| identifiant | CG12-32084.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1812/11/29 00:00 |
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| titre | Napoléon à Maret, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 32084. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Au village de Zanivki, sur la rive droite de la
Bérézina, 29 novembre 1812, au matin</h2><p>Monsieur
le duc de Bassano, j'ai reçu votre lettre du 25 novembre, où vous
ne me parlez pas de France, et ne me donnez aucune nouvelle
d'Espagne. Il y a cependant quinze jours que je n'ai reçu aucune
nouvelle, aucune estafette, et que je suis dans l'obscur de tout.</p><p>Je
marche sur Vileïka. Il est convenable que Wrede<sup>[^1]</sup>
et autres s'y réunissent pour en assurer les ponts et en construire
un ; ayez-y des outils et ce qui est nécessaire pour cela.</p><p>Nous
avons eu hier une affaire très chaude contre l'amiral Tchitchagov et
Wittgenstein. Nous avons battu le premier, qui nous a attaqués par
la rive droite, sur la chaussée de Borisov. Le second, qui voulait
forcer les ponts sur la Bérézina, a été contenu. Nous avons fait
3 000 prisonniers<sup>[^2]</sup> ;
mais nous sommes fort affligés de la perte d'une brigade de
3 000 hommes du général Partouneaux<sup>[^3]</sup>,
qui, s'étant trompée de chemin, s'est égarée et apparemment a été
prise. Nous n'avons pas de ses nouvelles depuis deux jours. Le duc de
Reggio<sup>[^4]</sup>
et beaucoup de généraux ont été blessés.</p><p>L'armée
est nombreuse, mais débandée d'une manière affreuse. Il faut
quinze jours pour les remettre aux drapeaux, et ces quinze jours, où
pourra-t-on les avoir ? Le froid, les privations ont débandé
cette armée. Nous serons sur Vilna : pourrons-nous y tenir ?
Oui, si l'on peut y tenir huit jours ; mais si l'on y est
attaqué les huit premiers jours, il est douteux que nous puissions
rester là. Des vivres, des vivres, des vivres ! Sans cela il n'est
pas d'horreurs auxquelles cette masse indisciplinée et débandée ne
se porte contre cette ville. Peut-être cette armée ne pourra-t-elle
se rallier que derrière le Niémen. Dans cet état de choses, il est
possible que je croie ma présence à Paris nécessaire pour la
France, pour l'Empire, pour l'armée même. Dites-m'en votre avis.</p><p>Il
doit y avoir eu plusieurs estafettes de prises ; si vous n'avez
pas reçu de mes nouvelles depuis le 11, écrivez à Paris.</p><p>Je
désire bien qu'il n'y ait à Vilna aucun agent étranger. L'armée
n'est pas belle à montrer aujourd'hui ; quant à ceux qui y
sont, il faudrait les éloigner ; on pourrait, par exemple, leur
dire que vous vous rendez, que je me rends à Varsovie, et les y
diriger de suite en les faisant partir à jour nommé.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: <span></span> Ce général bavarois sert dans le 6<sup>e</sup> corps.
[^2]: <span></span> La <i>Correspondance</i> publie : « 6 000 ».
[^3]: La manœuvre malheureuse du général lui value d’être encerclé et de capituler.
[^4]: Oudinot.
[^5]: <span></span> Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1790, fol. 87 (minute, Archives nationales, AF IV 896, novembre 1812, n° 34). Note sur la minute : « Le primata a été porté par le courrier nommé Bomani ; le duplicata est parti le 1<sup>er</sup> décembre par le juif Marens. ». La minute porte le texte de cette lettre ainsi que son chiffre en interligne. [C 19362]</body> |
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