| identifiant | CG1-1987.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1797/09/09 00:00 |
| titre | Napoléon à Faipoult, ministre de la République française à Gênes |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1987. - </b>À Faipoult, ministre de la République française à Gênes</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Passariano, 23 fructidor an V [9 septembre 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai été très étonné, citoyen ministre, d’apprendre le soulèvement des paysans de la montagne. J’ai bien reconnu là le caractère italien, dont il faut toujours se méfier. Le Gouvernement provisoire est un peu jeune, il est trop confiant.</p><p>J’ai envoyé hier les ordres pour que le général Lannes[^1], avec une colonne mobile, se rendît à Tortone, où il sera à votre disposition ; j’ai envoyé également le général Casabianca[^2] avec des sous-officiers d’artillerie et ce que demandait le général de Gênes[^3].</p><p>Qu’on punisse sévèrement les auteurs de cette insurrection, sans quoi on recommencera toujours ; et vous sentez combien, surtout pour une ville de commerce, cela fait mauvais effet.</p><p>Au reste, j’espère qu’au moyen des précautions qu’on prendra et de l’esprit de défiance qu’on montrera, de pareils événements ne se renouvelleront plus.</p><p>Rien de nouveau ici.</p><p>Je vous salue.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p><i>P. S.</i> ‑ Je crois qu’il serait utile à la chose publique que de temps en temps Poussielgue[^4], qui écrit facilement et très sagement, fit quelques numéros sur les affaires d’Italie et surtout de France, qui, vues de l’éloignement où nous nous trouvons, acquièrent une justesse et une originalité qui frappent beaucoup plus que lorsqu’on écrit sous la pression de l’instant. Ce n’est que parce que les patriotes et les gens sages n’écrivent jamais, que l’on livre l’opinion à un tas de misérables stipendiés qui la pervertissent et tuent l’esprit public.</p><p>Si Poussielgue se sentait le courage d’entreprendre ce travail, je m’abonnerais pour un grand nombre d’exemplaires. Le journal que rédige à Milan Regnaud de Saint-Jean-d’Angely[^5], <i>La France vue de l’armée d’Italie</i>[^6], fait le plus grand effet à Paris.[^7]</p> [^1]: Jean Lannes, 1769-1809, chef de demi-brigade au début de la campagne d’Italie, nommé général de brigade à titre provisoire par Bonaparte en septembre 1796 (confirmé en mars 1797), envoyé ensuite en mission diplomatique auprès du Saint-Siège. [^2]: Il commande les troupes liguriennes. [^3]: Duphot. [^4]: Premier secrétaire de la légation française à Gênes. [^5]: Michel Louis Étienne Regnaud de Sant-Jean d’Angely (1762-1819), avocat, ancien de la Constituante puis journaliste, arrêté pendant la Terreur, il parvient à s’évader et ne reparaît qu’après Thermidor. En 1796, il obtient le poste d’administrateur des hôpitaux de l’armée d’Italie et se lie avec Bonaparte qui lui confie la rédaction du journal La France vue de l’armée d’Italie. [^6]: Ce journal fait régulièrement l’éloge de Bonaparte et soutient le Directoire contre les royalistes. [^7]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2168, d’après l’expédition communiquée par M. Dupont.</body> |