CG13-35053.md

identifiantCG13-35053.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/06/28 00:00
titreNapoléon au général Le Marois, gouverneur de Magdebourg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 35053. - </b>Au général Le Marois, gouverneur de Magdebourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dresde, 28 juin 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Le Marois, je désire que vous m'écriviez tous les jours pour m'instruire de tout ce qui est relatif à votre commandement, surtout de toutes les batteries que le directeur du parc a de disponibles, de tous les bateaux qui partent pour Dresde chargés de subsistances, et de ceux qui arrivent de Hambourg en remplacement.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y avait à Magdebourg 74 000 quintaux de blé pour l'approvisionnement de siège : j'ai ordonné qu'on en laissât 20 000, afin que la place ne restât pas tout à fait dégarnie ; il y en aura donc disponibles 54 000 quintaux. J'ai ordonné que, sur ces 54 000 quintaux, 40 000 fussent dirigés sur Dresde, et que 14 000 restassent à Magdebourg à la disposition de l'armée. Ce blé, tel qu'il est, ne peut servir à rien ; ayez soin de le faire convertir le plus promptement possible en farine et de le renfermer dans des sacs. 50 000 quintaux doivent venir de Hambourg et 50 000 quintaux de la 32<sup>e </sup>division, ce qui fera 100 000 quintaux. Correspondez avec le prince d'Eckmühl, afin que vous puissiez assurer vos remplacements.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y avait à Magdebourg 1 200 bêtes à cornes ; j'ai ordonné qu'on les dirigeât sur Dresde ; mais il vous restera toujours une grande quantité de viande salée. Faites-moi connaître quelle est la quantité que vous avez, et, si les circonstances vous mettaient dans le cas d'être assiégé, en peu de jours vous feriez faire une rafle à vingt lieues à la ronde, qui vous remplacerait les 1 200 bêtes à cornes qu'on vient de vous ôter. D'ailleurs, 7 000 bœufs doivent être dirigés de la 32<sup>e</sup> division. Correspondez avec le prince d'Eckmühl pour connaître leur arrivée et me l'annoncer.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y a à Magdebourg 1 200 quintaux de riz. J'ai demandé que ce riz fût envoyé par Dresde ; vous le ferez remplacer par pareille quantité tirée de Hambourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous devez envoyer de la poudre, des pièces et des boulets à Hambourg ; votre commandant d'artillerie doit en avoir l'état. Je désire que vous pressiez ces envois, afin qu'avant le 15 juillet Hambourg soit en état de se défendre. Le général Haxo a tracé une tête de pont et une place à Werben ; cette place défendra naturellement Magdebourg. Faites-moi connaître s'il est possible d'armer cette place et de la mettre en état de défense d'ici au 25 juillet<sup>[^1]</sup>. Dans ce cas, vous y mettrez un commandant, un officier d'artillerie, et y placerez quelques pièces de canon. Le commandement depuis Dessau jusqu'à Werben, sur la rive gauche, dépend de Magdebourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites faire une visite des hôpitaux. Faites renvoyer sur Wesel tous les amputés, tous les hommes absolument hors de service, ainsi que tous les malades et blessés ennemis prisonniers.<sup>[^2]</sup> Organisez-vous pour recevoir 3 000 malades.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On dit qu'il y a une abbaye hors de la ville ; faites-la environner de palissades, et faites-la couvrir par une petite flèche, pour qu'elle soit à l'abri de toute attaque des troupes légères. J'ai vu avec peine, le mois passé, que des Cosaques s'étaient approchés à une lieue de la ville. Faites établir, à une lieue autour de la ville, sur tous les chemins, trois ou quatre maisons où une cinquantaine d'hommes soient à l'abri de toute attaque de cavalerie légère : un retranchement et une simple palissade suffiront ; faites-y mettre même une pièce de 3, s'il est nécessaire. Ces retranchements, éloignés de 8 à 900 toises les uns des autres, vous rendront toujours maître de l'ennemi, à une lieue de la ville. Le général Haxo m'a rendu compte que le poste de Tangermünde était bon pour y placer environ 200 hommes à l'abri des troupes légères ennemies : faites vérifier cela.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je désirerais que le dépôt de cavalerie se rendît de Hanovre à Magdebourg ; mais on allègue le défaut d'écuries. Est-ce que vous ne pourriez pas requérir des planches, et faire construire ainsi, en baraques, des écuries pour 2 000 chevaux ? Si vous pouvez faire faire ce travail en huit jours, j'ordonnerais au général Bourcier de se rendre à Magdebourg, ce qui serait fort avantageux pour vous, puisque cela vous donnerait un renfort de 3 à 4 000 hommes à pied et un fonds de 2 000 chevaux.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Envoyez-moi le plan des environs à une lieue de Magdebourg, sur les deux rives, où soient indiquées les maisons que vous faites retrancher, pour que je puisse voir si vous avez bien saisi mon intention. La grande force de l'ennemi consistant en cavalerie légère, c'est en multipliant les palissades qu'on peut s'y opposer. Vous devez constamment ordonner à tous les postes que vous tiendrez sur la rive gauche pour défendre le passage de s'entourer sur-le-champ de palissades : les arbres ne manquent pas dans ce pays. J'ai pratiqué cette méthode, dans la campagne dernière, jusqu'à Moscou, et je n'ai pas eu un seul poste de 50 hommes que 10 000 Cosaques aient entamé. Indiquez-moi aussi, sur la carte, le lieu où vous placerez vos écuries.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous recevrez du major général des ordres par lesquels j'ai définitivement prescrit les dispositions que je viens de vous indiquer.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: L’empereur qui a décidé de fixer sa ligne d’opérations sur l’Elbe s’emploie pendant la suspension d’armes à en fortifier les points principaux des montagnes de Bohême jusqu’à Hambourg. Les places fortes de Kœnigstein, Lilienstein, Dresde, Torgau, Wittenberg, Magdebourg et Hambourg sont ainsi armés et approvisionnés pour servir éventuellement d’appuis à sa masse de manœuvre principale établie en Saxe. [^2]: Voir CG13-35042. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 20191, d'après l'original communiqué par le comte Le Marois (minute, Archives nationales, AF IV 900, juin 1813, n° 601).</body>