CG13-33939.md

identifiantCG13-33939.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/04/19 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33939. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mayence, 19 avril 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je reçois votre lettre de Gotha le 17 à 6 heures du matin. Il est nécessaire que vous laissiez Gotha pour le duc de Raguse et le duc d’Istrie. Réunissez tout votre corps sur Erfurt et Weimar. Faites travailler sans délai à mettre en meilleur état la place d’Erfurt, non seulement la citadelle, mais aussi le pourtour de la ville. Le général Bertrand sera du 20 au 21 avec ses 1<sup>re</sup> et 4<sup>e</sup> divisions et un peu de cavalerie à Cobourg. Je lui ai mandé de réunir tous les Bavarois, qu’il faut laisser sous ses ordres, comme plus à portée de lui, sur les hauteurs d’Ebersdorff dominant la Saale et occupant Schleitz par des postes. J’ai ordonné au général Bertrand de faire occuper Saalfeld par une forte avant-garde d’infanterie et d’artillerie. Le général Marchand, aves les Badois et les Hessois et les Wurtembergeois, devrait se porter entre Erfurt et Saalfeld afin de bien couvrir les débouchés ; mais il faudrait ordonner qu’on fît enfin la guerre, que les troupes bivouaquassent sur les hauteurs et qu’on fît garder les ponts et les débouchés par des postes qui se palissaderaient ou se barricaderaient au moment même de leur arrivée. 2 compagnies d’équipages militaires du 6<sup>e</sup> bataillon, une batterie d’artillerie à cheval, vos batteries de réserve ainsi que le 4<sup>e</sup> escadron du 10<sup>e</sup> hussards sont partis et vous rejoignent par Fulda et Eisenach. Je vous recommande de choisir une belle position appuyée à Erfurt, de manière que la cavalerie ennemie ne puisse pas couper notre ligne d’avec Erfurt ; vous pourriez même y faire faire quelques flèches ou redoutes, puisque c’est là que votre corps, celui du duc de Raguse, la Garde, et le corps du général Bertrand pourraient se réunir pour recevoir une bataille générale<sup>[^1]</sup>. Faites des réquisitions tout autour de vous afin de ramasser à Erfurt le plus de vivres possible.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le vice-roi était le 16 la gauche appuyée sur l’Elbe à l’embouchure de la Saale ; le centre de Bernbourg, la droite au Hartz. Les nouvelles que je reçois de tous côtés tendent à me faire penser qu’il n’a passé sur la rive gauche de l’Elbe, que le corps de Wittgenstein, d’York, de Blücher et des partisans ; que tout cela n’est pas en état de nous tenir tête, mais que cette cavalerie peut nous inquiéter, ce qui rend nécessaire de prendre la ligne de la Saale et de s’emparer des débouchés de Iéna, de Saalfeld, Nauenbourg, Mersebourg et Halle, afin de contenir toute la cavalerie légère ennemie sur la droite de cette rivière et nous mettre en parfaite communication avec le vice-roi. Comme vous m’avez fait connaître que votre corps ne sera réuni que le 22, et que le général Bertrand ne sera à Cobourg que vers la même époque, ce n’est donc que le 23 ou le 24 qu’on pourra prendre des dispositions dans ce sens et avec d’autant plus de raison que je connaîtrais mieux les mouvements de l’ennemi.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span> L’empereur achève en Saxe la concentration de l’armée dite du Main, composée de la Garde (Bessières), du 3<sup>e</sup> corps (Ney), du 4<sup>e</sup> corps (Bertrand), et du 6<sup>e</sup> corps (Marmont), et prépare sa réunion avec l’armée de l’Elbe commandée par le prince Eugène. Avec la réunion de ces deux armées, Napoléon disposera de près de 170 000 hommes et de 19 000 chevaux avec lesquels il entend marcher sur Dresde pour couper l’ennemi de sa ligne de retraite tandis que celui-ci s’est avancé trop en avant de l’Elbe. [^2]: Copie communiquée par Albert Du Casse, S.H.D., Guerre, 17 C 92 (minute, Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 352).</body>