CG13-34343.md

identifiantCG13-34343.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/05/26 00:00
titreNapoléon au général Caulaincourt, grand maréchal du Palais
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34343. - </b><span style="font-variant: normal">Au général Caulaincourt, grand maréchal du Palais</span><sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Bunzlau, 26 mai 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Vicence se rendra, à onze heures, au village de Neudorf. Il aura une copie certifiée par lui de la lettre close du 18 mai, et il la remettra aux plénipotentiaires de l’ennemi. Il sera en même temps muni de la copie des pleins pouvoirs donnés par le général Barclay de Tolly<sup>[^2]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Vicence remarquera que nous ne sommes pas d’accord sur la question principale, qu’ils ne veulent pas de congrès et qu’ils veulent continuer la guerre, dans l’espérance d’entraîner l’Autriche en la chargeant de prononcer une sentence, chose inconvenante et absurde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ce n’est pas le cas de faire sentir cette inconvenance et cette absurdité, et de contester ; il faut, avant tout, que le duc de Vicence remette une copie de la lettre close qui renferme ses pouvoirs, et que les plénipotentiaires de l’ennemi la prennent.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’armistice doit être motivé par un préambule sur la réunion du congrès, à peu près en ces termes : « Leurs Majestés, etc., voulant entamer des négociations pour parvenir à une paix définitive, ont résolu de réunir à cet effet leurs plénipotentiaires en un congrès, et, en attendant, de faire cesser le plus tôt possible les hostilités entre les armées respectives, etc. »</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les plénipotentiaires doivent être prévenus contre ce préambule. Ils en présenteront probablement un dans le sens de leurs pleins pouvoirs. Le duc de Vicence s’y opposera, en faisant entendre que la paix est un problème indéterminé qui ne peut être décidé par personne, et qui doit être négocié. Il proposera alors un autre préambule dans ces termes :</p><p style="margin-bottom: 0cm">« Leurs Majestés, etc., voulant aviser au moyen de faire cesser la guerre malheureusement allumée entre elles, sont convenues à cet effet d’une suspension d’armes, etc. »</p><p style="margin-bottom: 0cm">Par cette rédaction, la question du congrès est éludée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est important qu’avant d’entamer la discussion d’aucune condition, le préambule soit arrêté, afin que, si l’on rompait sur les conditions de l’armistice, on sache si les plénipotentiaires étaient préparés sur la question du préambule, ainsi qu’on peut le prévoir d’après les pleins pouvoirs qui leur ont été remis par le général Barclay de Tolly.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Vicence pourra dire que l’Autriche a consenti au congrès. Cette matière épuisée, on en viendra aux conditions de l’armistice. 1<sup>o</sup> Nous prendrons pour limites la rive gauche de l’Oder, que nous avons déjà, et la ligne de démarcation que nous avions en Silésie pendant la campagne dernière, que nous avons dépassée et sur laquelle nous ne ferons pas difficulté de revenir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">2<sup>o</sup> Quant à Dantzig, Modlin et Zamosc, aucune de ces places ne sera assiégée ; aucun ouvrage ne sera fait à portée du canon, et les armées ennemies se chargeront de fournir aux garnisons les vivres à raison de leur consommation, et ce, tous les cinq jours.</p><p style="margin-bottom: 0cm">3<sup>o</sup> Un courrier pourra partir tous les huit jours pour porter des nouvelles aux garnisons et en rapporter.</p><p style="margin-bottom: 0cm">4<sup>o</sup> Quant à la durée de l’armistice, une condition essentielle est qu’elle soit étendue à tout le temps des négociations.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si les plénipotentiaires ennemis n’y consentent pas, on pourra borner la durée de l’armistice à trois mois, c’est-à-dire jusqu’au 1<sup>er</sup> septembre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Enfin, après avoir insisté fortement, on pourra consentir à réduire l’armistice à deux mois, à condition que l’on se préviendra quinze jours d’avance ; c’est-à-dire que si, à l’expiration de l’armistice, il n’est pas prorogé, on aura quinze jours avant la reprise des hostilités. Un armistice qui pourrait être rompu au bout de quinze jours serait tout à l’avantage de l’ennemi, à qui quinze jours suffiraient pour remettre son armée en ligne ; tandis qu’un armistice qui serait moindre de deux mois et demi ne servirait en rien à l’Empereur, qui n’aurait pas le temps de rétablir sa cavalerie.</p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps"> Le ministre des relations extérieures, Duc de Bassano.</p> [^1]: Il est nommé le 25 mai suite à la mort de Duroc. [^2]: Relevé de son commandement après la défaite de Bautzen, le général Wittgenstein est remplacé par Barclay de Tolly. </body>