| identifiant | CG1-2247.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/11/14 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Kilmaine |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2247. - </b>Au général Kilmaine</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 24 brumaire an VI [14
novembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Je pars, citoyen général, pour me rendre au
congrès de Rastadt. Vous prendrez le commandement de l’armée
jusqu’à l’arrivée du général Berthier[^1].</p><p>Le général de brigade Leclerc[^2]
remplira les fonctions de chef de l’état-major.</p><p>Le chef de l’état-major vous fera connaître
les mouvements que j’ai ordonnés pour mettre l’armée en état
de faire son mouvement rétrograde dès l’instant que je vous en
enverrai l’ordre par un de mes aides de camp.</p><p>Si le bataillon de la 79<sup>e</sup>, qui était
dans la 8<sup>e</sup> division militaire, arrive, vous l’enverrez à
Ancône, où il s’embarquera pour Corfou, ainsi que tous les
détachements des 6<sup>e</sup> et 79<sup>e</sup> demi-brigades.</p><p>Vous laisserez à Ancône la 39<sup>e</sup>
demi-brigade de ligne.</p><p>Les généraux Chabot et Lasalcette ont ordre de
se rendre à Corfou.</p><p>Le général Baraguey d’Hilliers, comme vous le
verrez par les ordres que j’ai donnés, doit faire l’arrière-garde
de l’armée.</p><p>Jusqu’à ce que vous receviez de nouveaux ordres de moi, de
Rastadt, le général Baraguey d’Hilliers occupera Pontebba, les
gorges de Cividale et Monfalcone ; indépendamment de quoi il y aura
une demi-brigade, comme j’en ai spécialement donné l’ordre,
pour la garnison de Palma Nova et un bataillon pour celle d’Osoppo.</p><p>Si des événements quelconques vous faisaient
penser nécessaire de renforcer le général Baraguey d’Hilliers,
vous le feriez avec la 11<sup>e</sup> demi-brigade de ligne, qui doit
être à Bassano, et avec la division du général Guieu, qui se
trouvera à Padoue et composée des 11<sup>e</sup>, 23<sup>e</sup> et
29<sup>e</sup> d’infanterie légère; et enfin, si cela ne
suffisait pas, par toute la division du général Sérurier, qui est
à Venise, et par la grosse cavalerie[^3],
le 24<sup>e</sup> chasseurs[^4],
le 7<sup>e</sup> de hussards[^5],
et, s’il le fallait, par toute la division de cavalerie aux ordres
du général Rey[^6].</p><p>Par ce moyen, la partie de l’armée qui est
destinée à faire partie de l’armée d’Angleterre, resterait
toujours placée en deçà de la Brenta.</p><p>Je ne prévois pas le cas où vous vous trouverez
en rupture ouverte avec l’ennemi ; alors même il faudrait marcher
avec toutes vos divisions, et employer les moyens qui sont en votre
pouvoir.</p><p>Vous devez prendre les mesures, même celles de
rigueur, des arrestations, des contributions forcées, pour que les
ordres que j’ai donnés à Venise pour l’achèvement de nos
vaisseaux et l’évacuation de cette place soient terminés. Le chef
de l’état-major, le général Sérurier et le citoyen Villetard[^7]
vous donneront des renseignements sur cette place. J’ai donné tous
les ordres nécessaires, il ne s’agit plus que de les exécuter
avec vigueur.</p><p>Il faut laisser le Gouvernement cisalpin livré à
lui-même, s’essayer ; cependant, s’il demandait votre
secours, vous devez lui accorder celui de votre influence morale et
des troupes qui sont à vos ordres, pour le soutenir.</p><p>Tous les princes d’Italie étant accoutumés,
pour le moindre événement, à recourir à moi, vous devez, pour ce
qui regarde la République cisalpine, les renvoyer au ministre des
affaires étrangères[^8],
disant que cela ne vous regarde point. Pour ce qui est de nos
troupes, veillez à ce qu’elles vivent en bonne intelligence et
sous la plus sévère discipline, à ce qu’elles soient bien logées
et bien nourries, excepté dans la République cisalpine, où nous en
sommes empêchés par nos traités.</p><p>Vous pouvez favoriser tous les élans de la ville
d’Ancône pour la liberté, notre intention étant de la considérer
comme une république indépendante.</p><p>La 9<sup>e</sup> demi-brigade de bataille doit
être toute réunie à Gênes.</p><p>Vous devez également prêter le secours de votre
influence morale et de vos troupes, pour soutenir le Gouvernement
démocratique à Gênes.</p><p>Vous me ferez passer à Rastadt, par des courriers
extraordinaires, toutes les dépêches que vous recevrez de Corfou et
de l’amiral Brueys.</p><p>La cour de Rome commence à se mal conduire : vous
devez soutenir par votre influence morale, et, dans l’occasion, en
faisant concourir le mouvement de quelques troupes, les démarches
que ferait l’ambassadeur de la République à Rome[^9],
et surtout avoir bien soin que le roi de Naples ne sorte pas de ses
frontières.[^10]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Kilmaine prend le commandement de l’armée d’Italie jusqu’au
21 décembre, date du retour de Berthier.
[^2]: Victor-Emmanuel, époux de Pauline Bonaparte.
[^3]: 1ère brigade de cavalerie de Beaumont, division Dugua.
[^4]: Division Guieu.
[^5]: Division Dugua.
[^6]: <span></span>3<sup>e</sup>division, brigades Mignotte et Kellermann Fils.
[^7]: Premier secrétaire de la légation française à Venise.
[^8]: Talleyrand.
[^9]: Joseph Bonaparte.
[^10]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2362, d’après la
Collection Napoléon. L’original de cette lettre est passée en
vente chez Sotheby’s le 6 avril 1959, n° 47 (Archives nationales,
AB XXXVIII 54).</body> |
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