CG12-31966.md

identifiantCG12-31966.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1812/10/23 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie, commandant le 4e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 31966. - </b><span style="font-variant: normal">À Eugène, vice-roi d’Italie, commandant le 4e corps de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Borovsk, 23 octobre 1812, sept heures et demie du soir</h2><p>Mon fils, beaucoup de renseignements porteraient à penser que l'ennemi est encore aujourd'hui dans son ancienne position de son camp retranché, à l'embouchure de l'Istra dans la Nara. Il aurait craint d'être tourné par Fominskoïé et aurait envoyé une colonne d'infanterie et de cavalerie pour bien éclairer la marche des divisions françaises. Cette colonne aurait suivi le mouvement de l'armée et se placerait cette nuit sur la lisière des bois, entre Borovsk et son camp, à peu près à deux lieues de la rivière, afin d'arrêter les mouvements de notre armée et de prévenir l'armée ennemie, si nous la tournions en marchant sur elle. Si cela était ainsi, ce ne serait que cette nuit, lorsque la petite ville que le général Delzons doit occuper<sup>[^1]</sup> le serait, que l'ennemi pourra penser qu'au lieu de tourner sa position pour l'attaquer nous marchons droit sur Kalouga. Il est nécessaire que le général Delzons, aussitôt qu'il sera maître de cette petite ville, s'éclaire bien sur sa gauche. Il faut même que vous vous éclairiez beaucoup sur votre gauche, et que vous me rendiez compte, demain matin de bonne heure, de ce que vous aurez vu. Il faudra, à cet effet, envoyer sur votre gauche de fortes reconnaissances une heure avant le jour. Nous faisons ici, depuis le général Delzons jusqu'à Fominskoïé, face à l'ennemi. Je serais aise si le général Delzons s'emparait cette nuit de la petite ville. Vous pouvez lui donner pour instruction que, si jamais il entendait une grosse canonnade, il devrait retourner pour prendre part à la bataille. Si l'ennemi montre des feux, faites-les bien observer ce soir.<sup>[^2]</sup></p> [^1]: La petite citadelle de Vereya (voir CG12-31962). [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19303, d’après la copie communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Note sur cette copie : « Sa Majesté, ayant dicté cette lettre en se mettant au lit, a ordonné qu'elle fût envoyée sans sa signature. Signé baron Fain. ».</body>