| identifiant | CG12-31315.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1812/07/22 00:00 |
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| titre | Napoléon à Maret, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 31315. - </b><span style="font-variant: normal">À
Maret, ministre des Relations extérieures</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gloubokoïé, 22 juillet 1812</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
le duc de Bassano, je reçois votre lettre du 21. J'ai tout lieu de
penser que le prince d'Eckmühl<sup>[^1]</sup>
sera entré à Mohilev le 20. Cependant je n'ai encore de nouvelles
que de ses avant-postes, qui n'étaient qu'à deux ou trois lieues de
cette ville<sup>[^2]</sup>.
Il paraît que l'empereur<sup>[^3]</sup>
était le 19 à Vitebsk.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
pars à l'instant et porte mon quartier général à Kamen.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le
roi de Naples<sup>[^4]</sup>
s'est porté sur Polotsk et inonde toute la rive droite de la Dvina
de sa cavalerie. Réexpédiez un second courrier, et promettez une
récompense s'il va très vite pour annoncer ces nouvelles au duc de
Tarente<sup>[^5]</sup>.
On me dit que l'ennemi n'a laissé que trois bataillons à
Dünabourg ; si cela est vrai, je désire que le duc de Tarente
en investisse la forteresse, et que, s'il y en a davantage, il
l'observe ; qu'il faut qu'il fasse un pont afin d'éloigner tout
ce que l'ennemi aurait laissé sur la rive droite. Annoncez aussi au
duc de Tarente que l'équipage de siège est arrivé à Tilsit ;
que je suppose qu'il l'aura fait débarquer et qu'il l'aura mis en
mouvement pour pouvoir commencer le siège de Riga ; que la 1<sup>re</sup>
brigade de la division Daendels<sup>[^6]</sup>
doit être arrivée à Labiau ; que, s'il en avait besoin, il
pourrait l'approcher de Tilsit ; que tout le 9<sup>e</sup>
corps, commandé par le duc de Bellune<sup>[^7]</sup>,
sera du 8 au 9 août à Tilsit ; que ce corps est composé de
trois divisions, formant plus de 30 000 hommes ; que, dans
le cas où il en aurait besoin, il peut envoyer à sa rencontre pour
presser sa marche, si les circonstances le rendaient nécessaire.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Voici
la position qu'occupe le général Reynier<sup>[^8]</sup>
: sa droite est à Brest et Kobrine, et sa gauche à Pinsk ; il
tient son centre à Droghichin. Vous voyez qu'il est à portée
d'entrer en Volhynie et de protéger le Grand-duché. Je l'ai laissé
maître d'entrer en Volhynie s'il le jugeait convenable. Si l'on
pouvait fournir de Varsovie quelques milliers d'hommes et beaucoup de
volontaires pour insurger la Volhynie aussitôt que les 9<sup>e</sup>
et 15<sup>e</sup> divisions russes l'auront évacuée, ce serait une
bien bonne opération. Écrivez au général Reynier pour l'instruire
de ce qui se passe ici, et que de son côté il se mette en
communication par courriers avec vous. Faites comprendre au
gouvernement polonais qu'il est nécessaire d'organiser promptement
des forces, parce que tout serait bon contre la canaille qu'a réunie
Tormasov<sup>[^9]</sup>.
