| identifiant | CG1-1971.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/09/06 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Lespinasse, commandant de l’artillerie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1971. - </b>Au général Lespinasse, commandant de l’artillerie</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Passariano, 20 fructidor an V
[6 septembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Vous voudrez bien, citoyen général, envoyer le
citoyen Songis[^1]
à Palma Nova, pour organiser le service de cette place, les magasins
de l’artillerie et faire l’approvisionnement, en mettant dans le
plus menu détail ce qui manque et ce qui est nécessaire.</p><p>Le citoyen Songis considérera toutes les pièces
qui sont dans la place en grand et petit calibre.</p><p>Les grands calibres sont ceux plus forts que 16 ;
les petits calibres sont ceux moins forts que 16.</p><p>Il fera mettre des grands calibres aux angles
flanqués et sur les faces ; les petits calibres dans les flancs
et dans les demi-lunes.</p><p>Il aura soin qu’il n’y ait dans un même front
qu’un seul calibre du grand et un seul calibre du petit, et, autant
que cela sera possible, dans les fronts voisins les pièces d’un
même calibre.</p><p>Il fera organiser dans chaque magasin, à côté
des bastions, un magasin pour le front, et dans les casemates ;
il y fera placer des étagères et aura soin que ces petits magasins
puissent contenir dans des gargousses[^2]
de papier ou des gargoussières[^3]
cent coups à tirer par pièce de front, et tous les armements des
pièces.</p><p>Il organisera une grande salle d’artifice[^4]
à l’abri de la bombe ; s’il n’y a pas d’endroit, il la
fera sur-le-champ blinder ; cette salle sera proportionnée aux
besoins d’une aussi grande place.</p><p>Il déterminera les différents magasins, en ayant
soin de distinguer les magasins de la place des magasins de dépôt :
il videra les magasins de tous les fusils autrichiens, qu’il
renverra à Mantoue, à l’exception de 1 500 qu’il gardera pour
la défense de la place.</p><p>Il placera dans le magasin du dépôt de l’armée
tous les fusils vénitiens propres à notre infanterie, qui doivent
être tenus en bon état et en réserve pour l’armement de l’armée,
dont Palma Nova doit être le principal dépôt. Il fera des
dispositions pour établir à Palma Nova un atelier de construction
et de réparation tant pour la place que pour l’armée, en
profitant de la voisinance [<i>sic</i>] du bois, l’établissement
de Mantoue ne devant être réservé qu’en cas que l’armée fût
obligée de se replier et en cas de malheur.</p><p>Il fera placer toute l’artillerie de campagne
qui se trouve à Palma Nova dans un parc ; il y fera organiser
les caissons et les tiendra tous chargés, afin qu’ils puissent
servir de remplacement au parc de l’armée active, si jamais elle
faisait de grandes pertes. Ils seront également pour le service de
la place, au cas qu’elle en eût besoin et qu’elle fût investie.</p><p>Le général d’artillerie donnera l’ordre au
citoyen Lamogère[^5]
de se rendre à Palma Nova, pour y commander l’artillerie de cette
place. Le citoyen Songis ne quittera pas Palma Nova qu’il n’ait
remis le service et qu’il n’ait fait part de tout ce qu’il a
fait et de tout ce qu’il devait faire, en conséquence du présent
ordre, au citoyen Lamogère.</p><p>Le chef de bataillon Delaitre[^6]
commandera en deuxième l’artillerie de Palma Nova.</p><p>Le citoyen Lamogère aura quatre capitaines et
quatre lieutenants d’artillerie, dont au moins le tiers
d’artillerie de ligne, qui lui serviront d’adjoints pour le
service de la place, et à chacun desquels il assignera une fonction
et la surveillance d’un ou deux fronts.</p><p>Le général d’artillerie nommera des personnes
fortes, d’une bonne santé, ayant de l’énergie et susceptibles
de se faire honneur dans un poste si important.</p><p>Le général d’artillerie nommera également un
officier du parc général chargé de la surveillance des magasins du
dépôt de l’armée. En cas d’investissement, cet officier se
trouverait sous les ordres immédiats du citoyen Lamogère.</p><p>Le général d’artillerie me remettra demain
l’état des officiers d’artillerie qu’il compte employer à
Palma ; il aura soin aussi d’y nommer le nombre de gardes[^7]
nécessaire.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Nicolas Marie Songis des Courbons [ou Songis] (1761-1810), directeur
du parc de siège en sous Bonaparte à Toulon (1794), chef de
bataillon d’artillerie (1795), il sert ensuite à l’armée
d’Italie. Bonaparte le nomme chef de brigade (15 août 1796),
grade confirmé par le Directoire le 14 septembre.
[^2]: Emballage contenant la charge complète d’une pièce d’artillerie,
poudre et boulet.
[^3]: Terme de marine pour désigner les étuis à gargousses : étuis
en bois ou en cuir destinés au portage des gargousses depuis la
soute à munitions (ou salle d’artifice) jusqu’aux batteries.
[^4]: Pièce réservée à la confection des munitions et accessoires pour
l’artillerie.
[^5]: Louis Victor Aubert de Lamogère (1758-1837), officier sorti de
l’école d’artillerie de Douai en 1781, capitaine à l’armée
du Rhin 1792-93, chef de bataillon à celles des Alpes et d’Italie.
[^6]: <span></span>Fortuné
Delaitre (1756-1815), capitaine (1793) à l’armée d’Italie
(1795), il obtient le grade de chef de bataillon au 2<sup>e</sup>régiment d’artillerie à pied, le 6 décembre 1796.
[^7]: Les gardes d’artillerie sont chargés de la conservation et de la
surveillance des matériels de cette arme.
[^8]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2151, d’après le
dépôt de la Guerre.</body> |
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