| identifiant | CG12-30824.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1812/06/04 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Clarke, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 30824. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Thorn, 4 juin 1812
</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de
Feltre, vous verrez par les ordres du jour<sup>[^1]</sup>
que j'ai été obligé de prendre, mon mécontentement contre le
bureau du génie<sup>[^2]</sup>.
Je ne trouve qu'un officier dans la plupart des compagnies de mineurs
et de sapeurs. Les capitaines et lieutenants sont tous retenus en
France sous différents prétextes. Le ministre de la Guerre n'a pas
le droit de détourner la destination d'un capitaine, et celui-ci n'a
pas le droit de ne pas suivre sa compagnie, d'abord, parce que cela
le déshonore, enfin, parce qu'un capitaine n'est institué que pour
cela. Comment suppose-t-on qu'on puisse faire commander à
120 hommes, par un seul officier, lorsque le nombre de 3 qui est
institué par compagnie n'est pas suffisant ; il y a bien de
l'inadvertance dans cette conduite. J'ai suspendu tous ces officiers
absents et si, sous 6 semaines, ils n'ont pas rejoint, je les
destitue. Faites-les partir sans délai. Il est de principe dans
l'artillerie que le capitaine en second ne suit pas la compagnie,
mais tout capitaine, lieutenant, et sous-lieutenant doit-suivre et je
tiens pour déshonorés tous ceux qui ne rejoindront pas. Ce n'est
que sur des principes généraux qu'on gouverne de grandes armées.
Je ne connais aucun cas qui puisse dispenser un capitaine, un
lieutenant et un sous-lieutenant de suivre sa compagnie. Quand le
service exige absolument qu'un de ces officiers s'absente, le
ministre de la Guerre ne doit le lui permettre qu'en le mettant à la
suite.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On ne peut pas être
plus mécontent que je ne le suis relativement aux deux compagnies de
sapeurs qui étaient à l'île d'Elbe. Elles sont nues. Comment
l'ordonnateur a-t-il pu les laisser partir dans cet état ? Vous
verrez que par un ordre du jour, j'ai ordonné une enquête à ce
sujet. Je suis extrêmement mécontent que l'ordonnateur Jacqueminot<sup>[^3]</sup>
ait quitté l'armée au moment où il commençait à connaître le
service et sans attendre même l'arrivée de celui qui devait le
remplacer. Si je ne m'étais ressouvenu des services de son père,
sénateur<sup>[^4]</sup>,
je l'aurais mis à l'ordre de l'armée et déshonoré. On sollicite
pour venir à l'armée et non pour la quitter. Donnez-lui ordre que
dans un mois, il ait rejoint, et faites comprendre au sénateur le
danger que son fils a couru, et le mauvais préjugé que cela laisse
dans mon esprit. Il semblerait qu'à Paris, on regarde l'armée comme
un pis-aller, et qu'on cherche des prétextes pour ne pas y venir. Il
faut convenir du moins que les bureaux admettent avec une grande
facilité toutes les raisons qu'on leur donne dans ce dessein.