Trois bataillons des régiments de la Vistule sont partis le 17 de
Kœnigsberg et vont arriver à Vilna. Dites au commandant Jomini<sup>[^10]</sup>
qu'il peut écrire pour accélérer leur route, s'il trouve que la
garnison de Vilna ne soit pas assez forte, mais que je suppose qu'il
aura assez de monde en retenant les isolés. Voyez donc sérieusement
le gouvernement, pour qu'on réunisse chaque jour 5 à 600 quintaux
de farine, et que tout ce qui part ait abondamment de pain. Voyez
aussi le commandant Jomini et le commissaire des guerres pour qu'on
ne retienne aucun convoi, qu'on les expédie tous, et qu'on fasse
connaître aux commandants que celui de tout convoi qui sera plus de
huit jours en route pour aller de Vilna à Gloubokoïé sera arrêté
et puni. Le prince Schwartzenberg<sup>[^11]</sup>
doit être à Nesvije. Je lui ai donné ordre de se rendre sur Minsk.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il
paraît que la Grande Armée russe a évacué en toute hâte ses
positions de la Dvina et s'est mise en marche forcée, de peur que je
ne lui coupe le chemin de Moscou.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">La
garnison de Zamosc étant trop forte, puisqu'il y a un régiment
entier et qu'on n'a plus aucune crainte d'un siège, il serait
convenable d'y envoyer 1 000 hommes des dépôts pour remplacer
ce régiment, dont on ferait une colonne mobile avec trois ou quatre
pièces de canon. Cette colonne, à laquelle on joindrait une
centaine de chevaux, protégerait le pays et serait fort utile au
général Reynier. Écrivez pour cela au général Reynier et au
ministre de la Guerre à Varsovie. On a des fusils à Zamosc et à
Varsovie, et on pourrait en employer 4 à 5 000 à armer les
gardes nationales des frontières, afin de défendre le pays et de
repousser les Cosaques.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Envoyez
au général Reynier tous les renseignements que vous avez sur le
corps de Tormasov, auquel je ne crois pas plus de 9 000 hommes,
et encore ce ne doit être que tout recrues.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
suppose que je n'ai pas besoin de vous dire d'envoyer une ou deux
fois par semaine des courriers à Constantinople, pour porter les
bulletins et toutes les nouvelles possibles ; si j'étais obligé
d'entrer dans de pareils détails avec vous, vous seconderiez bien
mal mes intentions. Il faut donc que les Turcs se pressent d'entrer
dans la Moldavie et la Valachie, et menacent la Crimée par le
mouvement de leur flotte.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Indépendamment
des courriers de Vienne, envoyez-en par Leopold et la Transylvanie ;
ce doit être beaucoup plus court. De simples courriers ne font pas
le même effet que des officiers : envoyez donc des officiers
polonais.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites
envoyer par la Confédération de Varsovie une ambassade de trois
membres en Turquie ; qu'elle parte sans délai pour faire part
de la Confédération et demander la garantie de la Turquie. Vous
sentez combien cette démarche est importante ; je l'ai toujours
eue dans ma tête, et je ne sais comment j'ai oublié jusqu'à
présent de vous donner des ordres. Faites en sorte que cette
députation, avec une lettre de la Confédération pour le Grand
Seigneur<sup>[^12]</sup>,
parte avant huit jours et arrive à tire-d'aile à Constantinople.</font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt"><i>P.
S.</i> Le prince d'Eckmühl est entré le 20 à cinq heures du soir à
Mohilev. Il y a trouvé des magasins ; l'entrée de la place a
été défendue par 2 000 hommes, qui ont été culbutés et
écharpés. On en a pris la moitié, dont 20 officiers. Il paraît
que la 26<sup>e</sup> division, qui ferait la tête de Bagration,
marchait sur Mohilev.<sup>[^13]</sup></font></p>
[^1]: <span></span> Davout, commandant le 1<sup>er</sup> corps.
[^2]: Davout est bien entré à Mohilev le 20 juillet, comme l’indique Napoléon dans le post-scriptum.
[^3]: <span></span> Comprendre : Alexandre I<sup>er</sup>.
[^4]: Murat.
[^5]: <span></span> Macdonald, commandant le 10<sup>e</sup> corps.
[^6]: <span></span> 26<sup>e</sup> division d’infanterie.
[^7]: Le maréchal Victor.
[^8]: <span></span> Commandant le 7<sup>e</sup> corps.
[^9]: Tormasov Alexandre Petrovitch (1752–1819), commandant en chef de l’armée de Volhynie.
[^10]: Gouverneur de Vilna.
[^11]: Commandant le corps autrichien.
[^12]: Mahmoud II.
[^13]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 18994, d’après l’expédition communiquée par le duc de Bassano.</body> |
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