| identifiant | CG13-34404.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/06/02 00:00 |
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| titre | Napoléon à Eugène, vice-roi d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34404. - </b><span style="font-variant: normal">À
Eugène, vice-roi d’Italie</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Neumarkt, 2 juin 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon fils, je vous ai
envoyé hier un courrier extraordinaire. Je vous en envoie un second
aujourd'hui, et je vous en enverrai un troisième dès que
l'armistice sera signé.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne dois pas vous
dissimuler que ce qui me porte à arrêter le cours de mes victoires,
ce sont les armements de l'Autriche et le désir de gagner du temps
pour que votre armée puisse être campée à Laybach, et avoir deux
armées, l'une campée sur la Regnitz et l'autre au camp de Pirna.
L'insolence de l'Autriche n'a pas de terme : avec un style
mielleux, je dirais même sentimental, elle voudrait m'ôter la
Dalmatie, l'Istrie et peut-être même plus que jusqu'à l'Isonzo ;
elle voudrait démembrer la frontière de Bavière, reprendre la rive
gauche de l'Inn, recouvrer la partie de la Galicie qu'elle a cédée
par la paix de Vienne. Ce sont des insensés, et ils sont bien loin
de leur compte. Il est impossible d'être plus perfide que cette
cour. Si on lui cédait ce qu'elle demande maintenant, elle voudrait
ensuite l'Italie et l'Allemagne. Certainement elle n'aura rien de
moi<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Après la signature de
l'armistice, je porterai mon quartier général à Glogau ;
immédiatement ensuite je me rapprocherai, de ma personne, de Dresde
pour être plus à la portée de mes États d'Italie et de France. Il
sera alors convenable d'établir une estafette par Vérone, de Milan
à Dresde, pour que vous puissiez communiquer avec moi et recevoir
mes ordres avec la plus grande promptitude. J'espère que l'armistice
se tiendra jusqu'au 1<sup>er </sup>août, et j'espère aussi
que, dans les premiers jours de juillet, vous pourrez être campé à
Laybach avec 50 000 hommes et cent pièces d'artillerie.
Cela est nécessaire pour influer sur les négociations, si toutefois
elles doivent aller à bien, ce dont je doute ; mais ce qui ne sera
possible que moyennant la position de votre armée menaçant de
marcher sur Vienne, et la position de l'armée de Mayence sur la
Regnitz et au camp de Pirna, que je compte aller reconnaître
moi-même. Lorsque l'Autriche verra ainsi trois armées prêtes à
lui être opposées, elle commencera à ouvrir les yeux sur la folie
et le ridicule de ses prétentions.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: Depuis plusieurs semaines, le double jeu autrichien inquiète l’empereur et il pense ne pas être en mesure de les affronter si ceux-ci lui déclarent la guerre. Aussi, Napoléon souhaite-t-il gagner du temps pour permettre à son armée de se reposer et également de pouvoir reconstituer sa cavalerie. Voir lettre CG13-34343, 34403.
[^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 20071, d'après la copie communiquée par la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 900, juin 1813, n° 15). Extrait [catalogue de vente], <i>L’Autographe S. A., </i>cat. n° 38, Genève, n° 196.</body> |
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