé le 12, de Dresde pour Erfurt. Aucun convoi parti de Mayence ou de Wesel pour Magdebourg ne doit être en route passé le 16 ; ceux qui ne pourraient pas être arrivés le 16 doivent s’arrêter à Erfurt ou Minden.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il en est de même pour les transports d’habillements, de harnachements, les hommes isolés, etc. Tous les convois ou détachements doivent se grouper à Erfurt, Minden et Hambourg, et ensuite en venir, selon les circonstances, en se dirigeant en force sur Magdebourg, en marchant militairement et en se trouvant ainsi à l’abri des attaques des partisans ennemis. Travaillez sur cet objet avec le général Bourcier, afin qu’il n’y ait rien de perdu. Il faut hâter la marche de tout ce qui pourrait arriver à Magdebourg avant le 17, en faisant doubler les étapes et en supprimant les jours de séjour, et que tout le reste s’arrête, comme je l’ai dit plus haut, à Erfurt, Minden ou Hambourg. Par ce moyen, les partisans ne pourront rien prendre. Travaillez là-dessus pour l’artillerie avec le général Neigre. Les convois ou les hommes isolés destinés pour votre place et arrêtés à Erfurt, Minden ou Hambourg, n’en devront partir que sur vos ordres, que vous leur enverrez selon leurs forces et les circonstances.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si Tangermünde est à l’abri d’un coup de main et capable de faire la résistance convenable, vous garderez ce poste ; sinon, il faut en retirer vos troupes, mais seulement au dernier moment. 200 ou 300 cavaliers dans ce poste n’empêcheront pas les partisans à cheval de l’ennemi de courir le pays.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’Autriche sera contre nous, mais je suis en mesure de faire face à tout. Cela exigera cependant plus d’activité et d’application de la part des différents chefs. Ils doivent surtout concentrer leurs forces, et ne rien laisser prendre sur les derrières.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Correspondez fréquemment avec mon ministre à Cassel<sup>[^1]</sup>, et ayez à cet effet un chiffre avec lui. Vous devez également en avoir un avec le major général et un avec le prince d’Eckmühl. Vous correspondrez aussi avec le général Durosnel. Vous n’aurez pas besoin d’ordres pour, selon les circonstances, faire des détachements sur les derrières, pour couper les partisans ennemis, de concert avec les détachements que le roi de Westphalie enverrait contre eux.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Reinhard. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 20340, d’après le dépôt de la Guerre (minute, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 79).</body>