CG1-2281.md

identifiantCG1-2281.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/12/28 00:00
titreNapoléon au général Berthier, chef de l’État-Major général de l’armée d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2281. - </b>Au général Berthier, chef de l’État-Major général de l’armée d’Italie[^1]</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 8 nivôse an VI [28 décembre 1797]</h2><p><br/> </p><p>Vous donnerez les ordres, citoyen général, pour que nos troupes évacuent les places de Palma Nova, Osoppo, Venise et Vérone.</p><p>Vous aurez soin de prendre les mesures pour évacuer l’artillerie et tous les magasins de guerre et de bouche qui appartiennent à la République, qui peuvent se trouver encore dans ces places, et que nos trois vaisseaux de guerre et les deux frégates en soient partis.</p><p>Vous aurez soin de vous assurer, avant d’évacuer Venise, que tous les bâtiments de guerre qui sont sur le chantier sont hors d’état de rendre aucun service ;</p><p>Que le bâtiment de guerre et la frégate qui étaient en désarmement et hors d’état de servir soient coulés bas ;</p><p>Que les magasins de l’arsenal vénitien, ainsi que l’artillerie et les magasins de guerre et de bouche, soient évacués ;</p><p>Que les quatre chevaux de bronze, les lions et les autres objets d’art que l’on voulait prendre à Venise, soient également évacués ;</p><p>Et qu’enfin il ne reste rien de ce qui pourrait favoriser l’établissement d’une marine impériale.</p><p>Vous devez faire détruire la machine à mâter, les forges, la fonderie, la machine à forer.</p><p>Vous chercherez des prétextes pour garder encore Porto Legnago, jusqu’à ce que vous receviez la nouvelle, que le Directoire vous enverra dès l’instant qu’il l’aura, que nous sommes entrés dans Mayence.</p><p>Vous aurez soin, avant de rien évacuer, de faire un inventaire avec le général autrichien, dans le plus grand détail, pour vous assurer les moyens de pouvoir évacuer ce qui resterait, appartenant à la République, dans le pays et les places que vous aurez évacuées.</p><p>Mais le Directoire attache un prix particulier à ce qu’il ne nous reste plus rien à faire ni à évacuer dans la ville de Venise.</p><p>Il est survenu une discussion entre le général Chasseloup et le général Chasteler[^2] ; l’intention du Directoire est que vous préveniez le général autrichien que, jusqu’à nouvel ordre, vous garderez en force la ville de Lazise, comme devant appartenir à la République cisalpine.</p><p>Faites passer à Corfou le plus de grosse artillerie qu’il vous sera possible.</p><p>Quant à l’artillerie de campagne, à l’équipage de ponts de l’armée d’Italie, l’intention du Directoire est qu’après avoir cédé aux Cisalpins ce qui leur sera nécessaire pour former leurs équipages de campagne, vous nommiez un directeur d’artillerie, un sous-ordre, quatre capitaines, deux compagnies d’artillerie et deux escouades d’ouvriers pour rester à Pizzighettone, et être chargés de la formation de l’équipage de campagne et de l’équipage de siège que la République française veut toujours avoir en Italie, afin que, lorsqu’elle sera obligée de faire la guerre dans ce pays, elle puisse se trouver dispensée d’y faire passer de l’artillerie, ce que les chemins rendent toujours difficile.</p><p>Vous ferez partir, avec les différentes divisions de l’armée d’Italie qui se rendent à l’armée d’Angleterre, deux mille chevaux tous harnachés, et les meilleurs, et sans artillerie ; le reste, jusqu’à ce que l’Empereur lui-même ait congédié ses équipages d’artillerie, restera à l’armée d’Italie.[^3]</p> [^1]: Ces instructions, rédigées par le général Bonaparte, sont signées par le Directoire. Berthier a succédé à Bonaparte à la tête de l’armée d’Italie. [^2]: Les deux généraux sont chargés du tracé des nouvelles frontières. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2393, d’après la Collection Napoléon.</body>