| identifiant | CG1-1965.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/09/03 00:00 |
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| titre | Napoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1965. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Passariano, 17 fructidor an V
[3 septembre 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Je reçois, citoyen ministre, votre lettre du 6 de
ce mois [23 août] Nous aurons égard, dans la conclusion du traité,
à la sage observation qu’elle contient[^1].</p><p>Nous avons échangé nos pleins pouvoirs.</p><p>Nous avons passé deux séances à rédiger le
second procès-verbal. MM. les plénipotentiaires de l’Empereur
prétendaient insérer dans le procès-verbal une réserve qui était
à peu près la copie de la lettre que vous avez reçue de M. Thugut.
Nous avons prétendu, au contraire, que, bien loin de pouvoir
admettre cette réserve, nous étions ici le congrès de Berne[^2].</p><p>Vous verrez par le procès-verbal le <i>mezzo
termine</i> qu’on a pris de part et d’autre.</p><p>Aujourd’hui nous commençons la séance par
prévenir MM. les plénipotentiaires de S. M. l’Empereur que la
République française, lorsqu’elle avait accordé à Leoben des
préliminaires aussi avantageux pour Sa Majesté Impériale, sans
avoir égard aux circonstances et aux avantages immenses que la
guerre lui avait donnés, avait eu principalement pour but de pouvoir
conclure une paix séparée avec Sa Majesté Impériale, afin d’être
à même de tourner toutes ses forces contre l’Angleterre et
l’obliger à une paix prompte.</p><p>Les assertions avancées par la cour de Vienne,
qui ont bouleversé le principe fondamental des préliminaires, qui
était la paix séparée, les obstacles que, depuis, on a apportés à
la négociation, ont fait perdre à la République française le seul
avantage qu’elle avait dans la conclusion des préliminaires, et
auquel elle avait tout sacrifié.</p><p>En conséquence, nous préviendrons Leurs
Excellences que si, au 1<sup>er</sup> octobre prochain, la paix n’est
pas conclue à Udine, nous regarderons la base des préliminaires
adoptés comme nulle et devoir traiter sur les principes de la
position respective des deux puissances.</p><p>C’est le seul <i>mezzo termine</i>, citoyen
ministre, que j’aie imaginé pour presser un peu ces gens-ci, qui
ne finiraient jamais.</p><p>Les plénipotentiaires de l’Empereur gémissent
sur les sottises de M. Thugut ; ils ne dissimulent pas même,
dans la conversation particulière, qu’ils le croient vendu à
l’Angleterre. Cela nous donne souvent lieu de leur mettre sous les
yeux quelque comparaison entre la nature des gouvernements. Enfin, je
vous le répète, l’histoire actuelle de la cour de Vienne est dans
ces deux mots-ci : l’Empereur et la nation veulent la paix ;
M. Thugut ne veut pas la paix, mais n’ose pas vouloir la guerre.
Présentez-lui celle-ci comme infaillible ; coupez avec l’épée
tous les sophismes dont il cherche à s’entortiller pour qu’à
aucun événement il n’ait la guerre ; présentez-la-lui, au
contraire, comme la tête de Méduse, et nous réduirons M. Thugut à
des conditions très raisonnables.</p><p>Tout ce qu’on a pu entrevoir dans la
conversation particulière est que ces messieurs sont autorisés à
s’arranger avec nous pour Mayence ; c’est le seul point sur
lequel nous ayons encore insisté dans les entretiens particuliers.</p><p>Je vous salue.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Cette lettre complète les instructions à Clarke et Bonaparte,
datées du 19 août est conservée aux Archives nationales AF III,
460.
[^2]: Allusion au congrès de paix définitive, prévu par les accords de
Leoben, qui aurait pu se tenir à Berne.
[^3]: Expédition, Archives du ministère des affaires étrangères,
Mémoires et documents, France, vol. 1769.</body> |
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