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CG12-32098.md| identifiant | CG12-32098.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1812/12/04 00:00 |
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| titre | Napoléon à Maret, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 32098. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Molodetchno, 4 décembre 1812</h2><p>Monsieur
le duc de Bassano, la question d'établir les quartiers d'hiver
autour de Vilna ou de l'évacuer dépend d'abord de celle des
subsistances, comme je vous l'ai déjà mandé. Si par suite de
l'imprévoyance du gouvernement<sup>[^1]</sup>
on n'a pas les moyens nécessaires, toutes les mesures qu'il prendra
sont désormais insuffisantes dans les circonstances actuelles qui
sont les suivantes :
</p><p>Le
soldat ne murmure pas, ne se plaint pas ; mais du moment que sa
distribution n'est pas complète, il quitte le drapeau et court la
campagne. Avec des distributions complètes, il faudrait même de
l'énergie pour rétablir la discipline. Sans distribution, aucune
puissance n'y peut rien, et il faudra aller chercher des magasins et
le pays qui peut en fournir.</p><p>Il
faut arrêter le mouvement de la [34<sup>e</sup>] division …<sup>[^2]</sup>.
Si elle est partie, comment la nourrir ? Elle va se débander
comme le reste de l'armée. Les magasins de Smorgoni sont peu de
chose. On m'assure qu'il y a aussi très peu de ressources à
Ochmiana. L'armée, fatiguée et exténuée de misère, est à bout.
Rien ne lui est plus possible, pas même s'il s'agissait de défendre
Paris, si au préalable les subsistances ne sont réunies et les
distributions régulières.<sup>[^3]</sup>
Ce n'est même pas de la farine qu'il faut désormais, c'est du pain
ou du biscuit. Il doit y avoir à Vilna des fours pour en faire 60 à
80 000 rations par jour. Si les subsistances ne sont pas
assurées, non-seulement on ne peut pas garder Vilna, et l’on est
obligé d’aller chercher ailleurs des magasins, mais même j'ai
tout à craindre que le mécontentement de l'armée ne se porte à
tous les excès imaginables, sans qu'on puisse les empêcher. Je
crois vous avoir déjà mandé tout cela. Si les subsistances ne
peuvent pas être assurées à Vilna, il est nécessaire de s'occuper
de l'évacuer, en commençant par le trésor. Nous avons ici 3 à 4
millions. On m'assure qu'il y en a le double à Vilna ;
faites-les filer sur Dantzig<sup>[^4]</sup>.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Comprendre : le gouvernement provisoire lituanien.
[^2]: <span></span> Alors que la copie d’expédition laisse un blanc et mentionne une autre division. Sur la minute, il est écrit : « de la 34<sup>e</sup> division, arrivant sur Molodetchno. ». Nous avons opté pour la 34<sup>e</sup> division (Joseph Morand) qui est en effet partie pour rejoindre les débris de l’armée.
[^3]: Sur la minute : « si, au préalable, le ventre n’est rempli et les distributions régulières. »
[^4]: Sur la minute, les cinq derniers mots sont autographes.
[^5]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1790, fol. 95 (minute, Archives nationales, AF IV 896, décembre 1812, n° 16). [C 19373]</body> |
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