| identifiant | CG12-30327.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1812/03/28 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Eugène, vice-roi d'Italie |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 30327. - </b><span style="font-variant: normal">À
Eugène, vice-roi d'Italie</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 28 mars 1812</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon fils, je reçois
l'organisation des troupes qui restent dans l'intérieur de l'Italie,
conformément à l'instruction que je vous ai donnée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La 1<sup>re</sup>
division sera composée de la brigade du général Schilt, de quatre
bataillons du 13<sup>e</sup> de ligne ayant deux pièces
d'artillerie, qui se réunira à Udine, et d'une brigade commandée
par le général Zucchi, se réunissant à Padoue, composée de six
bataillons italiens et de quatre pièces d'artillerie ; ce qui
forme une division de dix bataillons, de six pièces d'artillerie
régimentaires, de quatre escadrons et de six pièces d'artillerie à
cheval, présentant une force de près de 8 000 hommes. Je
nommerai incessamment un général de division.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La 2<sup>e</sup>
division sera commandée par le général Barbou. Elle sera composée
de la brigade Renard, qui se réunit à Ancône, ayant deux pièces
d'artillerie, un escadron de chasseurs et un escadron de dragons, et
formant 2 000 hommes d'infanterie et 400 chevaux. La 2<sup>e</sup>
brigade sera composée de deux bataillons du 112<sup>e</sup>, qui
sont encore à Florence et qui recevront incessamment l'ordre de se
rendre à Bologne ; ce qui portera cette division à
4 000 hommes. Il y sera attaché une batterie de six pièces
d'artillerie, servie par une compagnie d'artillerie à pied
italienne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Indépendamment de ces
deux divisions, il y aura le corps d'observation de l'Italie
méridionale, que commande le général Grenier, placé à Perugia,
en situation de se porter sur Ancône, sur Livourne et sur Naples,
selon les événements.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La 1<sup>re</sup> et la
2<sup>e</sup> division se porteront, selon les circonstances, sur
Venise, sur les provinces illyriennes, sur le Tyrol, sur Ancône, sur
Livourne, sur Gênes. Il y aura donc en Italie une force active de
20 000 hommes, qui pourra se porter partout où besoin
serait, sans comprendre ce qui serait en Piémont.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J'approuve la
composition que vous avez arrêtée des garnisons des places de
Palmanova, Osoppo, Venise, Mantoue, Legnago, Peschiera, de la Rocca
d'Anfo, du château de Vérone. Il est nécessaire que vous preniez
toutes les mesures pour compléter les cadres des corps italiens ;
les cadres français vont l'être. Les compagnies d'artillerie
entières à Palmanova, à Venise, à Mantoue, seront disponibles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Disposez tout pour
donner aux choses cette direction ; accélérez le complètement
des dépôts et la remonte des 5<sup>es</sup> escadrons, afin
d'avoir, cet été, 1 500 chevaux disponibles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je suppose que tout ce
qui doit partir pour la Grande Armée est déjà parti.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est nécessaire que
vous vous concertiez avec les Bavarois pour connaître la quantité
de troupes qu'ils laisseront dans le Tyrol. Il est convenable de
laisser quelques troupes à Trente. Une colonne d'infanterie, avec
quelque cavalerie, et six pièces de canon sont indispensables pour
surveiller tout le Tyrol italien, étouffer sur-le-champ tout
mouvement et maintenir la tranquillité.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Vignolle
restera en Italie comme chef d'état-major ; je nommerai un
général pour y commander.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant au gouvernement
civil, je m'imagine qu'il sera le même qu'à l'époque de la
campagne de Vienne ; vous laisserez au duc de Lodi<sup>[^1]</sup>
la présidence du conseil des ministres ; je suppose qu'il est
en état d'agir.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Préparez tout pour
votre départ, car dans trois ou quatre jours je vous écrirai de
venir à Paris, et peut-être de Paris vous rendrez-vous directement
à Glogau, et de là à votre corps d'armée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne veux point vous
laisser ignorer que j'ai conclu depuis plusieurs mois une alliance
avec l'Autriche<sup>[^2]</sup>,
qui fait cause commune avec moi et me fournit un contingent de
40 000 hommes.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Melzi.
[^2]: Un traité d’alliance entre les deux pays a été signé le 14 mars 1812 par Maret et Schwartzenberg (avant ratification le lendemain par la France et dix jours plus tard par l’Autriche). Les parties signataires proclament leur union et se garantissent mutuellement leurs territoires. Elles s’engagent à se prêter assistance en cas de conflit en Europe. Dans la perspective de la guerre avec la Russie, l’Autriche fournira un contingent de 24 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 60 canons commandés par un général autrichien lui-même placé sous la direction de Napoléon. Des clauses secrètes excluent tout engagement du contingent autrichien contre l’Angleterre ou en Espagne et ouvrent à l’Autriche des perspectives d’agrandissement en Galicie.
[^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 18618, d’après la copie communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Extrait, Jacques Arnna, <i>Pages de l’épopée impériale recueillies par
André de Coppet</i>, Tours, 1952, n° 236.</body> |
|---|
| |