| identifiant | CG13-34425.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/06/03 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34425. - </b>Au général Caulaincourt, ministre plénipotentiaire</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Neumarkt, 3 juin 1813, 3 h. après midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de
Vicence, les Russes ont sur la rive gauche de l'Elbe des partisans et
des troupes franches dans le genre de Schill<sup>[^1]</sup>,
mais le duc de Padoue est à Leipzig où il a déjà 3 000 hommes
de cavalerie, 2 batteries d'artillerie à cheval et plusieurs
bataillons. Avant le 6 juin, qui est l'époque où pourrait lui
arriver la nouvelle de l'armistice, il aura plus de 12 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Reggio est
vis-à-vis Bülow et le duc de Bellune se porte sur le flanc gauche
de celui-ci.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Du côté de Hambourg
les Danois sont avec nous et le général Vandamme reçoit beaucoup
de forces. L'ennemi y a peu de monde si ce n'est les Suédois qui
jusqu'à cette heure n'y ont que 2 000. Cette arrivée des
Suédois est plus que compensée pour nous par la coopération des
Danois. Quant à l'idée de cerner une place, c'est sans doute de
Wittenberg qu'il est question et cela est ridicule. Je ne pourrais
d'ailleurs considérer cela que comme une chose heureuse vu que de
semblables opérations éparpillent leurs forces, tandis que les
miennes qui se trouvent sur la route de l'armée n'ont besoin que de
s'y grouper pour agir.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Avec cet esprit que
paraissent avoir les alliés, il sera difficile de s'arranger<sup>[^2]</sup>.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le statut quo me donne
Breslau. On trouverait étonnant que pour avoir un armistice j'eusse
sacrifié ce point, au lieu que si on voit qu'il devient neutre, on
n'y pourra voir qu'une concession faite dans le désir de considérer
et de préparer la paix.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je n'aime pas la
proposition que vous avez faite de demander 15 jours après la
cessation de l'armistice. Il est question de faire la paix. Quand on
aura dénoncé l'armistice, les négociations seront à peu près
rompues, car l'idée de continuer à traiter de la paix en se
battant, est une idée de raison. On le peut sans doute, mais la
négociation serait alors comme celle de Westphalie qui a duré
20 ans et dont les bases changeaient à chaque bataille. Je veux
la paix. J'estime qu'avant le 20 juillet on ne peut pas
raisonnablement avoir un résultat. Je veux donc l'armistice jusqu'au
20 juillet. S'ils veulent ensuite commencer les hostilités 24 heures
après la rupture de la négociation, je ne m'y oppose pas. Je tiens
donc à mon ultimatum. Tous mes ordres sont partis en conséquence et
demain je serai en campagne ; mais comme je veux toujours être
conciliant, s'ils admettent la neutralité de Breslau et qu'ils
veuillent déterminer l'armistice à un mois c'est-à-dire au
5 juillet, avec 15 jours ou même 6 jours pour
s'avertir, ce qui conduit dans le premier cas au 20 juillet, et
dans le second au 11 juillet, vous prendrez sur vous de signer
tout en déclarant que c'est hors de vos instructions afin que si ce
n'était pas ratifié vous ne puissiez pas être accusé de mauvaise
foi.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">S'ils accordaient
l'armistice au 20 juillet avec 6 jours de délai pour le
renouvellement des hostilités, ce qui porterait le dernier terme au
26 juillet, vous pourriez prendre sur vous de modifier l'article
de Breslau et dire qu'aucun corps d'armée ennemi ne l'occupera,
qu'on n'y lèvera aucun landwehr ni landsturm, qu'on n'y fera aucune
fortification ; enfin qu'on y placera au plus une garnison de 3 ou
4 bataillons prussiens pour y maintenir le bon ordre.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans ce cas afin de
nous éloigner le plus possible, vous aurez soin de porter la ligne
de neutralité à la rivière qui passe à Lissa et non à Neumarkt.
En signant, vous aurez soin de déclarer que vous outrepassez vos
pouvoirs et vos instructions mais qu'au surplus vous supposez que je
ne voudrais pas vous compromettre. Si enfin, l'ennemi tient
obstinément à son système et ne modifie en rien ses propositions,
vous partirez.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Puisque je vous donne
une latitude de modification, il faut que vous compreniez mon idée.
J'attache de l'importance à ce que la ligne de neutralité nous
sépare bien des Russes et des Prussiens, telle par exemple que la
rivière qui passe à Lissa. Et pour Breslau à ce qu'il y ait un
article qui fasse bien connaître que je l'ai cédée avec des
restrictions et qu'ainsi cette grande ville n'appartienne pas tout
entière à l'ennemi. L'obligation de n'y pas tenir de corps d'armée,
de n'y mettre qu'une garnison de 3 ou 4 bataillons, de n'y
pas faire de levée de landwehr ni de landsturm et autres conditions
analogues, remplira le but.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Toutefois si vous
convenez de ces termes ce sera pour moi une grande peine que de voir
Breslau cédée.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">L'armistice peut avoir
quelques avantages, mais il a aussi bien des inconvénients pour
moi<sup>[^3]</sup>.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">D'ailleurs comme je
suis résolu à marcher sur Schweidnitz demain et après, cette
bataille, si j'étais vainqueur, les obligerait à quitter la
Silésie.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ne devez pas
manquer de dire qu'en fixant 40 jours […].<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><br/>
<br/>
</h3>
[^1]: Ferdinand von Schill, major prussien, qui tenta de soulever l’Allemagne contre Napoléon.
[^2]: Voir lettre CG13-34424.
[^3]: Depuis plusieurs semaines, le double jeu autrichien inquiète l’empereur et il pense ne pas être en mesure de les affronter si ceux-ci lui déclarent la guerre. Napoléon veut aussi gagner du temps pour permettre à son armée de se reposer son armée et pouvoir reconstituer sa cavalerie. Depuis le début de la campagne, toutes ses victoires sont loin d’être décisives à cause de son incapacité à poursuivre rapidement l’ennemi. Pour toutes ces raisons, il consent à discuter avec les Russes et souhaite conclure au plus vite avec les belligérants sans que Vienne n’ait pu faire valoir son point de vue. Entre Autrichiens et Russes, les discussions sont en effet très avancées et la cour de Vienne est décidée à la guerre. Les Alliés sont cependant favorables à une suspension d’armes, le temps d’acheminer des renforts sur le front et de mieux se coordonner militairement avec l’Autriche. Les discussions avec Napoléon ne sont donc destinées qu’à le duper.
[^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 900, juin 1813, n° 17. Note sur la minute : « Cette lettre n’est pas partie. »</body> |
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