CG13-32475.md

identifiantCG13-32475.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/01/25 00:00
titreNapoléon à François Ier, empereur d’Autriche
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 32475. - </b>À François Ier, empereur d’Autriche<sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 25 janvier 1813</h2><p>Monsieur mon frère et cher beau-père, ayant eu occasion de voir le Pape à Fontainebleau, et ayant conféré plusieurs fois avec Sa Sainteté, nous nous sommes arrangés sur les affaires de l’Église. Le Pape paraît vouloir s’établir à Avignon. J’envoie à Votre Majesté le concordat que je viens de signer avec lui ; je désirerais que cette pièce ne devînt pas encore publique.</p><p> Les grandes connaissances que le comte Otto<sup>[^2]</sup> a des affaires d’Angleterre et d’Amérique me font désirer sa présence à Paris. Je voudrais le remplacer par le comte de Narbonne<sup>[^3]</sup>, qui a toute ma confiance et qui a des formes qui peuvent être agréables à Vienne. Je prie Votre Majesté de me faire connaître si elle l’agréera.</p><p> Le roi de Naples étant malade a désiré quitter l’armée, et le vice-roi l’a remplacé dans le commandement. Mes troupes sont en mouvement. Tout est en armes en France, et Votre Majesté peut être certaine qu’avec l’aide de Dieu, aussitôt que la bonne saison arrivera, je chasserai les Russes plus vite qu’ils ne sont venus. Tous mes villages et cantons m’ayant offert une levée volontaire de chevaux, cela seul me fait 40 000 chevaux, les cavaliers ayant déjà fait la guerre et les chevaux ayant plus de six ans, et ce indépendamment de 20 000 chevaux que me procurent les réquisitions et les remontes ordinaires, et de 20 000 autres provenant des marchés passés dans le Nord, et dont une partie est déjà livrée à Varsovie, Posen, Glogau, Stettin, Berlin et Hanovre.</p><p> J’ai reçu une lettre du roi de Danemark qui est aussi franche que positive ; il me fait connaître sa ferme intention de rester dans l’alliance et d’être sourd à toutes les tentatives de la Russie, de la Suède et de l’Angleterre.</p><p> J’avais parlé de la Suède à Votre Majesté, à Dresde ; mais, dès le lendemain de mon départ, le sieur Signeul<sup>[^4]</sup> arriva et apporta la demande inattendue que je laissasse la Suède prendre la Norvège. Je fus, comme de raison, indigné d’une proposition aussi contraire à mon honneur, puisque mon alliance avec le Danemark n’était pas une circonstance inconnue. Je ne daignai pas même faire faire une réponse.</p><p> Votre Majesté a été instruite de l’affaire du général Yorck<sup>[^5]</sup>. Le roi de Prusse me témoigne les meilleurs sentiments, mais j’envoie au comte Otto une traduction des derniers journaux anglais, qui fait voir ce que les Anglais méditent. Ils veulent traiter le roi de Prusse comme Ferdinand VII, et établir un comité révolutionnaire qui parlera pour lui.</p><p> J’attends demain ou après-demain des nouvelles de Vienne qui me feront connaître si Votre Majesté a été satisfaite de la lettre que je lui ai écrite et les mesures qu’elle aura prises en conséquence.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p> [^1]: À Vienne. [^2]: Ambassadeur à Vienne depuis le 13 décembre 1809. [^3]: Fils naturel de Louis XV, diplomate, l’empereur en fait son aide de camp et son confident. Sera nommé ambassadeur à Vienne en mars 1813. [^4]: Consul général de Suède à Paris. [^5]: <span></span> Général prussien, il prend en 1812 la tête du corps prussien intégré au 10<sup>e</sup> corps du maréchal Macdonald qui forme l’aile gauche de la Grande Armée. En décembre 1812, il entre en négociation avec les Russes et signe avec eux la convention de Taurroggen. Cette défection met en péril Macdonald et favorise la déclaration de guerre prussienne à la France [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19511, d’après le copie communiquée par le gouvernement de l’empereur d’Autriche.</body>