CG13-34119.md

identifiantCG13-34119.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/05/04 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34119. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Pegau, 4 mai 1813, 4 h. du matin</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, le major général<sup>[^1]</sup> vous fera connaître mes intentions pour les mouvements d’aujourd’hui. S’il n’y a pas d’inconvénient, je désire que vous vous rendiez à Leipzig : faites-y la plus belle entrée qu’il sera possible, et employez là votre temps à me donner des renseignements de toute espèce. Passez la revue de votre corps ; proposez-moi de nommer aux places vacantes pour bien remettre en état ce qui serait désorganisé, et surtout l’artillerie, qu’il ne faut diminuer d’aucune pièce. S’il y a des chevaux tués, on peut s’en procurer d’autres facilement dans le pays où l’on est : il faut que vous ayez le même nombre de pièces que vous aviez avant la bataille.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Reynier commande le 7<sup>e</sup> corps, composé de Saxons et de la division Durutte ; il se trouve à Merseburg : je le mets sous vos ordres. Je lui donne ordre de se rendre demain à Leipzig, si toutefois il est certain que la colonne ennemie qui avait marché sur Halle l’ait évacué, ce dont je ne doute pas. La division Durutte est forte de 3 000 hommes. Je désire également que le duc de Bellune, qui est à Bernbourg, vous rejoigne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon intention est de me porter aujourd’hui à Borna pour suivre vivement l’ennemi. Là, je me déciderai peut-être à me porter sur Dresde ; mais dans ce cas je vous laisserai sur ma gauche, pour vous porter sur Wittenberg, après avoir débloqué Torgau et mis le général Reynier à la tête de son 7<sup>e </sup>corps. Je suppose qu’il pourra former là une division de 6 à 7 000 Saxons, ce qui lui fera 10 000 hommes. Je voudrais, à Wittenberg, réunir à vous le général Sebastiani, qui a 14 000 hommes, dont 4 000 de cavalerie ; ce qui ne laisserait pas de faire à Wittenberg une très belle armée. Cela me permettrait, selon les renseignements ultérieurs que je recevrais, ou de m’en tenir à l’Elbe, ou de déboucher par Wittenberg et de me porter immédiatement sur Berlin. Mais je ne puis pas encore fixer mes idées sur cela, parce que je ne connais pas exactement la situation de votre corps ; faites-moi-la bien connaître. Vous êtes celui qui avez le plus souffert. Je vous prie de donner ordre aussi qu’on ramasse les fusils sur le champ de bataille.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On m’assure que l’ennemi n’a laissé près de Wittenberg que le général Kleist avec 3 ou 4 000 hommes, une petite colonne qui a marché sur Halle et peu de monde à Dessau. Aussitôt que vous serez arrivé à Leipzig, si vous apprenez que le chemin soit libre de Leipzig à Bernbourg, où est le duc de Bellune, donnez-lui ordre de se tenir prêt à vous rejoindre. Je vous prie de m’envoyer de Leipzig des renseignements sur ce qui se passe à Magdebourg, Wittenberg et Torgau. Le général Reynier peut envoyer un officier saxon à Torgau pour y faire connaître le résultat de la bataille, et qu’il vient prendre le commandement du corps.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Louis-Alexandre Berthier. [^2]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 92 (minute, Archives nationales, AF IV 899, mai 1813, n° 40).<i> </i>[<i>C </i>19956]</body>