CG13-33788.md

identifiantCG13-33788.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/04/10 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33788. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Ney, commandant le 3e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 10 avril 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, le maréchal duc d’Istrie part demain et sera rendu le 14 à Francfort. Le même jour, le prince de Neuchâtel sera rendu à Mayence. Je vous ai fait connaître mes intentions par ma lettre d’hier. Le major général<sup>[^1]</sup> vous écrit plus en détail. Vous verrez dans sa lettre que je donne ordre au duc d’Istrie de se réunir au duc de Raguse avec 10 000 hommes d’infanterie de la Garde, soixante pièces de canon et 6 000 chevaux, et de se porter sur Eisenach. Il commandera au duc de Raguse comme plus ancien que lui, mais il sera sous vos ordres par la même raison. Le duc d’Istrie n’a ordre que de prendre position sur Eisenach. Si je ne suis pas arrivé, c’est de vous qu’il recevra l’initiative de se porter sur Gotha, si vous vous portez sur Erfurt. Dans ce cas, faites converser<sup>[^2]</sup> sur votre droite la division Marchand avec les Bavarois et les alliés. En cas imprévu, vous commanderez aussi au général Bertrand, par le même principe. S’il n’y a pas d’inconvénient majeur, portez-vous sur Erfurt avec tout votre corps. Ordonnez au duc d’Istrie de se porter sur Gotha. Vous êtes même autorisé à faire venir toute la cavalerie du duc d’Istrie à votre hauteur, et lui donner votre cavalerie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai écrit, par mon officier d’ordonnance Lauriston, aux rois de Saxe et de Wurtemberg pour qu’ils dirigent tout ce qu’ils ont de cavalerie sur Wurtzbourg ; ce qui ferait une augmentation de 3 000 chevaux, qui, joints à ceux que vous avez et à la cavalerie de la Garde, pourraient faire 12 000 chevaux au camp d’Erfurt. Vous avez près de 60 000 hommes d’infanterie avec les alliés ; le duc d’Istrie vous en amène 40 000 ; cela ferait donc une armée de 100 000 hommes et 12 000 chevaux. Vous devez avoir cent trente bouches à feu avec l’artillerie des alliés ; le maréchal duc d’Istrie avec l’artillerie duc de Raguse en a 126 ; cela vous fera donc deux cent cinquante bouches à feu. Le général Bertrand a 4 000 hommes de cavalerie, 45 000 hommes d’infanterie et quatre-vingts bouches à feu. Ainsi la réunion de ces trois armées ferait 150 000 hommes d’infanterie, 16 000 de cavalerie et trois cent trente bouches à feu<sup>[^3]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au 1<sup>er</sup> mai, 10 000 hommes d’infanterie et 3 000 hommes de cavalerie avec quarante pièces de canon sous les ordres du duc de Trévise, seront réunis à Francfort.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous ai mandé qu’il fallait réunir les Bavarois et une seule division sur Schleiz, s’il est prudent qu’ils l’occupent ; sur Saalfeld, si déjà il est plus prudent qu’ils occupent Saalfeld ; ou enfin sur Cobourg, si Saalfeld même est trop avancé. Ils seront réunis au général Marchand, qui, sur votre droite, aurait ainsi un corps de 15 à 20 000 hommes. Ce corps me paraîtrait bien placé à Saalfeld, du moment que vous serez en avant d’Erfurt.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous savez combien peu il faut compter sur les alliés ; il est donc bien important de ne les exposer à aucun échec<sup>[^4]</sup>. Kronach étant armé et approvisionné, le principal est de serrer tout cela sur vous et d’être en masse. Aussitôt que vous aurez débouché sur Erfurt, il faut prendre le plus possible votre ligne d’opération sur Eisenach et Fulda, en abandonnant la ligne de Wurtzbourg, qui est trop à droite.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Le maréchal Berthier. [^2]: <span></span> Au XVII<sup>e</sup> : demeurer, vivre quelque part. [^3]: L’estimation faite par l’empereur est exacte. On est cependant loin des 300 000 hommes promis à certains généraux. Voir lettre CG13-33687. [^4]: Les Saxons ont laissé les Français seuls aux prises avec les Russes à Dresde le mois dernier (voir CG13-33565). [^5]: <span></span> Copie communiquée par Albert Du Casse, S.H.D., Guerre, 17 C 92 (minute, Archives nationales, AF IV 899, avril 1813, n° 221).<i> </i>[<i>C </i>19839]</body>