CG1-1914.md

identifiantCG1-1914.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/08/20 00:00
titreNapoléon à Groignard, ordonnateur de la marine à Toulon
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1914. - </b>À Groignard[^1], ordonnateur de la marine à Toulon</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 3 fructidor an V [20 août 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai reçu, citoyen, votre lettre du 17 thermidor, avec celle qui y était jointe.</p><p>Pitt n’aurait pas pu se conduire d’une manière plus contraire à notre marine que ne viennent de le faire, à l’égard de la marine de Toulon, les commissaires de la trésorerie.</p><p>La solde des marins du département de Toulon était arriérée depuis trois mois ; ils refusaient, en conséquence ; de s’enrôler, et empêchaient par là le contre-amiral Brueys de partir.</p><p>La même raison vous empêchait de m’envoyer des officiers marins et des matelots pour l’armement des vaisseaux vénitiens.</p><p>Je vous envoie un million provenant des contributions de l’armée d’Italie, afin de vous mettre à même de subvenir à ces dépenses urgentes et de remplir le premier devoir qui est imposé par la loi à la trésorerie : et ses commissaires ont l’imprudence de vous ôter ce million, et vous avez la faiblesse d’y consentir !</p><p>Je ne suis pas votre juge ; mais, si vous étiez sous mes ordres, je vous mettrais aux arrêts pour avoir obtempéré à une réquisition ridicule et avoir laissé partir ce million pour Paris, lorsque la trésorerie ne remplit pas son devoir le plus sacré, qui est la solde de vos marins. Peut-être que les commissaires ne se doutaient pas combien ils entravaient la marche de nos opérations et combien ils faisaient de tort aux armes de la République, en vous ôtant ce million dans ce moment-ci.</p><p>La trésorerie, me dites-vous, donne l’ordre au payeur de l’armée d’Italie de fournir un autre million à Toulon : les commissaires savent cependant mieux que personne que l’argent que la caisse de l’armée d’Italie a fourni, joint aux dépenses immenses d’une armée aussi nombreuse, nous mettent désormais dans l’impossibilité de subvenir aux besoins d’autres services que celui de l’armée.</p><p>L’amiral Brueys me mande de Corfou qu’il arrive à Venise, et qu’il est arriéré de quatre mois de solde : c’est encore un surcroît de dépense très considérable pour la caisse de l’armée ; mais nous chercherons à y subvenir en tout ou en partie. Le soldat de l’armée d’Italie se fera toujours un plaisir de partager son pain avec les braves marins.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Antoine Groignard (1727-1799), est l’un des plus grand ingénieur-constructeur naval de son époque dès 1754, à la suite d’un grave accident (1789) il démissionne de ses fonctions pour occuper un poste d’ordonnateur en chef de la Marine. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 2110, d’après la Collection Napoléon.</body>