| identifiant | CG1-2245.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/11/14 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, ambassadeur de la République à Rome |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2245. - </b>À Joseph, ambassadeur de la République à Rome</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 24 brumaire an VI [14
novembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>J’ai partagé votre indignation, citoyen
Ambassadeur, lorsque vous m’avez appris l’arrivée du général
Provera[^1].
Vous pouvez déclarer présentement à la cour de Rome que, si elle
reçoit à son service aucun officier connu pour être ou avoir été
au service de l’Empereur, toute bonne intelligence entre la France
et la cour de Rome cesserait à l’heure même, et la guerre se
trouverait déclarée.</p><p>Vous ferez connaître, par une note spéciale au
Pape, que vous adresserez à lui-même en personne, que, quoique la
paix soit faite avec S. M. l’Empereur, la République française ne
consentira pas à ce que le Pape accepte dans ses troupes aucun
officier ni aucun agent, sous quelque dénomination que ce soit, de
l’Empereur, hormis les agents diplomatiques d’usage.</p><p>Vous exigerez que M. le général Provera,
vingt-quatre heures après la présentation d’une note que vous
ferez à ce sujet, quitte le territoire de Sa Sainteté ; sans quoi
vous déclarerez que vous allez quitter Rome.</p><p>Vous ferez connaître, dans la conversation, au
Pape, que je viens d’envoyer trois autres mille hommes à Ancône,
lesquels ne rétrograderont que lorsque vous leur ferez connaître
que M. Provera et tous les autres officiers autrichiens auront quitté
le territoire de Sa Sainteté.</p><p>Vous ferez connaître au secrétaire d’État[^2]
que, si Sa Sainteté se porte à faire exécuter aucun des détenus
que vous avez réclamés, la République française fera, par
représailles, arrêter les attenants du cardinal Busca et des autres
cardinaux qui égarent la cour de Rome. Enfin je vous invite à
prendre, dans vos notes, un style concis et ferme ; et, si le cas
arrive, vous pouvez quitter Rome, et vous rendre à Florence ou à
Ancône.</p><p>Vous ne manquerez pas de faire connaître à Sa
Sainteté et au secrétaire d’État, qu’à peine vous aurez
quitté le territoire de Sa Sainteté vous déclarerez la réunion
d’Ancône à la Cisalpine. Vous sentez que cette phrase doit se
dire et non pas s’écrire.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Ce général autrichien a combattu l’armée d’Italie au début
de la campagne. Il vient d’être appelé à Rome pour commander
les troupes pontificales. Suite aux menaces de l’ambassadeur de
France, il sera remercié et quittera la Ville éternelle.
[^2]: <span></span>Ignazio
Busca (1731-1803),<b> </b>évêque (1775),<b> </b>cardinal (1787)<b>,
</b>secrétaire d’Etat du Saint-Siège le 29 août 1796, il rompt
avec la France pour se lier avec l’Autriche.
[^3]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body> |
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