CG14-35502.md

identifiantCG14-35502.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/07/19 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, commandant le 13e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35502. - </b>Au maréchal Davout, commandant le 13e corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 19 juillet 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je viens de conclure un traité offensif et défensif avec le Danemark<sup>[^1]</sup>. Je vais vous en faire connaître les principales dispositions pour votre gouverne ; mais vous devez les tenir secrètes jusqu’à nouvel ordre. </p><p style="margin-bottom: 0cm">Le Danemark s’engage à déclarer la guerre à la Russie, à la Prusse et à la Suède, au moment de la reprise des hostilités, tout comme la France s’engage à la même époque à déclarer la guerre à la Suède. Le Danemark doit mettre à vos ordres une division de 10 000 hommes d’infanterie, 2 500 chevaux, quarante pièces de canon, ce qui fera au total plus de 12 000 hommes. Ces troupes, aussitôt qu’elles auront le pied sur mon territoire, doivent, quant à la solde, être payées par moi, comme les troupes françaises. Le Danemark aura vingt canonnières pour la défense de l’Elbe, lesquelles seront réunies à vingt canonnières françaises. Le Danemark doit me fournir 10 000 chevaux, moyennant le paiement que j’en ferai argent comptant. Le contingent danois pourra être employé jusqu’à la Vistule. Le Danemark doit approvisionner et armer Glückstadt, de manière que cette place puisse soutenir six mois de blocus et un siège proportionné à sa force.</p><p style="margin-bottom: 0cm">De mon côté, je dois joindre aux troupes danoises un corps d’armée de 20 000 hommes. Si les circonstances appelaient mes troupes dans le Holstein, elles seraient nourries par le pays, mais je payerais leur solde. Je fournirai vingt chaloupes ou canonnières pour la défense de l’Elbe ; je ferai armer et approvisionner Hambourg, de manière que cette place puisse soutenir six mois de blocus et un siège proportionné à sa force. Je dois payer les 10 000 chevaux en argent comptant.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les ratifications s’échangeront demain, à Dresde. À cette occasion, il sera signé une petite convention relativement à la fourniture des chevaux, pour en régler l’âge, la taille et le prix. J’ai fait demander que 5 000 me fussent livrés avant le 15 août, et 5 000 avant le 1<sup>er</sup> septembre. Il sera important d’avoir le plus tôt possible ces chevaux. Il ne faut pas pour cela rapporter la réquisition, ni aucun marché, vu que j’ai dans mes dépôts de cavalerie encore 10 à 12 000 hommes à monter. Demain partiront probablement les ratifications. Vous en serez instruit et verrez alors le général danois. Il sera même bon que vous passiez la revue du corps d’armée ; et dès ce moment vous le ferez payer, en payant les présents sous les armes sur le pied français.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Votre corps d’armée<sup>[^2]</sup> se composera donc : </p><p style="margin-bottom: 0cm">1<sup>o</sup> de la 3<sup>e</sup> division, qui, avant le 10 août, sera composée de quatorze bataillons ; </p><p style="margin-bottom: 0cm">2<sup>o</sup> de la 40<sup>e</sup> division, quatorze bataillons ; total, vingt-huit bataillons actifs ; </p><p style="margin-bottom: 0cm">3<sup>o</sup> de la 50<sup>e</sup> division, qui pourra toujours vous offrir douze bataillons en réserve ; </p><p style="margin-bottom: 0cm">total, quarante bataillons.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose qu’avant cette époque vous pourrez toujours avoir 3 000 hommes de cavalerie, ce qui vous fera un corps de 25 000 Français et de 12 000 Danois, ou de 35 à 45 000 hommes. Toutes ces troupes, prenant une bonne position en avant de Hambourg, imposeront au Prince royal<sup>[^3]</sup> et pourront prendre l’offensive, comme je vous l’ai mandé, aussitôt que ma gauche sera entrée à Berlin.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><u>L’artillerie</u> : votre artillerie sera composée de deux batteries à cheval, douze pièces ; cinq batteries à pied, quarante ; deux batteries de réserve, seize ; total, soixante-huit pièces.