CG13-33906.md

identifiantCG13-33906.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/04/18 00:00
titreNapoléon à Frédéric Ier, roi de Wurtemberg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33906. - </b><span style="font-variant: normal">À Frédéric Ier, roi de Wurtemberg</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mayence, 18 avril 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, j’ai reçu la lettre de Votre Majesté en date du 14 avril. J’y vois avec plaisir que la division de Votre Majesté sera arrivée à Wurtzbourg. Le baron de Moustier m’a fait connaître que ce qui est porté dans l’état de situation des troupes wurtembergeoises comme troisième envoi va se mettre en marche. Je ne puis que remercier Votre Majesté de ce troisième envoi. J’attache beaucoup de prix à avoir les régiments de cavalerie n<sup>o </sup>2 et 4<sup>[^1]</sup>. Les Prussiens ont levé beaucoup de cavalerie bourgeoise dont les hommes montent mal à cheval, mais n’en inquiètent pas moins. D’après la dernière lettre du baron de Moustier, j’ai donc lieu d’espérer que la 2<sup>e</sup> brigade de cavalerie et la 3<sup>e</sup> d’infanterie seront arrivées avant le 25 à Wurtzbourg. Si Votre Majesté voulait me faire quelque chose d’agréable et dont je conserverais un bon souvenir dans les circonstances, qu’elle réunisse ses 5<sup>e</sup> et 6<sup>e</sup> régiments de cavalerie à Mergentheim du 20 au 25, et aussitôt que le général Bertrand sera à Cobourg et que les ennemis auront évacué Schleiz et Hof, qu’enfin il n’y aura plus aucune ombre de crainte pour les États de Votre Majesté, qu’elle m’envoie ces régiments en toute diligence. Votre Majesté doit considérer que j’ai une si grande quantité de cavalerie en marche de toutes les parties de la France, que 2 000 chevaux, qui me seront très précieux dans ce moment-ci, ne me seraient pas sensibles dans un mois. Ce qui me porte à accélérer mon mouvement, c’est le désir de protéger les États de Votre Majesté et la Bavière.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Que Votre Majesté soit sans inquiétude sur la suite des événements ; j’ai mis en mouvement des forces telles qu’elles seront doubles de ce que je n’ai jamais eu. Le vice-roi était, le 16, la gauche sur l’Elbe, à l’embouchure de la Saale, occupant Bernbourg, la droite appuyée aux montagnes du Harz, sa réserve à Magdebourg. Le général Vandamme est à Brèmes ; le prince d’Eckmühl est en avant de Celle. Dans ce moment, le duc d’Istrie, ayant sous ses ordres le duc de Raguse, est aux débouchés d’Eisenach avec 60 000 hommes. Le prince de la Moskova réunit, entre Erfurt et Meiningen, son corps d’armée, qui est de 70 000 hommes, en y comprenant les divisions du général Marchand. Le corps du général Bertrand était à Bamberg, et il va se porter sur Cobourg. Je vais donc déboucher moi-même sur l’ennemi avec près de 200 000 hommes, non compris les 100 000 que le vice-roi a dans les mains. L’ennemi n’a à Hof que 25 000 hommes et à Schleiz qu’un escadron. Je ne vois pas bien encore ce qu’il veut faire ; il n’a que de la cavalerie légère contre le vice-roi ; il n’a que de la cavalerie légère sur Erfurt ; on n’a pas appris qu’il ait de l’infanterie plus près que Leipzig : cela va s’éclaircir dans peu de jours.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La mesure qu’a prise Votre Majesté de réunir toutes ses troupes, outre celles de son contingent, sur Mergentheim, paraît très convenable. Il ne faut pas plus ajouter foi aux bruits que répand l’ennemi qu’à ses proclamations. S’il vient quelque chose à la connaissance de Votre Majesté, je la prie de m’en faire instruire sur-le-champ. Si Votre Majesté a l’intention de nommer un de ses fils pour commander sa division, je le mettrai alors sous les ordres directs d’un maréchal.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’ennemi avait eu, le 15 mars, le projet d’assiéger Glogau, et quelques pièces de siège avaient été avancées ; le 28, il a renoncé à ce projet, et les pièces ont été renvoyées dans les places de la Silésie. J’ai des nouvelles de toutes mes places, qui, jusqu’à ce moment, se maintiennent dans une bonne situation.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai ordonné que vingt-deux pièces de canon, formant 150 voitures, se dirigeassent de Strasbourg sur Stuttgart ; je prie Votre Majesté de les faire pousser jusqu’à Ulm, où le général Bertrand les fera prendre par les chevaux qu’il achète à Augsbourg. J’ai ordonné que les cinq cadres des 35<sup>e</sup> et 36<sup>e </sup>légers, 131<sup>e</sup>, 132<sup>e </sup>et 133<sup>e</sup> de ligne, se rendissent à Ulm par Wurtzbourg ; ils y recevront 4 000 hommes venant d’Italie pour les compléter, et de là ils rejoindront l’armée.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3> [^1]: Malgré les efforts du général Bourcier, la cavalerie perdue en Russie n’a pu être reconstitué. L’empereur espère une aide significative de ses alliés. Le manque de chevaux est récurrent pendant toute la campagne, ce qui compromet gravement l’efficacité des manœuvres françaises. [^2]: <span></span> Expédition, Abteilung Hauptstaatsarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, Stuttgart, G 243, dossier 60 (minute, Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 331).<i> </i>[<i>C </i>19873]</body>