| identifiant | CG1-2103.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/09/28 00:00 |
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| titre | Napoléon à Deuxième réponse aux plénipotentiaires de l’Empereur |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2103. - </b>Deuxième réponse aux plénipotentiaires de l’Empereur[^1]</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Udine, 7 vendémiaire an VI [28 septembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Le plénipotentiaire français a vu avec peine que
le congrès n’est point d’accord avec la valeur et la
signification des articles les plus essentiels des préliminaires de
Leoben.</p><p>Les deux parties contractantes n’avaient pas été
davantage d’accord sur la nature de la paix qu’elles devaient
conclure.</p><p>Les préliminaires étaient fondés sur la
renonciation de S. M. l’Empereur à la coalition ; cependant
le cabinet de Vienne a paru, dans tout le cours des négociations
subséquentes, ne pas pouvoir oublier la cause de ses anciens alliés.</p><p>S’il a fallu six mois pour convaincre S. M.
l’Empereur que sa paix devait être isolée, il en faudra sans
doute six autres pour s’accorder sur la signification des
préliminaires.</p><p>Cependant la République française a sacrifié
tous ses avantages au désir de voir une paix prompte unir les deux
nations ; le plus grand pour elle était la paix de l’Europe,
qui en était une suite immanquable.</p><p>Les faux principes adoptés par le cabinet de
Vienne ont éloigné la paix.</p><p>Mais les préliminaires, après six mois de
discussion, offrent plus de difficultés que le premier jour.</p><p>Les préliminaires, faits à la hâte, selon le
dire de MM. les plénipotentiaires de S. M. l’Empereur, contiennent
des articles contradictoires ; et d’autres articles, qui ne
sont plus applicables à la situation actuelle de l’Europe, ne
pouvaient plus servir de base à la négociation. La République
française a pensé alors devoir laisser à S. M. l’Empereur un
mois pour se décider à accepter les préliminaires tels qu’ils
sont et dans la signification naturelle et grammaticale des
différents articles, ou à entamer une nouvelle négociation et à
prendre pour base la position et la convenance des deux États.</p><p>Le mois est sur le point d’expirer. Un nouveau
plénipotentiaire de S. M. l’Empereur arrive au congrès[^2] ;
un autre des anciens plénipotentiaires revient de Vienne[^3] ;
la négociation doit donc prendre une tournure rapide, qui mette fin
à l’incertitude dans laquelle on se trouve.</p><p>MM. les plénipotentiaires de S. M. l’Empereur
demandent une explication catégorique sur le sens de la déclaration
insérée au protocole du 3 septembre, relativement à la fixation du
terme du 1<sup>er</sup> octobre, après lequel les préliminaires ne
pourraient plus servir de base au traité définitif.</p><p>Mais cette explication, c’est à MM. les
plénipotentiaires de S. M. l’Empereur même à la donner.
Veulent-ils prendre pour base de la négociation les préliminaires,
ou, comme pourrait le donner à penser la contexture totalement
différente des pleins pouvoirs donnés à M. le comte de Cobenzl, S.
M. l’Empereur veut-elle prendre pour base des négociations la
convenance des deux États ?</p><p>Dans le premier cas, le plénipotentiaire français
demande que les plénipotentiaires de S. M. l’Empereur nomment dans
la journée, en exécution de l’article 5 des préliminaires
secrets[^4],
le plénipotentiaire qui doit s’entendre avec le plénipotentiaire
français et le plénipotentiaire de la République de Venise. Cette
opération est la plus urgente comme la plus essentielle, puisqu’il
est impossible de pouvoir discuter les conditions de la paix sans
avoir pris des arrangements qui mettent à la disposition de l’une
et de l’autre puissance les territoires différents dont
l’acquisition forme les principales clauses des préliminaires.</p><p>Cela fait, le plénipotentiaire français demande
que le congrès mette en discussion l’article 6[^5] ;
car l’interprétation que lui ont donnée les plénipotentiaires de
S. M. l’Empereur est évidemment une ironie.</p><p>Les trois jours qui restent jusqu’au 1<sup>er</sup>
octobre sont plus que suffisants pour la discussion de l’article 6.</p><p>Si les plénipotentiaires de S. M. l’Empereur,
par des raisons quelconques, se refusaient à l’une et l’autre de
ces propositions, il serait clair que les préliminaires se
trouveraient annulés par eux-mêmes ; que les plénipotentiaires
de S. M. l’Empereur ne continueraient à mettre en discussion les
préliminaires que pour suivre le même système dilatoire que,
depuis six mois, paraît avoir suivi le cabinet de Vienne.</p><p>Nous sentons bien que cette politique du cabinet
de Vienne est d’accord avec ses intérêts ; en effet, pendant
que l’on discute, la position militaire de S. M. l’Empereur
s’améliore ; ses armées réparent les pertes d’une guerre
malheureuse ; tout retentit aujourd’hui du bruit des armes
dans les États de S. M. l’Empereur ; ses troupes sont campées
sur l’extrême frontière et en position de guerre ; les cinq
provinces que l’armée française a évacuées par les
préliminaires servent aujourd’hui à recruter et à alimenter
l’armée de S. M. l’Empereur ; l’on dresse des batteries ;
on fait des retranchements de campagne dans toutes les positions qui
en sont susceptibles. Combien cette conduite est différente de celle
de la République française, qui avait envoyé une partie de ses
troupes dans ses cantonnements de paix !</p><p>Ainsi, l’on s’appuiera, pour se désister des
préliminaires, des mêmes moyens que l’on a acquis par un article
même des préliminaires.</p><p>Mais, si l’Europe entière reconnaît déjà
dans tous les préparatifs hostiles de S. M. l’Empereur les
intentions peu pacifiques du cabinet de Vienne, si déjà elle est
étonnée que la République française souffre plus longtemps la
marche lente et tortueuse que prend une négociation qu’elle
s’attendait à voir finir en quinze jours, elle fait un devoir au
Directoire exécutif de la République française de demander à S.
M. l’Empereur : « Veut-elle la paix ou la guerre ? »
</p><p>Le monde entier sait que nous voulons la paix, car
nous l’avons voulue lorsque nos troupes étaient à Leoben et
au-delà du Rhin ; nous l’avons voulue lorsque nous pouvions
tout vouloir.</p><p>Au reste, quel que soit le parti que prennent les
plénipotentiaires de S. M. l’Empereur, le Directoire exécutif de
la République française ne fera la guerre que lorsqu’il y sera
forcé par l’impossibilité de se concilier et par les prétentions
exagérées de S. M. l’Empereur ; et, dans ce cas, le
plénipotentiaire français est autorisé à prendre sur cet objet,
tant pour l’armée d’Italie que pour les autres armées, avec les
plénipotentiaires de S. M. l’Empereur, les arrangements qui leur
paraîtront convenables.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Note insérée au protocole de la séance du 28 septembre 1797.
[^2]: Louis de Cobenzl.
[^3]: Merveldt.
[^4]: Les quatorze articles secrets de Leoben spécifient les limites de
la France et les concessions ou indemnités qui en découlent.
[^5]: L’article 6 traite des possessions qui doivent revenir à
l’Autriche notamment l’Istrie, la Dalmatie, Venise et ses
territoires de Terre ferme.
[^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2265, d’après
les Archives des Affaires étrangères</body> |
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