CG12-32094.md

identifiantCG12-32094.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1812/12/03 00:00
titreNapoléon à Maret, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 32094. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Molodetchno, 3 décembre 1812</h2><p>Monsieur le duc de Bassano,<sup>[^1]</sup> vous aurez vu Montesquiou, qui est parti d'ici à la pointe du jour. Je l'envoie à Paris. Nous sommes horriblement fatigués, bien affamés. Dirigez à notre rencontre du pain, de la viande et de l'eau-de-vie. J'ai 100 000 hommes isolés qui cherchent à vivre et ne sont plus aux drapeaux, ce qui nous fait courir d'horribles dangers. Ma vieille Garde seule est réunie, mais la faim la gagne aussi. Mes gros bagages sont partis cette nuit pour Vilna. Tenez-vous prêt à venir à ma rencontre à Ochmiana. Recommandez à l'ordonnateur qui est à Vilna de correspondre exactement avec Daru, qui fait les fonctions d'intendant. Nous garderons Vilna si nous avons des vivres en abondance et si Schwartzenberg manœuvre dans le sens de l'armée. Ayez bon langage ; ne laissez rien transpirer. Dix jours de repos et des vivres en abondance remettront la subordination.</p><p>Que le gouverneur<sup>[^2]</sup> reste à Vilna, où il est nécessaire ; qu'il réunisse tous les isolés par corps d'armée, et dans des couvents, et les nourrisse bien à ration complète<sup>[^3]</sup> de pain, viande et eau-de-vie ; qu'il fasse arrêter et empêcher les isolés de passer Vilna ; qu'il condamne à mort tout soldat trouvé avoir abandonné son drapeau et dépassé Vilna.</p><p>J'ai besoin de savoir ce qu'il y a à Vilna et Kovno en vivres, ainsi qu'en effets d'habillements et en munitions de guerre. A-t-on fortifié Kovno ? Qu'a-t-on fait ? Le camp retranché de Vilna est-il fini ? En quoi consiste-t-il ? S'il fallait évacuer Vilna et Kovno, que faudrait-il détruire ? Que pourrait-on emporter ? Quels moyens de transport a-t-on ?<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Phrase biffée sur la minute (Archives nationales, AF IV 896, décembre 1812, n° 11) : « je n’ai pas reçu de nouvelles de vous ; les dernières qui m’ont été apportées, par un de vos agents, sont du 26. » [^2]: Hogendorp. [^3]: Les rations devaient théoriquement et réglementairement (ordre du jour du 5 mai 1811) comporter : 28 onces de pain (875gr), 2 onces de riz (62,5gr) ou 4 onces de légumes secs, 10 onces de viandes (312,5gr), une bouteille de vin ou de bière. Davout accordait 1/16 de pinte d’eau de vie. On n’a pas de mal à imaginer que ces rations n’ont été distribuées que très rarement, si jamais elles le furent. Napoléon a toujours été très inquiet de la façon dont étaient nourries ses troupes. [^4]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1790, fol. 92 (minute, Archives nationales, AF IV 896, décembre 1812, n° 10). [C 19367]</body>