| identifiant | CG1-1842.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/07/30 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Gentili |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1842. - </b>Au général Gentili</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 12 thermidor an V [30
juillet 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Je reçois, citoyen général, vos dépêches
datées du 15 messidor[^1].
Il est parti de Venise des vivres, des commissaires et de l’argent.
Comme le tout doit être arrivé à l’heure qu’il est, vous devez
être sans inquiétude et votre troupe parfaitement approvisionnée.</p><p>Vous trouverez ci-joint une ordonnance de quinze
mille francs pour vos dépenses personnelles. Vous vous les ferez
solder par le payeur de l’armée ou le payeur vénitien, et dans le
cas où l’un ou l’autre n’en aurait point, vous n’aurez qu’à
tirer une lettre de change de la dite somme sur le consul à Ancône,
auquel je donne ordre de les faire solder.</p><p>Le citoyen Stéfanopoli[^2]
vous remettra cette lettre. Je désire que vous l’envoyiez
accompagné d’Arnaud sur un chebec à Maïna[^3].
Le Bey qui commande dans ces cantons m’ayant fait faire des offres
de service, je désire connaître jusqu’à quel point il serait
possible de compter sur un mouvement en Grèce, et maintenir toujours
une correspondance dans ce pays-là, afin que, si jamais la Russie et
le Turc voulaient apporter des changements dans l’Empire
Germanique, nous puissions être assurés d’un parti.</p><p>Je désirerai également que vous vous mettiez en
correspondance avec le Pacha de Scutari[^4],
afin de pouvoir le secourir si jamais l’Empereur entreprenait
quelque chose contre lui.</p><p>Vous recevrez, en même temps que votre lettre, 50
canonniers. Je donne ordre que l’on prépare un bataillon de 500
hommes de la troisième légion de la République cisalpine et qu’on
l’embarque pour Corfou.</p><p>L’amiral Brueys avec son escadre qui est partie
de Toulon dans les premiers jours de messidor doit, à l’heure
qu’il est, être arrivé à Corfou. On prépare à Venise
l’approvisionnement dont il a besoin.</p><p>Faites mettre dans le meilleur état de défense
les citadelles de Corfou. Les 500 pièces de canon qui s’y trouvent
ne sont pas nécessaires pour son armement. Faites en sorte que la
plus grande partie de cette artillerie soit renfermée dans ce
château, que tous les Français y soient logés, et que le nombre de
pièces nécessaires pour l’armement et la défense du château et
du fort, soit approvisionnés et en état. Faites faire aussi un
approvisionnement de siège pour le château.</p><p>Je donne ordre à l’ordonnateur en chef de vous
faire passer le blé, le riz, nécessaires pour 2 000 hommes
pendant six mois : il vous sera facile de vous procurer dans votre
pays le vin, l’huile et la viande.</p><p>Je désirerais également que vous puissiez mettre
en état de défense le château de Zante[^5]
et même celui de Saint-Maur[^6].
Je vous enverrai successivement un millier d’hommes de la
République cisalpine : ce qui, joint aux 1 200 français et à, à
peu près, autant de vénitiens, vous fait une force capable de
maintenir les îles.</p><p>Accordez aux habitants la formation du
gouvernement, l’administration de la justice, les municipalités,
la garde nationale, et le plus grand respect pour leur culte.</p><p>Les finances des îles, bien administrées,
doivent vous suffire ; d’ailleurs Venise et l’armée vous
feront passer ce dont vous aurez besoin.</p><p>En y pensant mieux, et pour éviter des frais de
nolis, je vous ferai passer les 1000 cisalpins dont je vous ai parlé
plus haut, par le retour de l’amiral Brueys, qui doit venir avec
son escadre à Venise.[^7]</p><p><br/>
</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p><br/>
</p><p><br/>
</p>
[^1]: 3 juillet 1797. Gentili se trouve alors à Corfou.
[^2]: Stéfanopoli, courrier, probablement d’origine grec, utilisé par
Bonaparte pour correspondre avec le général Gentili au moment de
l’expédition de Corfou.
[^3]: Maïna est en Laconie (Péloponnèse), dans la presqu’île de
Ténare. Les Maniottes constituent un peuple libre au sein d’un
ensemble grec dominé par les Turcs.
[^4]: Karamahmut Bushati.
[^5]: Zante (Zákinthos) est la ville principale de l’île du même nom
en mer ionienne, au large du Péloponnèse.
[^6]: Sainte-Maure appelée maintenant Leucade (Lefkáda) est la ville
principale de la presqu’île du même nom.
[^7]: Copie d’expédition, Archives nationales, 400 AP 139.</body> |
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