| identifiant | CG14-35328.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/07/09 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Davout, commandant le 13e corps de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG14</i> - 35328. - </b>Au maréchal Davout, commandant le 13e corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 9 juillet 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, une
députation de Hambourg s’est présentée chez le comte Daru et
chez le grand écuyer<sup>[^1]</sup>
pour demander à m’être présentée. J’ai refusé de la
recevoir, jusqu’à ce que la contribution de 48 millions fût
entièrement payée, et je lui ai fait donner ordre de quitter Dresde
dans la journée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">À cette occasion, je
dois vous faire connaître mes intentions. Je veux les 48 millions
en entier et sans qu’il en soit retranché un sou. Dans le mémoire
qu’apportaient ces messieurs, il paraît qu’ils disent qu’ils
n’ont pas 40 millions. Voici ma réponse : Tant que les
40 millions qui restent à payer ne seront pas payés, tous les
magasins demeureront sous le séquestre, car je suppose que vous avez
mis et maintenu le séquestre sur les gros magasins et même sur les
boutiques. Il faudra étendre cette mesure sur les gros magasins de
la 32<sup>e </sup>division militaire, sur les bâtiments de
commerce, et sur les maisons, qui seront louées pour mon compte. Les
bâtiments et les maisons m’appartiendront ; les marchandises
m’appartiendront de même ; on les dirigera sur la France ou
sur d’autres points en Allemagne pour être vendues. Or, sûrement,
il y a bien pour plus de 48 millions de marchandises à
Hambourg. Enfin, il y a le territoire, qui vaut bien plus de
100 millions, et que je ferais, s’il le fallait, adjuger au
domaine.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné au
comte Daru de répondre dans ce sens, et c’est dans ce sens que
vous-même vous devez parler.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le crime de rébellion<sup>[^2]</sup>
et de félonie qu’ils ont commis les a dépouillés de toutes leurs
propriétés et de tous leurs droits civils<sup>[^3]</sup>.
La contribution de guerre en est le rachat. Ils ont payé 10 millions
en argent, ils ont payé 10 millions en marchandises ;
faites-leur signer des bons encore pour 10 millions ; il
leur restera à payer 18 millions. Ils peuvent très bien faire
un emprunt sur eux-mêmes, comme ils l’ont fait autrefois. Ils ont
crédit dans toutes les places ; ils peuvent très bien tirer
pour 10 millions de lettres de change. Ils compléteront ainsi
leur paiement. Moyennant ce, je lèverai le séquestre, je leur
rendrai leurs droits civils, et chacun rentrera dans sa propriété.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à l’amnistie,
vous savez bien que je vous ai donné carte blanche. Je ne fais
aucune difficulté à cet égard ; j’aime mieux les faire
payer, c’est la meilleure manière de les punir. Il faut chercher à
aussi atteindre la canaille, et faire peser sur elle une portion de
la contribution de guerre, en doublant ou quadruplant la contribution
personnelle, celle des portes et fenêtres, en augmentant l’octroi,
en augmentant les droits sur le débit au cabaret, etc. Cela ne
produira que 2 ou 3 millions ; mais il est convenable
de frapper aussi la canaille et de lui faire voir qu’on ne la
craint pas. Il faudra l’atteindre aussi en en prenant le plus qu’on
pourra pour envoyer en France dans les troupes, et en saisissant tous
les boutefeux, qu’on enverra aux galères et dans les maisons de
force en France.<sup>[^4]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm; page-break-inside: avoid; page-break-after: avoid">
<i>N</i></p>
[^1]: Caulaincourt.
[^2]: Les Cosaques avaient pris Hambourg le 12 mars 1813 et avaient occupé la ville jusqu’au 29 mai, date de sa reprise par Davout. Cette occupation s’était faite avec la complète coopération des citoyens de Hambourg qui avaient accueilli les Russes comme des libérateurs. Les Britanniques avaient de de leurs côté livré des armes à la population qui s’était formée en milice pour lutter contre un éventuel retour des français.
[^3]: <span></span> À la reprise de la ville, Hambourg et la 32<sup>e</sup> division ont été mises hors la Constitution (voir CG13-34757). Napoléon avait prescrit à Davout des mesures très dures que le prince d’Eckmühl tentait d’adoucir.
[^4]: Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (copie, Archives nationales, 400 AP 143).</body> |
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