CG13-34071.md

identifiantCG13-34071.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/05/01 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, archichancelier de l’Empire
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34071. - </b><span style="font-variant: normal">À Cambacérès, archichancelier de l’Empire</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Lützen, 1<sup>er</sup> mai 1813, huit heures du soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, j’ai porté aujourd’hui mon quartier général à Lützen. L’ennemi voulait nous empêcher de déboucher dans les plaines de Lützen ; il y avait réuni une nombreuse cavalerie. Notre infanterie, soutenue par beaucoup d’artillerie, l’a repoussé pendant l’espace de quatre lieues. L’ennemi, ayant peu d’artillerie, nous a fait peu de mal ; nous lui en avons fait beaucoup<sup>[^1]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le premier coup de canon de cette journée nous a causé une perte sensible : le duc d’Istrie a été frappé d’un boulet au travers du corps et est tombé raide mort<sup>[^2]</sup>. Nos morts, dans cette journée, se montent à vingt-cinq. Je vous écris en toute hâte pour que vous en préveniez l’Impératrice, et que vous le fassiez savoir à sa femme<sup>[^3]</sup>, pour éviter qu’elle ne l’apprenne par les journaux. Faites comprendre à l’Impératrice que le duc d’Istrie était fort loin de moi quand il a été tué.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je me dépêche de vous envoyer cette estafette ; je vous en enverrai une autre demain matin avec les détails de cette journée ; mais, je vous le répète, nous n’avons eu que 25 hommes tués, et point d’officier de marque, autre que le maréchal, n’a été touché.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On vous a envoyé ce matin une notice sur la situation de l’armée, que l’on a datée du 2 mai ; si elle n’était pas imprimée, faites-la supprimer.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3> [^1]: <span></span> Le 1<sup>er</sup> mai au matin, le corps de Ney, au centre du dispositif d’attaque de Napoléon, quitte Weissenfels en direction de Leipzig dans l’espoir de contraindre les Russes à accepter une bataille. Dès la sortie de la ville, il se heurte aux forces russes de Wittgenstein positionnées sur les hauteurs de Poserna qui avaient pour ordre d’attaquer prochainement les Français. Le plan allié vise à surprendre les colonnes françaises avant qu’elles ne puissent se réunir. À neuf heures du matin, l’empereur ordonne à l’avant-garde du 3<sup>e</sup> corps de Ney d’attaquer la position russe. À découvert dans la plaine de Lützen, les troupes du prince de la Moskova subissent de furieuses charges de la cavalerie alliée, néanmoins toutes repoussées. À la fin de la journée, le corps de Ney, maître du terrain, n’est plus qu’à quelques lieues de Leipzig. [^2]: Ayant voulu suivre Napoléon aux avants postes, le maréchal est atteint par un boulet tandis que détaché sur la droite, il observe le mouvement de l’ennemi. [^3]: Marie Jeanne Lapeyrière, femme du maréchal Bessières depuis 1801. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19941, d’après la copie communiquée par le duc de Cambacérès (minute, Archives nationales, AF IV 899, mai 1813, n° 20). Extrait [catalogue de vente], Jacques Arnna expert, <i>Bulletin de lettres autographes et de documents historiques</i>, Paris, 1938, p. 20, n° 65. La lettre est repassée en vente en 1952 ([catalogue de vente], Jacques Arnna expert, <i>Pages de l’épopée impériale, recueillies par André de Coppet</i>, Tours, 1952, p. 211, n° 270). </body>