CG13-34230.md

identifiantCG13-34230.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/05/13 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34230. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Dresde, 13 mai 1813, au soir<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, l’État-major général vous a fait connaître mes intentions. Le général Sebastiani doit avoir 3 000 hommes de cavalerie ; la 1<sup>re</sup> et la 4<sup>e</sup> division du duc de Bellune doivent former au moins 12 000 hommes ; la division Pacthod, qui appartient au général Lauriston, et qui est en ce moment avec le duc de Bellune, est au moins de 7 000 hommes : le duc de Bellune a donc environ 25 000 hommes sous ses ordres. Je lui ai fait donner ordre de se diriger sur Wittenberg, où il sera le 15 au matin, et là de prendre vos ordres pour son mouvement sur Luckau. Il pourra s’y tenir à portée de former votre avant-garde, si je vous ordonne de vous rendre par un à-gauche sur Berlin, ou de vous rejoindre sur Luckau, si cela devient nécessaire. Le général Reynier doit avoir 12 000 hommes ; tenez-le de préférence sur votre gauche.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ignore vos forces ; mais je suppose que vos cinq divisions, votre cavalerie et votre artillerie font environ 30 000 hommes ; le général Lauriston, ayant réuni tout son corps, à l’exception de la division Pacthod, doit avoir, avec son artillerie, environ 25 000 hommes : vous avez donc dans la main une armée de près de 100 000 hommes, dont 6 000 hommes de cavalerie environ. Le major général vous a écrit que je désirais que vous vous portassiez sur Luckau, où vous serez à vingt-deux lieues de Dresde et à vingt et une lieues de Berlin, mais en assurant toujours bien vos communications avec Torgau, et que le général Lauriston fût demain ou après à Dobrilugk.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc de Tarente est à Bischofswerda, où il a eu une affaire assez vive avec l’ennemi et a fait 1 000 prisonniers<sup>[^2]</sup> ; le général Bertrand est à Kœnigsbrück ; le duc de Reggio et le duc de Raguse sont en seconde ligne sur ces deux routes ; la Garde est encore à Dresde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je commence à avoir de la cavalerie. J’ai organisé au général La Tour-Maubourg, dans ses quatre divisions, environ 12 000 hommes ; la cavalerie de la Garde est de 4 000 chevaux et attend de nombreux renforts à chaque instant.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne vois pas encore bien ce qu’ont fait les Prussiens ; il est certain que les Russes se retirent sur Breslau ; mais les Prussiens se retirent-ils sur Breslau, comme on le prétend, ou se sont-ils jetés sur Berlin, comme cela paraît naturel, pour couvrir leur capitale ? C’est ce que les renseignements que j’attends cette nuit du général Bertrand, et ceux que je recevrai probablement de l’autre côté, m’apprendront parfaitement. Vous sentez qu’avec des forces aussi considérables que celles que vous commandez, ce n’est point le cas de rester en repos. Dégager Glogau, occuper Berlin, pour mettre le prince d’Eckmühl en état de réoccuper Hambourg et de s’avancer avec ses cinq divisions en Poméranie, m’emparer de Breslau, voilà les trois buts importants que je me propose et que je voudrais remplir tous trois dans le mois. Par la position que je vous fais prendre, nous nous trouverons toujours réunis, pouvant nous porter sur la droite ou sur la gauche, et avec le plus de masses possibles, selon les renseignements.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La tête de la cavalerie saxonne est arrivée aujourd’hui. Ce sont 3 000 bons chevaux que je réunis au général La Tour-Maubourg et qui nous font un grand bien.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le roi de Saxe a fait hier une entrée triomphante à Dresde ; il dîne aujourd’hui avec moi.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Profitez des gens du pays pour m’écrire souvent et promettez de fortes récompenses pour ceux qui vous rapporteront promptement réponse.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Note sur la minute : « Expédiée le 14 à 4h. du matin par l’aide de camp d’Albe. » [^2]: Voir lettre CG13-34218. [^3]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 92 (minute, Archives nationales, AF IV 899, mai 1813, n° 147).<i> </i>[<i>C </i>20006]</body>