CG13-33807.md

identifiantCG13-33807.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/04/12 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, commandant le 4e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33807. - </b><span style="font-variant: normal">Au général Bertrand, commandant le 4e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 12 avril 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le général Bertrand, vous aurez reçu le 12 les ordres que je vous ai expédiés le 8 pour porter votre quartier général à Bamberg. Je suppose que le 14, ou au plus tard le 15, vous y aurez été de votre personne avec vos 1<sup>re</sup> et 4<sup>e</sup> divisions, et que votre cavalerie qui est arrivée à Augsbourg le 10 y sera le 16 ou le 18.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le prince de la Moskova vous aura fait connaître que mon intention est de refuser ma droite et de laisser l’ennemi pénétrer sur Bayreuth, faisant un mouvement inverse de celui que j’ai fait dans la campagne d’Iéna, de sorte que si l’ennemi pénètre sur Bayreuth, je puisse arriver avant lui sur Dresde et le couper de la Prusse.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le duc d’Istrie, ayant sous ses ordres le duc de Raguse, 40 000 hommes d’infanterie et 10 000 hommes de cavalerie, se porte sur Eisenach, où il sera arrivé du 18 au 20. Le prince de la Moskova se porte sur Erfurt, où il sera également arrivé le 20. Il a sous ses ordres 60 000 hommes, y compris les alliés et quelques milliers de chevaux. Le prince de Neuchâtel est parti ce matin et sera le 14 à Mayence ; j’y serai de ma personne le 20. Le prince de la Moskova dirigera votre mouvement, mais, comme je suppose que votre cavalerie et vos deux divisions, avec l’artillerie qui leur est attachée, seront arrivées à Bamberg le 16, vous appuierez le mouvement du prince de la Moskova, en vous portant avec ces deux divisions et votre cavalerie sur Cobourg. Ce mouvement est le plus naturel, parce qu’il est le plus court, et que de Cobourg vous ne vous trouverez éloigné que de deux grandes journées de Meiningen, que de trois d’Erfurt et de trois d’Iéna, et qu’ainsi vous pourrez toujours manœuvrer sur la Saale. Ainsi donc, si les choses sont telles que le prince de la Moskova se porte sur Erfurt, votre position sur Cobourg vous placera sur sa droite, et de là vous pourrez vous porter, selon les circonstances, sur Iéna, sur Erfurt ou sur Meiningen. Ce qu’il est convenable de vous recommander, c’est de marcher serré, vos deux divisions réunies, votre artillerie placée convenablement, n’ayant pas de queue, bivouaquant tous les soirs dès que vous serez sortis de Bamberg, et ayant vos cartouches dans le sac. L’ennemi est bien loin de se douter des forces considérables qui vont se porter sur la Saale. Si nous étions assez heureux pour que l’ennemi fît réellement un gros mouvement sur Bayreuth, il serait bientôt rappelé sur l’Elbe.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous pourrez, comme je vous l’ai mandé, changer la ligne de vos 2<sup>e</sup> et 3<sup>e </sup>divisions, en les dirigeant sur Wurtzbourg. Au reste, je serai moi-même à Mayence et je pourrai diriger leur marche selon les circonstances. Faites donc en sorte que je trouve à Mayence des détails sur tout ce que vous faites.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La meilleure manière de faire bivouaquer vos divisions, c’est en carré, à moins qu’elles ne soient adossées à une rivière ou à quelque obstacle qui rende cette disposition inutile. Évitez les échauffourées de cavalerie ; surtout prenez des mesures pour que vos vivres soient assurés. Chargez tous vos caissons de farine, puisqu’ils en peuvent porter jusqu’à dix-huit quintaux, et qu’ils ne pourraient porter qu’un millier de rations de pain. Poussez l’arrivée de vos marins, pontonniers et constructeurs de fours, afin qu’ils vous rejoignent. Pressez aussi l’arrivée de vos outils du génie. Envoyez des officiers auprès du prince de la Moskova, auprès du général Marchand à Cobourg, s’il y est toujours, et à Schleiz auprès des Bavarois, pour savoir ce qui se passe. Kronach est armé et approvisionné et à l’abri d’un coup de main.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19852, d’après l’original communiqué par le comte Bertrand (minute, Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 258). Extrait [catalogue de vente], J. Vidal-Mégret<i>, Archives provenant du général comte Bertrand</i>, Drouot, 13 décembre 1982, p. 36, n° 56.</body>