| identifiant | CG1-2067.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/09/22 00:00 |
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| titre | Napoléon au contre-amiral Brueys |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 2067. - </b>Au contre-amiral Brueys</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Passariano, 1<sup>er</sup>
vendémiaire an VI [22 septembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>J’ai reçu, citoyen, vos différentes lettres ;
j’ai examiné avec attention les observations que vous me faites ;
je vais vous tracer la conduite que vous avez à tenir, qui
conciliera à la fois les intentions du ministre de la Marine qui
vous appelle à Toulon, et les intérêts de la République dans les
mers où vous vous trouvez.</p><p>Les bâtiments vénitiens que vous devez conduire
en France sont à Corfou ; il me paraît qu’il faut quinze
jours pour arriver à Corfou et un mois de station dans ce port pour
pouvoir lever des matelots et vous mettre à même de conduire en
France les vaisseaux vénitiens.</p><p>Je crois donc nécessaire que vous envoyiez
sur-le-champ l’ordre à l’officier de marine qui commande les six
vaisseaux vénitiens à Corfou[^1],
de faire toutes les diligences nécessaires pour lever les marins,
afin que, lorsque vous y serez arrivé, votre séjour soit le moins
long possible.</p><p>Vous partirez avec votre escadre, dès l’instant
que le temps vous le permettra, pour vous rendre à Corfou. Vous
passerez par Raguse ; vous ferez connaître à cette République
l’intérêt que prend à elle le Directoire exécutif de la
République française, et la volonté qu’il a de la protéger
contre quelque ennemi que ce fût qui voudrait se l’approprier, et
de garantir son indépendance.</p><p>Vous prendrez des renseignements sur la situation
actuelle des Bouches du Cattaro ; et, s’il est vrai que les
Autrichiens s’en sont emparés, vous déclarerez à l’officier
qui y commande qu’il n’a pas pu les occuper sans violer un des
articles préliminaires de paix qui existent entre Sa Majesté
Impériale et la République française ; vous le sommerez dès
lors d’évacuer sur-le-champ les Bouches du Cattaro, le menaçant,
s’il s’y refusait, de vous emparer de toutes les îles de la
Dalmatie et d’agir hostilement contre les troupes de Sa Majesté
Impériale.</p><p>S’il s’y refuse et que vous trouviez le moyen
de vous emparer des bâtiments qui servent aux transports de leurs
vivres, ainsi que de quelques-uns de leurs convois, vous le ferez,
ayant soin de ne pas y toucher et de mener tous les bâtiments
autrichiens en séquestre à Corfou. Vous préviendrez, dans ce cas,
le commandant autrichien que vous tiendrez en séquestre lesdits
bâtiments jusqu’à ce qu’il ait évacué un territoire qu’il
n’a pas dû occuper.</p><p>Vous pourrez demander à Raguse un
rafraîchissement en vivres pour votre équipage, moyennant cependant
quelques procédés.</p><p>Arrivé à Corfou, vous en partirez avec les six
vaisseaux vénitiens, dès l’instant qu’ils seront montés par un
assez grand nombre de matelots albanais.</p><p>En partant de Venise, vous embarquerez sur votre
bord la 3<sup>e</sup> légion cisalpine, sans qu’elle se doute de
l’endroit où vous la conduirez ; vous vous concerterez à cet
effet avec le général Baraguey d’Hilliers.</p><p>Vous devez également faire courir le bruit que
vous embarquez un bien plus grand nombre de troupes, et qu’il s’est
embarqué à Ancône, sous l’escorte de vos frégates, plusieurs
bataillons de troupes.</p><p>Vous aurez soin également de continuer à laisser
entrevoir que vos opérations vont se combiner avec celles de l’armée
d’Italie.</p><p>Vous vous concerterez à Venise avec l’ordonnateur
de la marine[^2]
et le citoyen Forfait[^3],
pour embarquer à votre bord les caisses de tableaux et objets d’art
destinés pour Paris.</p><p>Vous laisserez dans la rade de Venise ou dans
celle de Goro, ou même dans le port d’Ancône, les frégates <i>la
Junon</i> et <i>la Diane,</i> et les bricks <i>l’Alerte</i> et <i>le
Jason,</i> qui seront sous les ordres du chef de division Perrée.
