CG13-33501.md

identifiantCG13-33501.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/03/28 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie, commandant en chef la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33501. - </b><span style="font-variant: normal">À Eugène, vice-roi d’Italie, commandant en chef la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 28 mars 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon fils, je reçois votre lettre du 23. Vous pouvez prendre en avant de Magdebourg une ligne aussi étendue que vous voudrez, puisque, en appuyant votre droite en avant de Dessau, et votre gauche à l’embouchure du canal de Plauen, votre ligne n’aurait guère que quatorze lieues, et votre centre se trouverait alors à six lieues de Magdebourg ; en rapprochant votre centre à trois lieues de Magdebourg, la ligne qui suit l’Elbe en amont et en aval ne serait plus que de six à sept lieues. À moins que l’ennemi ne vienne se placer avec une forte armée vis-à-vis de vous, ce que je ne le crois pas en mesure de faire, vous occuperez un camp retranché, appuyé à l’Elbe, la gauche au canal de Plauen, et la droite en position en avant de Dessau. En établissant un va-et-vient sur l’un et l’autre de ces points, vous aurez une communication directe et rapide, indépendamment de celle par Magdebourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’occupation de l’embouchure du canal de Plauen est la meilleure manière d’annuler tous les bateaux qui se trouvent dans ce canal. On pourrait même établir une tête de pont sur la rive droite de ce canal, de manière à donner passage pour marcher sur le Havel. Vous aurez ainsi comme trois têtes de pont : une à trois ou quatre lieues en avant de Magdebourg, qui sera votre camp principal, une autre sur la rive droite en avant de Dessau, ou une position analogue, et une troisième à l’embouchure du canal de Plauen. Par ce moyen, en cas d’attaque, toutes les troupes de votre droite qui défendent la rive gauche déboucheront par la tête de pont en avant de Dessau, et toutes celles qui sont sur votre gauche déboucheront par la tête de pont de l’embouchure du canal de Plauen pour venir se joindre à vous. Ainsi, indépendamment de vos huit divisions, vous seriez fortifié par tous les corps qui défendent l’Elbe, en amont et en aval. Je pense donc, en résumé, que vous devez choisir un champ de bataille à trois ou quatre lieues en avant de Magdebourg et y établir votre camp, en ayant bien soin de choisir un endroit sain. Vous vous couvrirez par quelques redoutes ; mais elles doivent être espacées de manière que l’on puisse manœuvrer entre elles. Établissez une tête de pont à la hauteur de Dessau, avec un va-et-vient, en attendant qu’on y ait construit un pont. Établissez aussi une tête de pont à l’embouchure du canal de Plauen, également avec un va-et-vient. Vous aurez la ligne du vos avant-postes depuis le canal de Plauen jusqu’à Dessau, en suivant la corde ; ils seront retranchés avec des redoutes ou des palissades pour être à l’abri de la cavalerie légère. Cela vous donnera donc un espace de sept à huit lieues de profondeur, et de douze ou quinze de front. Votre gauche ne se trouve plus alors qu’à une marche du Havel, et votre droite qu’à une marche de Wittenberg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Choisissez surtout un terrain qui soit bien sain. Consultez à cet égard les médecins et les habitants du pays ; n’admettez aucune modification. Si vous êtes près de marais ou de prairies inondées, quoi qu’on puisse dire, c’est un endroit malsain : il faut vous élever. Vous sentez que dans un mois de séjour au printemps j’y perdrais mon armée. Je désire que vous consultiez moins les médecins que votre bon sens et les habitants. Le terrain me paraît coupé et boisé ; en sorte qu’il ne doit y avoir qu’un certain nombre de débouchés et de chaussées. Vous pourriez aussi occuper l’espèce de delta que forme le canal en se jetant dans l’Elbe, et en y établissant des ouvrages et des baraques : cela ne laissera pas que d’inquiéter l’ennemi qui se porte sur Hambourg. Cela ne doit pas vous empêcher de faire sur la rive gauche de forts détachements de cavalerie et infanterie, avec de l’artillerie, afin de rejeter dans l’Elbe les partis ennemis qui auraient passé la rivière, et favoriser les mouvements des généraux Morand<sup>[^1]</sup>, Saint-Cyr et Vandamme.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Joseph Morand. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19779, d’après la copie communiquée par la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 898, mars 1813, n° 570). </body>