Redressez vos bureaux à cet égard ; retirez toutes les
permissions et toutes les destinations indirectes données sous
quelque prétexte que ce soit, à tout colonel, capitaine, lieutenant
et sous-lieutenant pour l'infanterie et la cavalerie et à tout
capitaine, lieutenant et sous-lieutenant pour les compagnies de
sapeurs, de mineurs, et de l’artillerie ; faites la même
chose, pour l'armée d'Espagne, et que tous les officiers
rejoignent<sup>[^5]</sup>.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="text-align: right; margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: <span></span>Cette lettre est accompagnée de trois ordres du jour signés de l’empereur : 1°) « Beaucoup de sergents et de caporaux manquent dans les Compagnies de mineurs, sapeurs et pontonniers de l’armée. Des sous-officiers ne pouvant être faits pour remplir les places vacantes que par un ordre de l’état-major, ce qui pourrait être long, Sa Majesté ordonne que les généraux sous les ordres desquels se trouvent des compagnies de mineurs, sapeurs et pontonniers aient à faire constater le nombre des sous-officiers absents, et sur la proposition des officiers commandants lesdites compagnies, à procéder à tous les remplacements nécessaires. L’état de ces nominations sera ensuite transmis par les officiers commandant, au corps dont lesdites compagnies font partie » (Expédition, <font size="2" style="font-size: 10pt">département
l’Armée de Terre, 17 C 110) ; 2°) </font><font size="2" style="font-size: 10pt">Plusieurs
officiers de mineurs, sapeurs et d’artillerie, sont restés au
dépôt en France, Sa Majesté ordonne qu’il soit pourvu
sur-le-champ à leur remplacement, et que ces officiers soient
considérés comme suspendus, jusqu’à ce qu’on ait pu connaître
les raisons qui les ont empêchés de suivre leur compagnie et
comment ils n’ont pas fait de représentation contre toute
décision quelconque qui leur a donné une destination si contraire
à leur premier devoir, qui est de suivre leur compagnie. En
conséquence, les maréchaux et généraux commandant les différents
corps d’armée, se feront remettre un état de toutes les places
de capitaines, lieutenants et lieutenants en second vacantes dans
lesdites compagnies de mineurs, sapeurs et d’artillerie et
proposeront à l’État-major général les choix à faire en
remplacement. Les capitaines en second ne seront pas compris audit
état, n’étant pas tenus par l’organisation de suivre leur
compagnie. L’État-Major général soumettra à Sa Majesté, un
projet de décret pour suspendre tous les officiers de sapeurs,
mineurs et d’artillerie qui n’auront pas rejoint leur compagnie,
et un autre projet de décret pour nommer titulaires dans ces
compagnies les nouveaux sujets proposés en remplacement et
conformément au présent ordre » (Expédition, </font><font size="2" style="font-size: 10pt">département
l’Armée de Terre, 17 C 110) ; 3°) « </font><font size="2" style="font-size: 10pt">Sa
Majesté fait mettre à l’ordre de l’armée qu’elle témoigne
son mécontentement à l’ordonnateur de la 29</font><sup><font size="2" style="font-size: 10pt">e</font></sup><font size="2" style="font-size: 10pt">
division militaire pour la négligence qu’il a mise dans
l’habillement des 2 compagnies de sapeurs de l’île d’Elbe,
pour avoir laissé s’écouler plusieurs mois sans pourvoir à leur
habillement et enfin les avoir laissé partir pour l’armée dans
cet état de dénuement. Sa Majesté ordonne que le présent ordre
sera lu dans toutes les divisions militaires et qu’une enquête
sera faite pour connaître les raisons qui ont pu porter
l’ordonnateur de la 29</font><sup><font size="2" style="font-size: 10pt">e</font></sup><font size="2" style="font-size: 10pt">
</font><font size="2" style="font-size: 10pt"><i>à</i></font><font size="2" style="font-size: 10pt">
</font><font size="2" style="font-size: 10pt"><i>tant de négligence</i></font><font size="2" style="font-size: 10pt">
[Biffé : « à envoyer ainsi tout nu de braves soldats à
l’armée »] » (Expédition, </font><font size="2" style="font-size: 10pt">département
l’Armée de Terre, 17 C 110)</font><font size="2" style="font-size: 10pt">.</font>
[^2]: <span></span> La 7<sup>e</sup> division de l’administration centrale du ministère est chargée de suivre le personnel (un bureau) et le matériel (un bureau) de cette arme. Le bureau mis en cause ici par Napoléon est celui du bureau du personnel dont la mission est la nomination, les carrières, les mouvements et les affectations des officiers du génie.
[^3]: Commissaire ordonnateur à la disposition de l’intendant général Dumas.
[^4]: Jean Ignace Jacques Jacqueminot a été un soutien très utile en Brumaire. Il est entré au Sénat dès le 25 décembre 1799.
[^5]: La Correspondance (n° 18758) ne publie que la seconde partie de cette longue lettre à Clarke.
[^6]: Copie d’expédition, S.H.D., département l’Armée de Terre, 17 C 326.</body> |
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