| identifiant | CG13-33228.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1813/03/14 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Jérôme, roi de Westphalie |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33228. - </b>À Jérôme, roi de Westphalie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Trianon, 14 mars 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, je reçois
votre lettre du 10 mars. Puisque vous ne pouvez pas vous porter
vis-à-vis de Havelberg, le prince d’Eckmühl va s’y porter avec
seize bataillons et trois batteries d’artillerie ; seize
autres bataillons lui arrivent par Wesel, ce qui lui fera deux belles
divisions. Le général Lauriston va placer ses quatre divisions en
avant de Magdebourg ; le vice-roi viendra y joindre ses trois
divisions et la Garde ; les 1<sup>er</sup> et 2<sup>e</sup> corps
de cavalerie vont s’y réunir. Le duc de Bellune, avec douze
bataillons du 2<sup>e</sup> corps, gardera la droite entre
Magdebourg et Wittenberg. Les Saxons garderont Torgau, et, aussitôt
que le général Reynier sera obligé d’évacuer Dresde, il se
repliera sur la Mulde, et ensuite, s’il le fallait, sur les
montagnes du Harz, pour couvrir Cassel. Aussitôt que ces
dispositions seront commencées, je désire que vous puissiez arriver
avec votre garde, les quatre bataillons que vous m’annoncez avoir
de disponibles, seize à vingt-quatre pièces de canon et autant de
cavalerie que vous pourrez, à trois journées en arrière de l’Elbe,
de manière à pouvoir en deux grandes marches arriver sur Magdebourg
et assister à la bataille, si le vice-roi devait être attaqué en
avant de cette place. Dans cette position, vous formerez une réserve
prête à se porter sur la gauche, si l’ennemi débordait de ce
côté, ou sur la droite, si l’ennemi passait à Dessau ou serrait
de trop près le général Reynier, enfin sur tous les points de
votre royaume dont la tranquillité serait troublée. J’ai lieu de
penser que le duc d’Oels<sup>[^1]</sup>
est déjà dans vos États.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vingt-huit bataillons
des seize régiments du 1<sup>er</sup> corps et des douze du
2<sup>e</sup> (les 4<sup>es</sup>) se réunissent à Wesel et
vont se placer à Minden, Osnabrück et Brême. Ils occuperont aussi
Hambourg, rétabliront la tranquillité dans cette division, et
seront prêts à se porter partout où il sera nécessaire et surtout
contre un débarquement.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon ministre<sup>[^2]</sup>
vous parlera de votre situation. Je ne me refuse pas à vous donner
quelques millions qui peuvent vous être nécessaires ; mais
avant tout il faut être dans une position simple et claire. Aussitôt
que je saurai que vous avez assis les réquisitions nécessaires pour
approvisionner Magdebourg et nourrir l’armée du vice-roi, et que
je n’aurai plus d’inquiétude de ce côté, je ne me refuserai
pas à remplacer la perte que vous ferez sur votre contribution
foncière et à vous donner de forts à-compte. Mais votre fausse
manière d’envisager toutes ces questions a empêché jusqu’à
présent de ne prendre aucun parti. Le comte Daru m’a dit qu’il
allait écrire longuement là-dessus à mon ministre<sup>[^3]</sup>.
Le duc de Bassano doit aussi lui avoir écrit.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Du reste, le corps du
prince de la Moskova couronne les montagnes de la Thuringe ;
tout est en mouvement. Le 2<sup>e </sup>corps d’observation du
Rhin arrive à Mayence, et probablement j’y serai bientôt
moi-même. C’est encore un mauvais mois à passer ; mais
ensuite l’ennemi disparaîtra comme la fumée.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3>
[^1]: Frédéric Guillaume de Brunswick-Wolfenbütel, héritier du duché de Brunswick-Oels en 1805. Après avoir combattu en Espagne au côté de Wellington, il revient dans son duché pour lever des troupes et tenter de reprendre le pouvoir.
[^2]: Charles Frédéric Reinhard.
[^3]: <span></span> « votre ministre » dans.<i> </i>[<i>C </i>19719]
[^4]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 400 AP 95 (minute, Archives nationales, AF IV 898, mars 1813, n° 298).<i>
</i>[<i>C </i>19719]</body> |
|---|
| |