| identifiant | CG13-33922.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/04/19 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Bertrand, commandant le 4e corps de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33922. - </b><span style="font-variant: normal">Au
général Bertrand, commandant le 4e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mayence, 19 avril 1813<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte
Bertrand, je reçois votre lettre du 17 avril. Je suis fort
surpris de la conduite du général bavarois<sup>[^2]</sup>.
Donnez-lui de ma part des ordres par écrit de réunir tout son
corps, cavalerie et infanterie, soit ce qui est à Bamberg, soit ce
qui est à Bayreuth, et avec ses dix bataillons, son artillerie et sa
cavalerie, de se porter sur les hauteurs d’Ebersdorf, de manière à
prendre une position militaire qui domine la Saale, d’y faire
garder le pont de la Saale et occuper Schleiz par une avant-garde de
troupes légères, et de se mettre en communication avec vous sur
Saalfeld. Faites-lui connaître que vous vous rendrez à Cobourg, et
que vous pousserez sur-le-champ une forte avant-garde sur Saalfeld
pour établir cette communication. Faites-lui connaître que le
prince de la Moskova est arrivé avec son corps d’armée à Erfurt,
et le duc d’Istrie avec le duc de Raguse à Gotha. Menez avec vous
les Saxons, parce qu’en marchant isolés cela pourrait être
nuisible, au lieu qu’en les menant avec vous sur Cobourg ce sera
pour vous un renfort et cela aura toute espèce de bons résultats.</p><p style="margin-bottom: 0cm">À Erfurt, où je vous
ai dit qu’est arrivé le prince de la Moskova, on n’a jamais vu
d’infanterie ennemie<sup>[^3]</sup>.
Tout le corps d’armée de ce prince, composé de 60 000 hommes,
s’y réunit. Le corps du duc d’Istrie, qui a sous ses ordres le
duc de Raguse, est de plus de 50 000 hommes. Je ne sais pas
l’ordre que le prince de la Moskova a donné au général
Marchand : je suppose que, aussitôt que vous serez arrivé à
Cobourg, il se portera sur Gehren. Vous arriverez le 19 ou le
20 à Cobourg. Faites composer une bonne avant-garde de bons
marcheurs, sous les ordres d’un bon général de brigade, et
envoyez une reconnaissance sur Saalfeld. De Cobourg vous serez en
communication sur Erfurt. Vous tirerez des vivres de Hildburghausen
et de Cobourg ; il faut former un gros magasin. Faites que les
Bavarois n’arrivent à Ebersdorf qu’au moment où votre
avant-garde arrivera à Saalfeld. Le vice-roi était, le 16, la
gauche appuyée à l’Elbe à l’embouchure de la Saale, la droite
au Harz, le centre sur Bernbourg et sa réserve à Magdebourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Voici les
renseignements que je reçois tant du vice-roi que du prince de la
Moskova. L’ennemi n’a passé l’Elbe qu’avec le corps de
Wittgenstein qu’on peut évaluer à 10 000 hommes
d’infanterie, le corps de Wintzingerode qu’on peut évaluer à
6 000 hommes (ce qui fait 16 000 Russes), avec le
corps prussien du général York qui peut être calculé à
15 000 hommes, et le corps de Blücher d’égale force. Il
paraît donc que l’ennemi a 60 à 70 000 hommes,
infanterie, cavalerie et artillerie ; sur la rive gauche de
l’Elbe<sup>[^4]</sup>.
Il paraît que son grand quartier général n’avait pas encore
passé l’Oder, et que les troupes étaient employées à observer
les Autrichiens et à masquer les places de la Vistule et de l’Oder.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Écrivez au prince de
la Moskova et au général Marchand pour que celui-ci soit un
intermédiaire entre l’avant-garde sur Saalfeld et Erfurt. Le
prince de la Moskova doit avoir une division sur les hauteurs de
Weimar.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tenez-vous toujours
avec quatre jours de pain, afin que vous puissiez marcher, s’il le
fallait, pour soutenir le prince de la Moskova. Faites venir des
farines de Bamberg et de Hildburghausen ; faites-en faire à
Cobourg, et que vos troupes ne manquent de rien.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ne m’avez pas
rendu compte si le bataillon de marche qui était dans la citadelle
de Wurtzbourg a été incorporé dans vos différents régiments,
conformément aux ordres que j’avais donnés.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: La minute (Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 349) précise que la lettre est rédigée à 5 heures du matin.
[^2]: Raglovich.
[^3]: Depuis début avril, les troupes coalisées marquent une pause pour mieux consolider leurs forces et attendre des renforts prévus pour la fin du mois.
[^4]: L’empereur sous-estime ici les forces de l’adversaire, plus proche des 110 000 que de 70 000 hommes.
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19877, d’après l’original communiqué par le comte Bertrand (minute, Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 349). Extrait [catalogue de vente], J. Vidal-Mégret<i>, Archives
provenant du général comte Bertrand</i>, Drouot, 13 décembre 1982, p. 15, n° 62.</body> |
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