| identifiant | CG12-31958.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1812/10/21 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 31958. - </b><span style="font-variant: normal">Au
maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Krasnoië-Pakhra, 21 octobre 1812</h2><p>Mon cousin, faites
connaître au duc de Trévise<sup>[^1]</sup>
qu'aussitôt que son opération de Moscou sera finie<sup>[^2]</sup>,
c'est-à-dire le 23, à trois heures du matin, il se mette en marche
et arrive le 24 à Koubinskoïé ; que, de ce point, au lieu de
se rendre à Mojaïsk, il ait à se diriger sur Vereya, où il sera
le 25. Il servira ainsi d'intermédiaire entre Mojaïsk, où est le
duc d'Abrantès<sup>[^3]</sup>,
et Borovsk, où sera l'armée. Il sera convenable qu'il envoie des
officiers par Fominskoïé pour nous instruire de sa marche. Il
mènera avec lui l'adjudant commandant Bourmont, les Bavarois et les
Espagnols qui sont à la maison Galitzine. Tous les Westphaliens de
la première poste et de la deuxième, et tout ce qu'il trouvera de
Westphaliens, il les réunira et les dirigera sur Mojaïsk ;
s'ils n'étaient pas en nombre suffisant, il ferait protéger leur
passage par de la cavalerie.</p><p>Le duc de Trévise
instruira le duc d'Abrantès de son arrivée à Vereya et de tout ce
qui sera relatif à l'évacuation de Moscou. Il est nécessaire qu'il
nous écrive demain 22, non plus par la route de Desna, mais bien par
la route de Charapovo et Fominskoïé. Le 23 il nous écrira par la
route de Mojaïsk ; son officier quittera la route à
Koubinskoïé pour venir sur Fominskoïé, le quartier général
devant être probablement le 23 à Borovsk ou à Fominskoïé. Soit
que le duc de Trévise fasse son opération demain 22, à trois
heures du matin, soit qu'il la fasse le 23, à la même heure, comme
je le lui ai fait dire depuis, il doit prendre ces mêmes
dispositions. Par ce moyen, le duc de Trévise pourra être considéré
comme l'arrière-garde de l'armée.</p><p>Je ne saurais trop
lui recommander de charger sur les voitures de la jeune Garde, sur
celles de la cavalerie à pied et sur toutes celles qu'on trouvera,
les hommes qui resteraient encore aux hôpitaux ; que les
Romains donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des
citoyens ; le duc de Trévise en méritera autant qu'il sauvera
de soldats ; qu'il faut qu'il les fasse monter sur ses chevaux
et sur ceux de tout son monde ; que c'est ainsi que l'Empereur a
fait à Saint-Jean d'Acre<sup>[^4]</sup> ;
qu'il doit d'autant plus prendre cette mesure, qu'à peine ce convoi
aura rejoint l'armée on trouvera à lui donner les chevaux et les
voitures que la consommation aura rendus inutiles ; que
l'Empereur espère qu'il aura sa satisfaction à témoigner, au
maréchal duc de Trévise, pour lui avoir sauvé 500 hommes ;
qu'il doit, comme de raison, commencer par les officiers, ensuite les
sous-officiers, et préférer les Français ; qu'il assemble
tous les généraux et officiers sous ses ordres, pour leur faire
sentir l'importance de cette mesure et combien ils mériteront de
l'Empereur d'avoir sauvé 500 hommes.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Mortier.
[^2]: Comprendre : la destruction des fortifications du Kremlin.
[^3]: <span></span> Junot, commandant le 8<sup>e</sup> corps.
[^4]: Après la levée du siège de Saint Jean d’Acre le 21 mai 1799, il fallut évacuer les pestiférés et blessés du grand hôpital du mont Carmel, pour ce faire les chevaux d’artillerie disponibles ainsi que tous ceux des officiers y compris ceux de Bonaparte furent mis à la disposition de l’ordonnateur Daure.
[^5]: Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 16. [C 19296]</body> |
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