CG14-35769.md

identifiantCG14-35769.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/08/07 00:00
titreNapoléon au général Durosnel, gouverneur de Dresde
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35769. - </b>Au général Durosnel, gouverneur de Dresde</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 7 août 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Durosnel, la place de Dresde, qui est le point d’appui de l’armée, a été fortifiée et armée. Faites la visite des fortifications avec votre commandant du génie et votre commandant de l’artillerie<sup>[^1]</sup>, afin de vérifier la situation dans laquelle vous vous trouverez au 15 août, si les hostilités recommencent à cette époque.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné qu’on construisît trois nouvelles redoutes sur la rive gauche, de sorte que les faubourgs soient entourés de huit redoutes ; mais il faut que, le 15, ces trois nouvelles redoutes soient bien palissadées et bien fermées à la gorge.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est nécessaire que les portes conservées aux faubourgs soient couvertes de bonnes palanques, et que toutes les issues soient fermées par des chevaux de frise, et que le service y soit fait avec la plus grande régularité. Il est nécessaire qu’à chaque porte de la ville il y ait un fossé avec un pont-levis. Il faut qu’il y ait des pièces sur les remparts, de manière à couvrir tout le fossé de mitraille. Vous devez ordonner de mettre des pièces près de la porte du Zwinger pour battre la palanque faite à la brèche du rempart. Il est important que, outre la palanque, on fasse entrer de l’eau dans le fossé devant la brèche du côté de Pirna, et qu’on fasse créneler les maisons et fermer les rues par des palissades, en sorte que l’ennemi qui aurait forcé la palanque ne puisse avancer, ayant devant lui comme une seconde enceinte formée par les maisons crénelées et les barricades de toutes les issues.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Sur la rive droite, les redoutes formant le camp retranché doivent être bien palissadées et bien fermées à la gorge, et l’enceinte de la ville neuve doit être bien armée. Cette partie de la place est la plus forte.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je laisserai sous vos ordres dans la ville une garnison de 6 000 hommes, qui pourrait offrir une ressource de 3 à 4 000 hommes si on se battait dans les environs de Dresde. Mais il faut bien organiser la défense de la place ; elle se divise naturellement en ouvrages sur la rive droite et ouvrages sur la rive gauche. Il faut avoir un officier supérieur remplissant les fonctions de commandant d’armes et qui sera chargé de tous les détails. Il y aura en outre un commandant de la ville neuve avec trois ou quatre adjudants de place, et un commandant de la vieille ville avec cinq ou six adjudants. Ces adjudants seront placés dans les faubourgs, de manière qu’il y ait dans chaque faubourg un adjudant qui y logera et qui sera chargé de sa défense et de sa police.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est important que vous ayez dans l’intérieur de la ville un magasin de réserve de paille et de foin, afin que vous puissiez y enfermer le dépôt de cavalerie et nourrir 2 à 3 000 chevaux pendant une quinzaine de jours, si l’ennemi parvenait à tenir la campagne pendant ce temps-là.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Comme vous êtes chargé spécialement de la défense de la ville, il faut que vous travailliez avec le commandant du génie et celui de l’artillerie de la place, pour compléter tout ce qui y est nécessaire. Réunissez-les tous les soirs chez vous ; faites de fréquentes visites, et rendez-moi compte journellement de l’état des choses et de ce que vous aurez arrêté. Il est convenable de veiller à ce que les corps, l’administration et l’artillerie n’encombrent pas la ville hors de mesure. Tout ce qui existe à Dresde en artillerie, voitures, etc., doit appartenir à la place ou être attelé, et on doit en avoir l’état exact, afin que je puisse, en cas de besoin, en ordonner l’évacuation. Le lieu où, de préférence, doit être placé tout le matériel de l’armée, est Torgau, qui est une véritable place forte.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Np</h3> [^1]: Colonels Marion (génie) et Lafont (artillerie). [^2]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 400 AP 140 (minute, Archives nationales, AF IV 902, août 1813, n° 65). [<i>C </i>20338]</body>