CG13-34327.md

identifiantCG13-34327.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/05/25 00:00
titreNapoléon au général Durosnel, gouverneur de Dresde
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34327. - </b><span style="font-variant: normal">Au général Durosnel, gouverneur de Dresde</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Gœrlitz, 25 mai 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Durosnel, votre lettre au major général me fait voir qu'on a quelques inquiétudes à Dresde. Je suppose qu'à l'heure qu'il est, elles sont dissipées. Le duc de Reggio doit être aujourd'hui à Hoyerswerda, marchant sur Berlin. Je me rends moi-même à Bunzlau, et je serai bientôt à Glogau et Francfort de sorte que Berlin sera tourné. J'ai donné l'ordre au général Beaumont avec l'infanterie, cavalerie et artillerie sous ses ordres, de joindre le duc de Reggio. Si cependant contre mon attente, les inquiétudes continuaient et étaient fondées, vous pourriez garder à Dresde les troupes qui y arrivent, infanterie, cavalerie et artillerie. Le général de division Laborde ne doit pas tarder à arriver avec les 4e et 5e de voltigeurs et un régiment de flanqueurs ; ce qui avec les 2 bataillons de flanqueurs qui sont déjà à Dresde fera 8 bataillons. Les 9<sup>e</sup>, 10<sup>e</sup>, 11<sup>e</sup> et 12<sup>e</sup> de voltigeurs les suivront. Le duc d'Otrante arrivera incessamment à Dresde. Il y attendra mes ordres ; mais il n'y a pas d'inconvénient à ce que mon ministre le présente au Roi et à la Cour. Ne recevez rien des Saxons, ni pour la table, ni pour aucun autre objet. Mettez-vous cependant sur un ton décent, et ayez une table convenable. Je couvrirai les dépenses extraordinaires que vous seriez obligé de faire.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La poste de Bohême continue sans doute à arriver. Entendez-vous avec les ministres pour en retirer les lettres qui peuvent donner des renseignements sur l'armée et tout ce qui se passe en Autriche. Faites travailler avec la plus grande activité aux ouvrages de la ville neuve, et qu'au premier juin tous les bastions soient armés chacun de 6 pièces de 12, de 6, ou obusiers. L'artillerie nécessaire sera tirée de Torgau et de Kœnigstein. Veillez sur les dépôts de cavalerie à Dresde et à Leipzig et sur les places de Torgau et de Wittenberg. Donnez un peu d'énergie au ministre de l'Intérieur pour qu'il organise une garde de police pour repousser les partisans, en sonnant le tocsin et en leur courant sus, surtout sur la rive gauche, et sur les points si éloignés de l'armée que les postes ennemis ne doivent pas y renaître.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Indépendamment de votre correspondance avec le major général, je désire que vous m'écriviez tous les jours pour me rendre compte de tout ce qui se passe. Tenez la main à ce que les postes soient bien assurés ; et qu'il y ait des gendarmes saxons partout, pour arrêter les traîneurs et les ramener. Bautzen, Gœrlitz et les deux stations intermédiaires doivent être mises à l'abri d'un coup de main.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Enfin, vous prendrez toutes les mesures nécessaires pour avoir 10 à 15 000 quintaux de farine à Dresde, afin de pouvoir, en tout cas, subvenir au besoin de l'armée. Faites achever la manutention de 12 fours.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J'ai ordonné qu'on travaillât avec activité aux travaux de Wittenberg, et que des fonds fussent envoyés au commandant du génie de cette place. Écrivez-en au général La Poype. Il faut qu'il y ait au moins 4 000 ouvriers tous les jours, pour fortifier cette place d'une manière permanente.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ayez une correspondance avec le commandant d'Erfurt pour connaître ce qui vous vient. Il faut que les détachements marchent en ordre ; puisqu'on m'assure que des partisans ont pris du côté de Iéna 30 cuirassiers qu'ils ont surpris dans un village.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Concertez-vous avec l'aide de camp du roi, Gersdorf, pour qu'il recomplète le contingent saxon et qu'il réorganise la cavalerie et l'artillerie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si les communications venaient à être interrompues, écrivez-moi toujours en remettant vos dépêches à des gens du pays qui éviteraient les cosaques. Je suppose que le major général vous a remis un chiffre. Si pour une raison quelconque vous étiez 24 heures à Dresde sans voir passer d'estafette de l'armée, vous écririez à Paris, afin qu'on y soit sans inquiétude. Faites suivre le mouvement du duc de Reggio sur Berlin, afin de m'instruire de sa marche.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 400 AP 140 (minute, Archives nationales, AF IV 899, mai 1813, n° 231).<i> </i>[<i>C </i>20043]</body>