Vous laisserez à Corfou les frégates <i>l’Artémise</i> et <i>la
Sibylle,</i> et les bricks <i>le Mondovi</i> et <i>la Cybèle,</i>
qui seront également sous les ordres du chef de division Perrée, et
qui devront se tenir à Corfou prêts à partir immédiatement après
l’ordre qu’ils en recevront, pour concerter leurs opérations
avec <i>la Junon</i> et <i>la Diane.</i></p><p>Je fais connaître au Directoire exécutif, par un
courrier extraordinaire, le présent ordre, et je lui demande son
autorisation pour pouvoir garder toute votre escadre dans
l’Adriatique, afin de concerter ses opérations avec celles de
l’armée d’Italie.</p><p>Je vous ferai passer la réponse du Gouvernement
par un aviso qui, nécessairement, vous trouvera encore à Corfou.</p><p>Vous trouverez ci-joint :</p><p>1<sup>o</sup> Une lettre pour le général
Gentili, par laquelle j’approuve toutes les mesures qu’il a
prises pour nourrir votre escadre à Corfou, où je prescris que le
reçu des sommes qu’il a déboursées sera accepté en payement
dans la caisse du receveur de Corfou, approuvant également l’emploi
des 1 300 sacs de farine que vous avez pris ;</p><p>2<sup>o</sup> L’ordre pour que l’administration
de terre de l’armée d’Italie fournisse à l’escadre, partout
où elle pourrait se trouver, les vivres journaliers comme aux
troupes de terre, et, d’après les envois qui ont été faits en
subsistances à Corfou, à Ancône, à Constantinople et à Messine,
vous ne devez avoir aucune inquiétude sur la subsistance de votre
escadre pendant tout le temps qu’elle demeurera dans ces parages.</p><p>3<sup>o</sup> Je vous autorise à prendre dans les
magasins de Corfou tout ce que vous croirez nécessaire à
l’approvisionnement de nos arsenaux et au ravitaillement de notre
marine ;</p><p>4<sup>o</sup> À embarquer à Corfou 100 pièces
de canon de fonte, en conséquence cependant d’un procès-verbal
dressé chez le général Gentili par un conseil composé de vous, du
général Gentili, du commandant du génie, du chef de l’état-major
et du commissaire des guerres ; ce procès-verbal devra
constater : 1<sup>o</sup> la quantité de pièces nécessaires pour
la défense de la citadelle et celle de la rade de Corfou ; 2<sup>o</sup>
la quantité hors de service ; 3<sup>o</sup> la quantité
existante ; et ce ne sera que dans le cas où ledit conseil ne
trouverait aucun inconvénient à vous délivrer les 100 pièces que
le présent ordre sera exécuté.</p><p>5<sup>o</sup> Vous trouverez aussi ci-joint : un
ordre pour que le général Sugny vous remette, à Venise, les
ustensiles pour chauffer à boulets rouges, pour six pièces de
canon, et dont le général Gentili se servirait à Corfou, si jamais
les circonstances l’exigeaient ;</p><p>6<sup>o</sup> Un ordre pour que le général
Gentili mette à votre disposition 400 hommes cisalpins pour servir
de garnison aux vaisseaux vénitiens.</p><p>7<sup>o</sup> Vous garderez et mènerez avec vous
à Toulon les officiers vénitiens qui désirent servir dans la
marine française, jusqu’à ce que le ministre vous ait envoyé des
ordres.</p><p>8<sup>o</sup> Quant aux objets trouvés à bord
des vaisseaux vénitiens, appartenant aux capitaines, vous en ferez
des reçus qui seront valables pour leur liquidation par le
Gouvernement de Venise.</p><p>9<sup>o</sup> Vous trouverez ci-joint : un ordre
pour que le général Gentili vous remette 50 000 francs pour la
solde des marins vénitiens destinés à l’armement des vaisseaux
vénitiens ;</p><p>10<sup>o</sup> L’ordre pour qu’on vous
fournisse les blés, riz et vin, pour deux mois, pour 2 000 hommes ;
la nourriture journalière pour votre escadre vous sera fournie à
Corfou.</p><p>11<sup>o</sup> Je vous enverrai la solde des
marins de votre escadre pour un mois, dès l’instant que la caisse
de l’armée le permettra, et que la solde de fructidor sera payée
à l’armée.</p><p>12<sup>o</sup> Quant aux dépenses qu’auraient
faites les équipages à Corfou, vous aurez soin de les liquider, de
vérifier toutes les pièces et de les envoyer au commissaire
ordonnateur de la marine, à Venise, qui y pourvoira.</p><p>13<sup>o</sup> Vous trouverez ci-joint : une
ordonnance de 10 000 francs que le citoyen Haller[^4]
vous fera payer ; cette somme est destinée à vos frais
extraordinaires et qui vous sont particuliers ;</p><p>14<sup>o</sup> Une ordonnance de 30 000 francs que
le citoyen Haller mettra à votre disposition, entre les mains de
votre payeur, pour les dépenses extraordinaires de votre escadre,
pour servir à compenser aux matelots l’incomplet des fournitures
que vous pourriez ne pas recevoir des magasins de Corfou.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Tommasi.
[^2]: Roubaud.
[^3]: <span></span>Pierre
Alexandre Forfait (1752-1802),<b> </b>ingénieur des constructions
navales, envoyé au port de Venise lors de la prise de cette ville
par l’armée d’Italie.<p class="sdfootnote-western"><br/>
</p>
[^4]: Administrateur des finances de l’armée.
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2240, d’après la
Collection Napoléon.</body> |
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