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les Danois ont quarante pièces : sur ces quarante pièces, il y en a vingt de 6, dont seize pièces et quatre obusiers, et vingt pièces de 3. Lorsque vous en serez là, vous leur proposerez de garder leurs pièces de 3, et d’employer les attelages, charretiers et canonniers, à atteler et servir huit pièces de 6 et quatre obusiers, savoir douze pièces. Ces douze pièces ont besoin chacune de deux caissons, ce qui fera, avec les rechanges et forges, 40 voitures. Les vingt pièces de 3 exigeraient 43 voitures. Le nombre sera donc égal. Seulement il faudrait quelques chevaux de plus, dans le cas où l’usage des Danois serait d’atteler les pièces de 3 avec deux chevaux. Ce sera donc huit pièces de 6 et quatre obusiers que vous aurez à fournir aux Danois. Quant aux caissons, on les convertira en caissons de 6. Les Danois se trouveront avoir trente-deux bouches à feu, qu’on organisera comme les nôtres. Ces trente-deux pièces jointes aux soixante-huit de votre corps feront un parc de cent pièces de canon.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><u>Cavalerie</u> : du 10 au 15 août, tout ce qui est nécessaire pour compléter le 28<sup>e</sup> de chasseurs sera arrivé ; cela vous fera 1 000 chevaux ; vous pouvez compléter les Lithuaniens à 5 ou 600 chevaux ; ce qui, joint aux 2 400 chevaux de la brigade de cuirassiers de Hambourg, mettra sous vos ordres plus de 4 000 chevaux, qui feront avec les 2 000 chevaux danois 6 000 chevaux. </p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous avez déjà trois généraux de brigade : restera un général de division de cavalerie à vous envoyer pour commander toute cette cavalerie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose que tout ce qui est nécessaire pour compléter l’approvisionnement de Hambourg sera arrivé et que Hambourg, Harbourg et les îles seront bien armés dans les premiers jours d’août. S’il en est besoin, il faudra tout négliger pour concentrer toutes vos forces sur la rive droite, en vous appuyant sur Hambourg. Quand même l’ennemi passerait l’Elbe entre Hambourg et Magdebourg, cela ne devrait avoir aucune influence sur vous, dont l’armée aurait toujours derrière elle Hambourg et le Holstein, et, par cette position sur la rive droite, conserverait l’offensive, quand même l’ennemi aurait passé sur la rive gauche.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si, au moment de la reprise des hostilités, vous pouvez même réunir une plus grande partie de cavalerie, on vous la laissera ; elle marcherait avec vous pour rejoindre l’armée par Berlin. Vous pourriez emmener avec vous les 1 200 chevaux que vous a envoyés le général Bourcier. Je ne puis que vous répéter que ceci ne doit en rien déranger les mesures que vous avez prises. Il faut seulement que vous demandiez des selles au général Bourcier. Je pense que ce général peut avoir à sa disposition 3 000 selles, et que vous pouvez en faire faire à Hambourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je n’instruis pas le général Bourcier du traité dont je viens de vous parler ; demain on lui en enverra communication. Ce général compte avoir des dispositions faites pour 12 000 chevaux ; si on y ajoute les 10 000 chevaux des Danois, cela fera 22 000 chevaux. Je crois que le général Bourcier a 11 000 hommes à pied à monter : ce serait donc 5 à 6 000 hommes à pied à faire partir de France. Les 5 000 autres seraient pris dans les dépôts de cavalerie, à fur et à mesure que la cavalerie active aurait des hommes démontés. Considérez cette remonte des Danois comme augmentant nos moyens, sans contremander aucune des mesures que vous avez prises.<sup>[^4]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm; page-break-inside: avoid; page-break-after: avoid"> <i>Np</i></p> [^1]: Le traité a été signé le 10 juillet à Copenhague entre Rosenkrantz et Alquier. [^2]: <span></span> Davout commande le 13<sup>e</sup> corps. [^3]: Bernadotte, prince royale de Suède et commandant en chef du contingent suédois. [^4]: <span></span> Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, n° 373). [<i>C </i>20287]</body>