| identifiant | CG13-34004.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/04/24 00:00 |
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| titre | Napoléon à Frédéric Ier, roi de Wurtemberg |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 34004. - </b>À Frédéric Ier, roi de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mayence, 24 avril 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, je
reçois la lettre de Votre Majesté du 23 avril. Je la remercie
des renseignements qu’elle me donne sur Torgau. Si la nouvelle est
sûre, je suis surpris que le roi de Saxe ne me l’ait pas fait
connaître ; mais il paraît qu’il y a beaucoup d’intrigues
auprès de ce respectable souverain. Je renvoie ce courrier à Votre
Majesté pour qu’elle puisse m’instruire des premières nouvelles
qu’elle recevra, soit de l’ennemi, soit de la Saxe, soit de
l’Autriche. Je prie Votre Majesté de me faire connaître ce qu’en
dernière analyse elle pense des dispositions de l’Autriche<sup>[^1]</sup>.
Le prince Schwarzenberg m’a apporté les assurances les plus
positives, et l’empereur écrit dans le même sens à
l’Impératrice<sup>[^2]</sup>.
J’ai demandé au prince de Schwarzenberg si le corps du général
Frimont<sup>[^3]</sup>,
qui est du côté de Cracovie, est sous mes ordres ; sur sa
réponse affirmative, je viens de prévenir le général autrichien
de se tenir prêt à dénoncer l’armistice lorsque je lui en
donnerai l’avis ; et, en effet, je lui en enverrai l’ordre
aussitôt que j’aurai passé la Saale<sup>[^4]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans les propositions
qu’a faites l’Autriche, elle n’a éprouvé aucun obstacle de ma
part ; mais le prince Schwarzenberg, qui a retardé longtemps
son départ pour attendre la réponse de l’empereur de Russie, m’a
assuré qu’il n’en était pas venu. Une proposition avait été
faite par l’Autriche de réunir un congrès à Prague, et j’y
avais adhéré de tout mon cœur ; mais il paraît que la Russie
n’a pas répondu.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Peut-être ne serait-il
pas hors de propos que Votre Majesté et le roi de Bavière fissent
quelques instances auprès de la cour de Saxe pour l’engager à
persister dans le système de la Confédération. Je n’en ai encore
fait rien dire à la Bavière, que l’on m’assure devoir être
très surprise du départ du roi de Saxe. J’attendrai de connaître
quelle est l’opinion de Votre Majesté là-dessus.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je pars ce soir pour
être demain à Erfurt.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les nouvelles du
vice-roi, qui est toujours la gauche à l’embouchure de la Saale et
la droite au Harz, sont que l’ennemi se dégarnit devant lui.
L’opinion de ce quartier général est que l’ennemi se rapproche
de ses ponts de Dessau. Toute mon armée, hormis une division de la
Garde, qui arrivera aujourd’hui à Francfort, et le 12<sup>e</sup>
corps, que commande le duc de Reggio, dont le quartier général sera
demain ou après à Bamberg, a passé les montagnes de la Thuringe.
Votre Majesté ne doit ajouter foi à aucune des nouvelles que l’on
fait courir en Allemagne ; et, tant que la guerre sera en deçà
de l’Elbe, elle peut être certaine que je la préviendrai
directement du moindre événement qui pourrait l’intéresser. Cela
intéresse trop sa tranquillité pour que je ne le fasse pas avec
plaisir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je me trouverais en
position de finir très promptement les affaires, si j’avais
15 000 hommes de plus de cavalerie ; mais je suis un
peu faible dans cette arme. Le premier but de mes opérations est de
jeter l’ennemi sur la droite de la Saale, après sur la droite de
la Mulde et même sur la droite de l’Elbe<sup>[^5]</sup>.
J’ai en mouvement plus de 30 000 hommes de cavalerie, qui
me rejoindront dans le courant de mai. Il y aura à Mayence, à la
fin de mai, soixante-quatre bataillons, formant quatre divisions sous
le titre de corps d’observation de Mayence ; ce corps sera
composé de conscrits des six années que je viens de lever et de
conscrits de 1814, placés dans d’excellents cadres venant
d’Espagne. Ils auront leur artillerie, leur cavalerie. J’aurai en
outre deux divisions de ma Garde, de quatorze bataillons chacune,
dont une à Wurtzbourg, où elle sera commandée par le général
Delaborde, et l’autre à Aschaffenbourg. J’aurai à la même
époque, réuni sur l’Adige, le corps d’observation de Vérone,
fort de quatre-vingts bataillons : mon intention est de laisser
ces troupes sur mes derrières pendant juin et juillet. J’annonce
ceci à Votre Majesté pour sa tranquillité.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tous les calculs
possibles me portent à penser que l’Autriche persistera dans son
système ou sera neutre ; mais, si elle se déclarait contre
moi, je me crois, au mois de juillet, délai qui lui serait
nécessaire à elle-même pour se préparer, en mesure de faire face
à cet accroissement de forces contre moi.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3>
[^1]: L’empereur s’inquiète de la neutralité autrichienne et commence même à envisager un retournement d’alliance. Voir lettre CG13-34001.
[^2]: L’empereur ignore que Metternich a déjà promis de rejoindre la coalition mais il sait désormais que les Autrichiens ont signé une convention avec les Russes pour éviter les hostilités avec eux, d’où le manque d’engagement des forces de Schwartzenberg. Sentant le soutien de Vienne se dérober, il tente de se prémunir contre un renversement.
[^3]: Frimont commande la cavalerie du corps autrichien de Schwarzenberg et remplace ce dernier depuis le mois de mars.
[^4]: Le 12, le chancelier Metternich a fait savoir à l’ambassadeur Narbonne que le corps autrichien ne respectera pas la convention de 1812 et ne se mêlera pas aux opérations militaires.
[^5]: <span></span> L’empereur est sur le point de terminer la concentration en Saxe de l’armée dite du Main, composée de la Garde (Bessières), du 3<sup>e</sup> corps (Ney), du 4<sup>e</sup> corps (Bertrand), du 6<sup>e</sup> corps (Marmont) et du 12<sup>e</sup> corps (Oudinot), et prépare sa réunion avec l’armée de l’Elbe commandée par le prince Eugène. Avec la réunion de ces deux armées, Napoléon disposera de près de 170 000 hommes et de 19 000 chevaux avec lesquels il pense surprendre l’ennemi avant Dresde pour le couper sa ligne de retraite tandis que celui-ci s’est trop avancé en avant de l’Elbe.
[^6]: <span></span> Expédition, Abteilung Hauptstaatsarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, Stuttgart, G 243, d. 60 (minute, Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 422).<i>
</i>[<i>C </i>19902]</body> |
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