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CG12-32096.md| identifiant | CG12-32096.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1812/12/03 00:00 |
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| titre | Napoléon à Maret, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 32096. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Molodetchno, 3 décembre 1812</h2><p>Monsieur
le duc de Bassano, je reçois votre lettre dans laquelle vous me
proposez 15 000 hommes de cavalerie légère polonaise à
opposer aux Cosaques. Il est absurde que, depuis six mois que je suis
dans ce pays, ce ne soit qu'aujourd'hui qu'on me propose cette
mesure ; ce devait être huit jours après mon entrée en
Pologne. Les Cosaques n'auraient pas ravagé le pays ;
ces hommes auraient maintenu mes communications de Moscou à
Vilna et ménagé ma cavalerie. Mais je suppose que tout cela est une
illusion et que vous n'aurez pas 500 hommes. À quoi bon mon
avis là-dessus ? À quoi bon m'envoyer des projets ? Il
est bien évident que, si je puis avoir 30 à 40 000 hommes
à cheval battant les Cosaques, je ne puis les refuser. Mais je
crains bien que cette mesure ne soit trop tardive. Elle ne devait pas
être prise seulement dans la Lituanie, mais elle devait l'être
aussi dans le grand-duché de Varsovie. L'acte d'une confédération
veut dire que toute la noblesse monte à cheval ; au lieu de
cela, personne n'a bougé. J'ai été fort mal secondé par la
Lituanie et par le duché de Varsovie, ou plutôt je n'ai pas été
secondé du tout, ni par le gouvernement ni par le pays.</p><p>L'armée
va bientôt s'appuyer sur Vilna ; il faut 120 000 rations
de pain par jour, c'est un sine qua non. Qu'on en envoie à Ochmiana.
Mais, si toutes ces ressources ne sont pas plus réelles que celles
de Smorgoni, nous ne continuerons pas moins à mourir de faim.</p><p>Vous
proposez de faire filer de Vilna 100 à 150 000 rations de
biscuit sur Smorgoni ; mais cela ne fait que la nourriture d'un
jour, et je pense que le gouvernement sait que les hommes
mangent tous les jours.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: <span></span> Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1790, fol. 94 (minute, Archives nationales, AF IV 896, décembre 1812, n° 12). Extrait [catalogue de vente], Jacques Arnna expert, <i>Pages de l’épopée
impériale recueillies par André de Coppet</i>, Tours, 1952, p. 203, n° 251. [C 19369]</body> |
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