CG1-2084.md

identifiantCG1-2084.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/09/25 00:00
titreNapoléon à Barras, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2084. - </b>À Barras, membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Passariano, 4 vendémiaire an VI [25 septembre 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai été aussi surpris que tout homme l’aurait été à ma place de la conduite que l’on a tenue à mon égard. L’on me traite comme si mes sentiments étaient suspects. Augereau, par une indigestion de pouvoir bête, écrit des lettres qui le rendent la fable et le ridicule de l’armée, en même temps qu’elles font penser bien des choses qui, peut être, ne sont pas. Une nuée de pleutres criards vont [<i>sic</i>] prétendre tout blâmer comme tout juger. Je suis malade et j’ai besoin de repos. </p><p>Je demande ma démission ; appuie la si tu es mon ami. Deux ans dans une campagne près de Paris rétabliront ma santé et redonneront à mon caractère la popularité que la continuité du pouvoir ôte nécessairement. Je suis exclusif dans ma manière de sentir et d’agir et j’estime le cœur bien plus que la tête des hommes qui vont dominer les conseils et l’opinion. Je te prie surtout d’avoir soin que l’on accuse de rien le jeune aide de camp d’Augereau[^1]. C’est un de mes meilleurs soldats, brave et bon. Je l’ai vu avec plaisir et je l’aime. Je t’embrasse ; au revoir, à bientôt, j’espère.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: Vérine, l’aide de camp d’Augereau, est envoyé en Italie peu après le 18 fructidor. Son général le charge de réclamer auprès du payeur la somme de 600 000 francs, somme qui ne lui est pas due mais qu’il pense qu’on n’osera pas lui refuser. Bonaparte instruit de cette demande par Estève lui ordonne de ne pas payer. Vérine est aussi porteur de copies de la correspondance secrète de Clarke avec Carnot. Bonaparte n’y est pas épargné mais pour lui ce n’est plus une surprise car il a « retourné » Clarke depuis fort longtemps. Toujours est-il que Bonaparte convoque Vérine et lui administre une sévère réprimande avant de le chasser d’Italie. [^2]: <span></span>Expédition autographe d’après photographie, [catalogue de vente] Jacques Arnna,<i>Pages de l’épopée impériale receuillies par André de Coppet</i>, Tours, 1952, p.87, n° 37. Cette lettre a servi, avec une autre lettre à Barras du 11 juin 1796 (ci-dessus, n° 672), à forger un faux en plusieurs exemplaires, publié ci-dessus, pour information, sous le numéro 929. Connu dès les années 1820, cette fausse figure dans les inventaires d’au moins deux bibliothèques univeristaires étrangères. Un autre exemplaire figurait au catalogue d’une vente publique parisienne en 2003, avant d’en être retiré.</body>