CG12-31951.md

identifiantCG12-31951.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1812/10/20 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 31951. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Troïtskoïé, 20 octobre 1812</h2><p>Mon cousin, donnez ordre au duc de Trévise<sup>[^1]</sup> de faire partir demain, à la pointe du jour, les hommes fatigués et éclopés des corps du prince d'Eckmühl<sup>[^2]</sup> et du vice-roi<sup>[^3]</sup>, de la cavalerie à pied et de la jeune Garde, et de diriger le tout sur Mojaïsk.</p><p>Le 22 ou le 23, à deux heures du matin, il fera mettre le feu au magasin d'eau-de-vie, aux casernes et aux établissements publics, hormis à la maison des Enfants trouvés. Il fera mettre le feu au palais du Kremlin. Il aura soin que les fusils soient tous brisés en morceaux ; qu'il soit placé des poudres sous les tours du Kremlin ; que tous les affûts soient brisés ainsi que les roues des caissons.</p><p>Quand ces expéditions seront faites, que le feu sera en plusieurs endroits du Kremlin, le duc de Trévise quittera le Kremlin, et se portera sur la route de Mojaïsk. À quatre heures, l'officier d'artillerie chargé de cette besogne fera sauter le Kremlin comme l'artillerie en a reçu l'ordre. Sur la route, il brûlera toutes les voitures qui seraient restées en arrière, fera autant que possible enterrer tous les cadavres et briser tous les fusils qu'il pourrait rencontrer. Arrivé au palais Galitzine, il y prendra les Espagnols et les Bavarois qui s'y trouvent, fera mettre le feu aux caissons et à tout ce qui ne pourra pas être transporté. Il ramassera tous les commandants de poste et reploiera les garnisons. Il arrivera à Mojaïsk le 25 ou 26. Il recevra là des ordres ultérieurs pour se mettre en communication avec l'armée. Il laissera, comme de raison, une forte arrière-garde de cavalerie sur la route de Mojaïsk. Il aura soin de rester à Moscou jusqu'à ce qu'il ait vu lui-même le Kremlin sauter. Il aura soin de faire mettre le feu aux deux maisons de l'ancien gouverneur<sup>[^4]</sup> et à celle de Razoumovski<sup>[^5]</sup>.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><i>P. S</i>. S'il reste encore aux hôpitaux quelques officiers, qu'il les fasse prendre sur les caissons ; également qu'il fasse parcourir les hôpitaux pour voir tout ce qu'on en peut ôter, et fasse faire des recherches pour retirer les hommes isolés et traînards qui pourraient s'y trouver encore.</p><p>Que le 21 et le 22 il tienne beaucoup de cavalerie sur la route de Desna, afin de maintenir ses communications libres contre les Cosaques. Qu'il place une arrière-garde à trois ou quatre lieues pour empêcher qu'il ne revienne plus personne, malades ou autres, à Moscou.<sup>[^6]</sup></p> [^1]: Mortier, commandant l’infanterie de la Garde et gouverneur de Moscou. [^2]: <span></span> Davout, commandant le 1<sup>er</sup> corps. [^3]: <span></span> Eugène de Beauharnais, commandant le 4<sup>e</sup> corps. [^4]: Rostopchine. [^5]: Ministre de l’Instruction publique de la Russie. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 19292, d’après l’expédition du dépôt de la Guerre. Extrait, copie d’expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 16.</body>