| identifiant | CG12-29886.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| titre | Napoléon à Frédéric-Auguste Ier, roi de Saxe, grand-duc de Varsovie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 29886. - </b>À Frédéric-Auguste Ier, roi de Saxe, grand-duc de Varsovie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, […] février 1812<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère,
dans les circonstances actuelles, j'ai dû me faire mettre sous les
yeux l'état de situation de votre armée du duché de Varsovie<sup>[^2]</sup>.
Il m'a paru nécessiter diverses dispositions dont je vais entretenir
Votre Majesté avec la confiance qu'elle m'a toujours inspirée. J'ai
vu qu'il manque au complet des 5<sup>e</sup>, 10<sup>e</sup> et 11<sup>e</sup>
régiments d'infanterie, forts chacun de 4 bataillons, un total de
1 229 hommes au complet des onze autres régiments
d'infanterie (je ne compte point ceux qui sont en Espagne) un total
de 1 518 hommes, et 700 hommes au complet de
l'artillerie, donc les compagnies doivent avoir, pour l'artillerie de
ligne 140 hommes, pour l'artillerie à cheval 100 hommes,
et pour les sapeurs, 170. Compléter tous les corps est sans doute la
première mesure à prendre et la plus indispensable. Mais en même
temps il m'a paru désirable que la force de l'infanterie et de la
cavalerie fût augmentée, quoique dans des proportions différentes.
Les 5<sup>e</sup>, 10<sup>e</sup> et 11<sup>e</sup> régiments ayant
quatre bataillons et six compagnies par bataillon, n'auraient besoin
d'être augmentés chacun que d'une compagnie de dépôt, au moyen de
laquelle ces régiments deviendraient disponibles en entier. Ainsi je
désirerais qu'à chacun d'eux porté au complet, il fût ajouté une
25<sup>e</sup> compagnie. Les onze autres régiments d'infanterie
continueraient de n'avoir que trois bataillons et six compagnies par
bataillon, outre la compagnie de dépôt qu'ils ont maintenant. Mais
je désirerais que toutes les compagnies après avoir été portées
au complet de 140 hommes, fussent toutes (à l'exception de la
compagnie de dépôt) augmentées chacune de 20 hommes ou de
30 hommes selon que Votre Majesté le jugerait convenable, ce
qui, pour les onze régiments ferait une augmentation de 4 000 hommes
dans la première hypothèse, et de 6 000 hommes ou à peu
près dans la seconde. Je désirerais pareillement que chaque
compagnie de cavalerie, qui est maintenant de 100 chevaux, fût
augmentée de 20 hommes montés, ce qui ferait une augmentation
de 160 hommes par régiment et de 2 560 hommes pour
toute la cavalerie du duché. Quinze à seize mille conscrits de
1812, dont la levée en urgence suffiront pour porter tous les corps
à leur complet actuel et pour les augmentations que je désire. Ces
augmentations ne coûteront rien au Duché. Les 25<sup>es</sup>
compagnies des 5<sup>e</sup>, 10<sup>e</sup> et 11<sup>e</sup>
régiments seront à ma charge, comme ces régiments le sont
eux-mêmes. Je donne à mon ministre près de Votre Majesté l'ordre
de négocier et de signer, avec la personne qu'elle aura désignée,
une convention par laquelle je me chargerai des frais de la mise sur
pied des 20 ou 30 hommes à ajouter à chaque compagnie
d'infanterie, et des 20 hommes et chevaux dont les compagnies de
cavalerie doivent être augmentées, et de la solde et des masses
des hommes dont le nombre dans chaque compagnie d'infanterie,
excédera celui de 140, et celui de 100, dans chaque compagnie de
cavalerie. Mon ministre<sup>[^3]</sup>
a l'ordre de prendre un engagement semblable pour un bataillon
d'équipages militaires<sup>[^4]</sup>
composé de 600 hommes et de 600 voitures à un seul cheval, qui
serait levé dans le duché par l'administration de Votre Majesté.
J'ai formé en France plusieurs bataillons de cette espèce et
quelques-uns qui doivent être attelés de boeufs. Deux de ces
bataillons doivent être organisés à Dantzig. Il pourrait être
nécessaire que, pour les compléter, le général Rapp<sup>[^5]</sup>
demandât des hommes au duché. Je prie Votre Majesté de donner
des ordres pour que ces hommes lui soient fournis. L'armée du
duché portée au complet et ensuite augmentée comme je le désire
aura 15 000 hommes de cavalerie, 45 000 d'infanterie,
5 000 d'artillerie et d'équipages militaires, en tout
65 000 hommes dont deux tiers seulement à la charge du
duché. Cette force sera encore sensiblement accrue par le retour des
quatre régiments de la Vistule, qui se sont distingués en Aragon,
et des trois régiments du duché qui sont en Andalousie, où ils se
sont aussi bien conduits. J'ai donné l'ordre qu'ils reviennent.
D'après les derniers états, leur effectif est considérable. Mais
il est possible que, dans une route si longue, ils laissent beaucoup
d'hommes en arrière. Il est donc nécessaire de leur préparer des
recrues pour l'époque de leur passage à Posen.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me reste à parler à
Votre Majesté de ce qui concerne le matériel de l’armée. Il
serait nécessaire que les 60 pièces d’artillerie eussent chacune
un approvisionnement attelé de 400 coups. Les pièces de 12 et les
obusiers sont loin d’avoir ce nombre. Si les munitions manquent,
j’en ferai fournir de Dantzig. Je pourrai aussi faire fournir des
caissons ; mais il faut que les hommes et les chevaux
soient au complet. Je désirerais que les 33 bataillons des onze
régiments eussent chacun un caisson d’équipages militaires pour
le pain, et chaque régiment un caisson d’ambulance et que le
bataillon de sapeurs ait 4 000 outils attelés, avec trois ou
quatre nacelles pour servir aux passages de rivières. Pour réparer
les pertes que peut faire ma propre cavalerie, je voudrais avoir à
Posen un dépôt de 3 000 chevaux.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’y enverrais dès
que les circonstances le permettront des officiers et des objets
d’équipement mais je désirerais qu’en attendant, les chevaux
fussent achetés pour mon compte par les officiers de
l’administration du duché. J’ai fait connaître à Votre Majesté
ce qui paraît être du bien de la cause commune, et j’ai la
conviction qu’elle ne se refusera à rien de ce qui peut y
contribuer.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Sur la copie d’expédition (Archives du ministère des Affaires étrangères, C.P., Saxe électorale et royale, vol. 82, fol. 89) le jour de la rédaction n’est pas mentionné.
[^2]: Frédéric-Auguste est grand-duc de Varsovie, fonction qu’il partage avec les autorités militaires françaises (Davout) et les services du résident français (Bignon).
[^3]: Clarke, ministre de la Guerre.
[^4]: Les équipages militaires sont ce que nous appelons aujourd’hui le Train.
[^5]: Commandant à Dantzig.
[^6]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, C.P., Saxe électorale et royale, vol. 82, fol. 89.</body> |
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