| identifiant | CG1-2200.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/11/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à Haller, administrateur des finances de l’armée d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2200. - </b>À Haller, administrateur des finances de l’armée d’Italie</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 19 brumaire an VI [9
novembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Les 24 600 livres que vous avez envoyées de Milan
le 30 vendémiaire, jointes aux 242 000 livres qu’a fournies le
Brescian, ont servi à faire la solde de toute l’armée jusqu’au
1<sup>er</sup> vendémiaire, hormis les divisions Masséna et Dumas.</p><p>Les 186 000 livres qui sont parties serviront à
solder les divisions Masséna et Dumas jusqu’au 1<sup>er</sup>
vendémiaire, et l’on peut calculer qu’il restera 90 000 livres,
ce qui, joint aux 300 000 livres que vous avez fait partir le [...][^1]
formeront la somme de 390 000 livres, qui serviront à solder les
officiers pour fructidor.</p><p>Vous ferez partir demain 350 000 livres, qui
achèveront de solder les appointements des officiers pour tout
fructidor.</p><p>Les 450 000 livres que vous ferez partir le 25,
jointes à une pareille somme que vous ferez partir le 30, assureront
la solde de l’armée pour les deux premières décades de
vendémiaire.</p><p>Ainsi je compte qu’au 2 ou 3 frimaire l’armée
aura touché sa solde jusqu’au 20 vendémiaire, et qu’il ne lui
sera plus dû que quatre décades.</p><p>À peu près la moitié de l’armée passera à
Milan, le 20 frimaire, pour se rendre en France, destinée à être
le fond de l’armée d’Angleterre. Il est indispensable qu’en
passant à Milan vous lui donniez sa solde pour la dernière décade
de vendémiaire, pour les trois décades de brumaire et pour deux
décades de frimaire.</p><p>Il faudrait donc, en évaluant 300 000 livres par
décade, 1 800 000 livres, plus vendémiaire, brumaire et frimaire
pour les officiers, vu que, devant faire une grande route, il faut
qu’ils touchent leurs appointements ; en calculant sur 300 000
livres par mois, cela ferait 900 000 livres. En tout, 3 000 000[^2].</p><p>Ajoutez-y la valeur de cinquante mille paires de
souliers à acheter à Lyon, à Chalon et à Paris.</p><p>Cela ferait donc 3 200 000 livres qu’il faudrait
que vous versassiez dans la caisse du payeur destiné à l’expédition
d’Angleterre.</p><p>Il faudrait que la moitié de cette somme se
trouvât du 1<sup>er</sup> au 10 frimaire, et la seconde partie du 10
au 20. Il serait indispensable également que vous pussiez faire,
dans ladite caisse, un fonds de 300 000 livres à ma disposition,
pour le commencement des dépenses secrètes et extraordinaires de
l’expédition d’Angleterre.</p><p>J’ai nommé le citoyen Estève, préposé du
payeur, pour remplir les fonctions de payeur de la partie des
divisions de l’armée d’Italie qui vont composer l’armée
d’Angleterre.</p><p>Au 10 frimaire, la partie de l’armée qui
restera en Italie se trouvera arriérée de cinq décades. Il sera
indispensable que vous puissiez, au 10 frimaire, fournir 400 000
livres pour solder la décade de vendémiaire à ce restant de
l’armée, ainsi que 300 000 livres pour un mois d’appointements
des officiers ; après quoi, dans le courant de frimaire, il faudra
trouver des moyens de payer l’armée jusqu’au moment où cette
partie de l’armée sera à la disposition de la République
cisalpine.</p><p>Je sais que ces besoins, extrêmement
considérables, dépassent de beaucoup nos ressources, et qu’il
faudra votre talent, votre crédit, votre activité et votre zèle
pour pouvoir subvenir à ces besoins, qui sont indispensables pour la
réussite de notre opération.</p><p>La Mezzola, tous les biens du couvent de
Saint-Benoît, et en général tout ce que vous vous êtes réservé,
qui se trouve dans l’enceinte de la République cisalpine,
formeront une masse de biens de six ou sept millions, sur laquelle il
est indispensable que vous cherchiez sur-le-champ à avoir de
l’argent.</p><p>Les biens du Collège germanique, ce qui nous
reste dû de l’abonnement de la Cisalpine, de Brescia, de Rome et
de Gênes, joint au prix de la vente des approvisionnements de siège
qui sont dans les places de la République cisalpine, ainsi que des
canons que vous pourrez sur-le-champ vendre à cette République,
vous fourniront une ressource réelle.</p><p>Je ferai accepter, comme vous me l’avez proposé,
au grand-duc de Toscane, deux millions de lettres de change de la
Cisalpine.</p><p>Je désirerais que les six plus riches maisons de
Venise acceptassent pour 500 000 livres de lettres de change, que
l’on en fît accepter pour 300 000 livres à chaque maison de
Brescia et de Milan, de Bologne, de Ferrare, Modène et Mantoue, ce
qui pourrait vous former encore deux millions.</p><p>Au reste, c’est à vous à prendre toutes les
mesures les plus promptes pour nous faire trouver des ressources,
bien précieuses dans ce moment-ci.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Date non mentionnée.
[^2]: Compter tout frimaire aux soldats comme aux officiers pour arriver à
ce total.
[^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2337, d’après la
Collection Napoléon.</body> |
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