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CG13-33182.md| identifiant | CG13-33182.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/03/13 00:00 |
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| titre | Napoléon à Bigot de Préameneu, ministre des Cultes |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 33182. - </b>À Bigot de Préameneu, ministre des Cultes</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Trianon, 13 mars 1813</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous renvoie la
lettre de l’évêque de Nantes<sup>[^1]</sup>.
Vous lui ferez connaître que la formule du serment ne peut être
changée ; il faudrait qu’il y eût dans ce serment quelque
chose de contraire aux mystères de la religion pour que le
gouvernement pût le changer. Toutes ces prétentions des cardinaux
sont ridicules. Vous direz que si jamais le Pape devenait souverain
temporel, nous romprions avec lui. Nous ne ferions pas pour cela un
schisme, mais nous ne voudrions pas souffrir l’influence d’un
souverain dont les intérêts politiques pourraient être différents
des nôtres. Puisque le Pape ne prend conseil que des gens comme les
Di Pietro<sup>[^2]</sup>
et les Litta<sup>[^3]</sup>,
vous lui ferez connaître qu’on verra bientôt de nouveau les
suites fâcheuses de l’ineptie de ces gens-là. Les évêques
français doivent parler avec fermeté ; aussitôt qu’on les
verra organisés et prêts à donner l’institution canonique, on
nommera les évêques.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.-S.</i> Le serment
d’obéissance aux constitutions de l’Empire et de fidélité à
l’Empereur est une des clauses principales du Concordat conclu à
Paris par le cardinal Consalvi. Dans le temps il y eut quelque
opposition à admettre cette formule ; mais nous déclarâmes
que tout serait rompu si on ne cédait là-dessus. Notre gouvernement
n’est pas despotique, et l’obéissance à l’Empereur est de
droit, comme dérivant de l’esprit général des constitutions.
Comment le Pape peut-il élever des doutes sur un point qui est une
des clauses principales du Concordat ?</p><p style="margin-bottom: 0cm">S’il arrivait que le
Pape fût souverain temporel, et qu’en conséquence on empêchât
les fidèles français de communiquer avec lui, il pourrait alors
excommunier les fidèles français ; mais aujourd’hui ce n’est
pas le cas ; c’est donc chercher des difficultés bien
gratuitement.<sup>[^4]</sup></p>
[^1]: Jean-Baptiste Duvoisin, proche conseiller de Napoléon, théologien reconnu de l’Empire et l’un des négociateurs du concordat de Fontainebleau.
[^2]: Michele Di Pietro.
[^3]: Laurent Litta, cardinal depuis 1801. Il est à Saint-Quentin depuis 1813.
[^4]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 898, mars 1813, n° 261.<i>
</i>[<i>C </i>19707]</body> |
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