CG12-31920.md

identifiantCG12-31920.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1812/10/16 00:00
titreNapoléon à Maret, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 31920. - </b>À Maret, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Moscou, 16 octobre 1812</h2><p>Monsieur le duc de Bassano, j'ai ici deux régiments prussiens qui se sont distingués à l'avant-garde de la Grande Armée ; mais comme de raison, ils ont beaucoup souffert. Le roi de Prusse<sup>[^1]</sup> ne pourrait-il pas les relever par deux régiments frais et bien montés ? Ceux-ci rentreraient alors en Prusse pour s'y refaire. Le Roi y gagnerait de toutes manières, puisqu'il n'aurait pas besoin de faire si promptement des frais pour remonter ces régiments, et que cela ajouterait au nombre de ses cadres qui se seraient disciplinés et auraient pris l'habitude de la guerre dans ces grands mouvements.</p><p>J'ai donné au contingent prussien une direction naturelle en l'envoyant sur Riga ; mais je voudrais bien que le secours de ma 7<sup>e</sup> division<sup>[^2]</sup> ne fût pas nécessaire de ce côté. Je demande donc au roi de Prusse s'il ne voudrait pas faire une augmentation de 1 000 chevaux et de 6 000 hommes d'infanterie qui se rendraient devant Riga et y porteraient une force équivalente à la 7<sup>e</sup> division ; le Roi peut tirer facilement ces troupes de Kœnigsberg, de Kolberg, de Graudenz, et par ce moyen elles arriveraient en peu de jours. On les remplacerait par ce qui serait tiré de plus loin, en complétant quelques cadres ou en faisant venir des troupes de Silésie. Ainsi le roi de Prusse réunirait en ligne 4 000 hommes de cavalerie et 20 000 hommes d'infanterie. Il vous sera facile de faire comprendre qu'il est de son intérêt que tout finisse promptement, puisqu'en attendant il doit se trouver très gêné de cette lutte ; qu'il n'y a qu'une bonne manière de la finir ; que c'est de faire voir à la Russie par les grands moyens de recrutement qu’a l’Empereur, non seulement dans ses États, mais aussi dans le secours de ses alliés, que l’espérance qu’elle nourrit de miner l’armée est dénuée de fondement et tout à fait illusoire.</p><p>Le même raisonnement doit être fait en Autriche. Le même doit être fait en Bavière, à Stuttgart et partout. Non seulement je désire qu'on envoie des renforts, mais je désire aussi qu'on exagère ces envois et que les souverains fassent mettre dans leurs gazettes le grand nombre de troupes qu’ils font partir, en doublant le nombre.<sup>[^3]</sup></p><p>Il est bien entendu que le corps prussien<sup>[^4]</sup>, qui est à Memel, ne doit pas compter dans ces renforts.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3> [^1]: Frédéric-Guillaume III. [^2]: Division Grandjean. [^3]: Sur l’expédition (Archives de l’État russe des actes anciens (RGADA), fonds 30, op. 1, d. 239, fol. 32–33), biffure illisible de deux lignes. [^4]: Commandé par von Grawert. [^5]: Expédition, Archives de l’État russe des actes anciens (RGADA), fonds 30, op. 1, d. 239, fol. 32–33. [C 19278]</body>