CG13-32315.md

identifiantCG13-32315.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1813/01/16 00:00
titreNapoléon à Louis, roi de Hollande
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG13</i> - 32315. - </b>A Louis, roi de Hollande</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 16 janvier 1813</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 1<sup>er</sup> janvier et je vois avec plaisir les sentiments qui vous animent. Je vous ai déjà fait connaître que vos devoirs envers moi, la patrie et vos enfants exigeaient votre retour en France. Vos enfants grandissent et ont besoin de leur père. Revenez donc sans plus de retard et je vous recevrai non comme un frère que vous avez offensé, mais comme un père qui vous a élevé.</p><p>Quant aux idées que vous avez de la situation de mes affaires, elles sont fausses : j’ai un million d’hommes sur pied et 1 200 000 000 dans mes coffres pour maintenir l’intégrité du territoire de la Confédération et de celui de mes alliés et faire réussir les projets que j’ai conçus pour le bonheur de mes peuples.</p><p>La Hollande est française à jamais, elle est l’émanation de notre territoire : embouchure de nos rivières, elle ne peut être heureuse qu’avec la France et elle le sent bien. En restant en France, vous ne vous séparez pas de la Hollande, mais si vous entendez par vous en séparer, renoncer à la gouverner, c’est vous-même qui l’avez quittée en abdiquant.</p><p>Cessez de faire des romans et des poésies ; songez que vous avez des enfants, qui peuvent un jour avoir besoin de vous ; et si les sentiments que vous dites avoir pour votre mère sont vrais, ce n’est pas dans des vers, c’est en venant près d’elle, que vous devez le prouver.</p><p>Je ne puis donc que finir cette lettre comme je l’ai commencée : revenez dans votre patrie, dans votre famille, auprès de votre mère et de vos enfants ; vous leur serez utile à tous.</p><p>Si vous persistez à rester dans un pays étranger, permettez-moi de croire, que vous n’avez d’attachement ni pour votre mère, ni pour vos enfants, ni pour votre patrie ; et si en restant en pays étranger vous voulez m’obliger ce serait de ne rien imprimer. Tout se sait et cela rend le nom que vous portez ridicule<sup>[^1]</sup>.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Votre affectionné frère.</h3><h3><i>Napol</i></h3> [^1]: <span></span> Avec cette lettre, Napoléon est en contradiction avec le <i>post-scriptum</i> rageur de ses écrits du 23 mai 1810 (<i>Correspondance générale</i>, vol. 10, n° 23666) qui annonçait à Louis : « C’est la dernière lettre que de ma vie je vous écris ». [^2]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 25. [BRT 1844]</body>
auteurs
lieu